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Festival de Cannes 2016 / Entretien

Maren Ade: «L’humour vient souvent d’un désespoir»

Maren Ade, réalisatrice allemande de « Toni Erdmann », au Festival de Cannes.
Maren Ade, réalisatrice allemande de « Toni Erdmann », au Festival de Cannes. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Elle avait fini son film cinq jours avant la projection au Festival de Cannes et aurait juré d’avoir réalisé un film plutôt triste. Deux jours après le succès époustouflant et inattendu de « Toni Erdmann », Maren Aden, 39 ans, soigne avec des granules homéopathiques le peu qui reste de sa voix pour expliquer aux médias du monde entier son sens de l’humour. Suite à l’interdiction de la prendre en photo lors du rendez-vous, voici une petite description de la tenue de cette réalisatrice décontractée et naturelle : elle est venue en veste et legging noir, mais se permet quand même quelques petites fantaisies : des espadrilles ornées bleu-blanc-rouge et un sac à main jaune doté d’une chaîne dorée. Entretien.

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RFI : Etes-vous consciente d’avoir remplacé dans les médias Kristen Stewart en tant que reine du Festival de Cannes ?

Maren Ade : Vraiment ? Mais elle n’est pas encore arrivée au Festival. Attendez jusqu’à ce qu'elle sera là.

Eh bien, elle a déjà joué dans le film d’ouverture de Woody Allen...

Maren Ade : Ah, oui. Mais elle revient avec Personal Shopper d’Olivier Assayas. Personnellement, je l’aime beaucoup comme actrice.

Dans Toni Erdmann, les rôles principaux de Winfried et Ines sont joués par l’actrice allemande Sandra Hüller et l’acteur autrichien Peter Simonischek. L’humour allemand, cela signifie quoi ?

J’aurais pris aussi un acteur allemand, mais cette combinaison était la meilleure. Quant à l’humour allemand, je pense qu’il n’y a pas un humour typiquement allemand. Que veut dire « humour français » ? Pour moi, l’humour vient souvent d’un désespoir, d’une douleur, comme dans la relation entre Winfried et Inès au début du film, quand ils se trouvent dans une impasse. Pour Winfried, l’humour est sa seule arme et la seule possibilité de redéfinir sa relation avec sa fille.

Au début, je voulais faire une comédie, mais pendant l’écriture et le tournage du film, j’avais de plus en plus le sentiment de devoir traiter beaucoup plus les aspects sérieux. Pendant le tournage, j’avais dit à mon producteur : on a vendu ce film comme une comédie, mais je crains que ça soit un film très triste, même s’il y a des scènes très drôles comme la femme qui accueille ses invités complètement nue. Et j’étais très surprise que l’aspect de la comédie soit revenu lors de la projection à Cannes, grâce aux spectateurs. Aujourd’hui, tout le monde parle d’une comédie [rires]

Au début du film, les enfants d'une école chantent un éloge sur la paresse. Est-ce le message de Toni Erdmann : dans nos sociétés, on travaille trop et pas dans la bonne direction ?

Non. Il n’y a pas un seul message dans le film. C’est peut-être la réponse de Toni Erdmann, mais ce n’est pas la mienne [rires].

Quelle était la question la plus marrante qu’on vous a posée au Festival de Cannes ?

Oh… Je ne sais pas. Demandez-moi une.

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