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Migrants

[Reportage] Les galères des migrants afghans à la frontière gréco-macédonienne

Des migrants afghans se réchauffent tant bien que mal, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, près du camp d'Idomeni, le 18 mars 2016.
Des migrants afghans se réchauffent tant bien que mal, à la frontière entre la Grèce et la Macédoine, près du camp d'Idomeni, le 18 mars 2016. REUTERS/Alkis Konstantinidis

Le gouvernement tente d'évacuer en douceur le camp d'Idomeni à la frontière gréco-macédonienne. Une vingtaine de bus sont arrivés sur place vendredi 25 mars au soir pour emmener une partie des réfugiés vers deux camps nouvellement construits. A Idomeni, on trouve des Syriens et des Irakiens, mais aussi des Afghans dont la situation est particulièrement difficile. Beaucoup restent non loin de la frontière, car comme tous, ils veulent quitter la Grèce. Mais contrairement à d'autres nationalités de pays en guerre, ils n'ont pas d'autre choix. Reportages.

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Avec nos envoyés spéciaux à la frontière gréco-macédonienne,  Charlotte Stiévenard et Raphael Moran

A quelques kilomètres du camp d'Idomeni, deux jeunes Afghans campent sur le parking d'un hôtel. L'un d'eux sort son papier d'enregistrement délivré par la police. Il a le droit de rester un mois en Grèce. « Les Syriens peuvent rester ici 6 mois ? Tous les problèmes sont pour les Afghans », dénonce-t-il. Une situation qui s'améliore cependant, explique Babar Baloch, porte-parole du Haut-commissariat des Nations unies à Idomeni. Selon lui, les papiers des Afghans sont en train d'être changés et la police leur donne désormais également 6 mois.

Ce journaliste et cet ancien employé du ministère de l'Intérieur se disent en danger de mort dans leur pays. Aujourd'hui, ils sont coincés en Grèce. La frontière est fermée et contrairement aux Syriens ou aux Irakiens, ils n'ont pas accès au programme des relocalisations vers d'autres pays de l'Union européenne. « Pourquoi les Afghans ne sont pas sur leur liste ? Nous avons 23 ans de guerre dans notre pays. Pourquoi nous ne sommes pas sur cette liste ? Nous devons aller à la frontière. »

→ A (re)lire : Grèce: sur la route avec les migrants syriens

Seules les nationalités qui obtiennent l'asile dans plus de 75% des cas en Europe ont accès au relocalisations. Les Afghans étaient à 63% en 2014. Coincés, ces deux jeunes ont décidé de passer la frontière à pied, illégalement comme beaucoup d'autres Afghans.

Evacuation

Malgré le vent glacial qui balaye la plaine frontalière entre la Grèce et la Macédoine, un petit groupe de réfugiés afghans patiente devant un autocar. Le gouvernement grec a envoyé 20 véhicules pour évacuer le camp de réfugiés d’Idomeni ou plus de 10 000 migrants survivent dans des conditions inhumaines depuis près d’un mois.

A l’heure actuelle, seuls les chauffeurs connaissent la destination de ces bus. « Ces bus vont à Veria et Katerini, mais je ne sais pas quand nous partirons, tout dépend des réfugiés », explique l'un d'eux.

→ Lire aussi : [Reportage] Au camp de migrants surpeuplé d'Idomeni, entre Grèce et Macédoine

Le transfert vers d’autres camps est loin de susciter l'enthousiasme parmi les réfugiés qui préfèrent attendre une hypothétique ouverture des frontières européennes. « Nous n’irons nulle part ! Nous ne quitterons pas ce camp, prévient Zoudaina, une migrante syrienne. Nous préférons attendre ici qu’ils ouvre la frontière ! »

Des inconnues demeurent concernant les camps où seront envoyés les réfugiés. Mais le gouvernement grec a promis au Haut-Comissariat aux réfugiés (HCR) qu’il ne s’agit pas de centre de rétention comme à Lesbos.

Les conditions à Idomeni sont absolument effroyables

Céline Gagne, coordinatrice à l'ONG Save the Children dans le nord de la Grèce

L’initiative des autorités grecques a pris de cours les ONG et le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés. Mais les ONG demandent des éclaircissements sur cette évacuation.

« Les conditions à Idomeni sont absolument effroyables, condamne Céline Gagne, coordinatrice à l'ONG Save the Children dans le nord de la Grèce. Cela fait plus d'un mois que les gens se trouvent dans des conditions qui n'atteignent pas le minimum basique de dignité. Il faut se souvenir que ce sont des familles qui sont extrêmement vulnérables, qui sont arrivées d'un voyage qui était déjà extrêmement compliqué, via la Turquie, le passage par de la mer [Méditerranée ndlr], l'arrivée dans les îles, l'arrivée entre Athènes et la frontière Nord. »

Elle cite notamment l'exemple de certains migrants qui ont passé « huit jours bloqués sur la route, dans des bus sans accès à aucun service. Soudainement, on se retrouve avec des gens qui vont être déplacés ailleurs et nous n'avons aucune idée des conditions dans lesquelles ils vont se retrouver. »

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