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Migrants/UE/Turquie

UE: dix jours pour mettre fin à l'immigration clandestine venue de Turquie

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors d'une conférence de presse à la clôture de la rencontre avec l'Union européenne à Bruxelles.
Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu lors d'une conférence de presse à la clôture de la rencontre avec l'Union européenne à Bruxelles. REUTERS/Yves Herman

L'UE s'est donnée dix jours supplémentaires pour finaliser un nouvel accord avec Ankara, visant à régulariser les voies d'accès des migrants rejoignant l'Europe en provenance de Turquie. Même si les participants à ce sommet se sont séparés sans projet finalisé, il semble se dégager un accord de principe, qui fait dire au président du Conseil européen que « le temps des migrations irrégulières en Europe est révolu ». Ni plus ni moins.

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Ce nouveau sommet entre les dirigeants des Vingt-Huit et le Premier ministre turc s'est achevé dans la nuit de lundi à mardi 8 mars 2016, à l'issue de laborieuses discussions longues de 12 heures. Il a abouti sur la promesse de nouvelles tractations, avec en point de mire un prochain sommet prévu les 17 et 18 mars prochains à Bruxelles.

D'abord, la Turquie s’est engagée à accepter le retour rapide de tous les migrants illégaux appréhendés dans ses propres eaux territoriales, et de ceux qui sont parvenus en Grèce mais qui n'ont pas de titre à déposer pour une demande d’asile. Soit la mise en œuvre d’un accord bilatéral déjà signé entre Athènes et Ankara. Une façon, pour les Turcs, de donner un gage aux Européens avant de formuler d'autres pistes de réflexion.

Bardé de propositions, Davutoglu fait mouche

Le Premier ministre turc n’était pas venu les mains vides à Bruxelles. Ahmet Davutoglu a créé la surprise en mettant sur la table de nouvelles propositions et de nouvelles exigences. Un projet beaucoup plus ambitieux, formulé devant des Européens en quête désespérée d'une solution à la crise migratoire.

La Turquie a fait monter les enchères en réclamant trois milliards d'euros supplémentaires d'aide européenne, soit le double des fonds déjà prévus, contre l'engagement d'accepter un retour massif de tout migrant ayant rejoint l'Union européenne de manière irrégulière depuis son territoire.

Un Syrien accueilli dans l'UE pour chaque expulsé

Dans le nombre de migrants renvoyés en Turquie serait ainsi comptabilisée la part des réfugiés syriens. Mais en échange du retour de tous les migrants irréguliers, propose Ankara, l’Union européenne devrait s’engager : « Pour chaque Syrien reconduit en Turquie depuis les îles grecques, un autre Syrien de Turquie serait accueilli dans un Etat membre de l'UE », selon la déclaration finale.

Pour les dirigeants des institutions européennes, cette idée est perçue comme un signal clair adressé aux migrants et aux réfugiés : seules les voies légales pourraient désormais fonctionner, puisque seuls ceux qui attendraient en Turquie le résultat de leur demande d’asile pourraient être réinstallés en Europe.

Les contreparties turques au nouvel accord

Restent les points où le bât blesse, comme toujours. Nombre de pays voient d'un mauvais œil les contreparties demandées par Ankara. Outre les fonds supplémentaires réclamés d'ici 2018, il y a aussi, par exemple, l’idée d’accélérer le processus de négociation pour l’entrée du pays dans l’Union européenne.

Mais surtout, dans l'immédiat, la Turquie demande d'avancer dans la libéralisation des visas, avec comme horizon une levée de l'obligation de visa dès le mois de juin. Pour les ressortissants turcs, il s'agirait donc de pouvoir pénétrer sans entrave dans l’espace Shengen d'ici peu de temps.

Les oppositions de certains Européens aux propositions turcs risquent de se mettre en travers d’un accord. Mais en attendant, malgré de fortes réticences exprimées parmi les pays d’Europe centrale, en particulier la Hongrie, le possible nouveau plan pourrait être précisé peu à peu, puis avalisé dès le prochain sommet de l’UE. Dans dix jours, donc.

Hollande, Tusk, Juncker : tous sont optimistes

Le président du Conseil européen Donald Tusk est optimiste. « Le temps des migrations irrégulières en Europe est révolu », s'est-il félicité. Il s'agit d'une « percée », a salué Martin Selmayr, directeur de cabinet du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. Quant à ce dernier, il estime que « ceci va changer la donne, c'est un bon accord ».

Le président français François Hollande a salué de son côté « un acte très important (de la Turquie) de réadmettre les réfugiés et les migrants qui ont quitté de façon irrégulière la Turquie vers la Grèce ». Et d'ajouter : « Plus de Schengen, plus d'Europe : chacun pour soi et les réfugiés pour les autres, c'est ce que nous avons écarté aujourd'hui et que nous aurons à confirmer au cours des prochains jours. »

Pourquoi envoyer ce message que des Syriens qui viendraient par des moyens irréguliers ne seraient pas ceux qui bénéficieraient en premier des réinstallations ? Justement pour que ces réfugiés restent en Turquie, puissent être identifiés et puissent engager une procédure, régulière cette fois-ci, pour aller en Europe dans le cadre du programme de répartition qui a été fixé entre Européens.

François Hollande

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