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Royaume-Uni

En Angleterre, le F-35 effectue ses premiers vols publics en Europe

Un visiteur immortalise deux F-35 exposés.
Un visiteur immortalise deux F-35 exposés. RFI / Romain Mielcarek

Du vendredi 8 au dimanche 10 juillet, les Britanniques ont pu voir voler pour la première fois le F-35. L’avion de combat le plus cher au monde doit ainsi se racheter de ses vilains péchés : un coût dément, des retards constants et des résultats décevants.

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De notre journaliste sur la base de Fairford,

« Vous admirez le futur du combat aérien rapproché de la Royal Air Force. » Les hauts-parleurs crachent toute l’importance de l’événement, alors que pour la première fois, des F-35 sont présentés au public ailleurs qu’aux Etats-Unis. L’avion de combat, un petit bijou à environ 100 millions de dollars la pièce, fait sa première au Royal International Air Tattoo, rendez-vous majeur pour les passionnés d’aéronautique. Et il fallait se lever tôt pour voir la centaine d’aéronefs présents à ses côtés : 150 000 visiteurs étaient attendus sur les trois jours que dure le show.

La plupart des spectateurs sont amateurs de beaux avions et aiment venir observer aussi bien les engins les plus modernes, que des appareils datant de la Seconde Guerre mondiale. Certains commentent les différents éléments du fuselage de tel ou tel aéronef, connaisseurs du moindre équipement. Pour les plus audacieux, on pousse jusqu’à demander aux pilotes de pouvoir se prendre en photo avec eux. Un officier de la Royal Air Force, lui-même pilote sur la star du show, partage son ressenti : « Avant de participer, il y a un long entraînement. Il faut prouver à ses chefs que l’on maîtrise suffisamment l’appareil. Et puis on se retrouve ici. Et au moment où l’on survole la piste, on voit cette immense foule et on se dit wahou, quand même… »

Oublier la polémique

Le F-35 est un avion de combat multirôle furtif de cinquième génération. Il doit aussi bien pouvoir bombarder une cible au sol que vaincre un ennemi en vol. Le tout avec une discrétion presque inégalée (seul le F-22 le surpasse). Les Américains ont misé gros sur cet engin, avec 2457 unités commandées. Plusieurs pays sont directement associés au projet depuis son développement, au premier rang desquels le Royaume-Uni. Ce dernier a pour sa part signé pour 138 exemplaires, et cinq ont déjà été livrés.

L’avion de légende a jusqu’ici fait couler beaucoup d’encre: l’explosion des coûts liés à son développement en fait surtout pour l’instant l’avion militaire le plus cher de l’histoire. Des dérapages qui ont fait grimper la facture américaine à 859 milliards d’euros et à 2,9 milliards pour le Royaume-Uni. Tout ça sans parler des multiples années de retard dans son développement.

Début 2015, des simulations avaient également été organisées pour tester les capacités du F-35 dans du combat aérien rapproché. Ses résultats avaient été très modestes : affrontant l’un de ses ancêtres, un F-16, le F-35 n’avait pas fait preuve d’un réel avantage. La réponse des industriels : les équipements de dernière génération et la furtivité de l’avion, qui n’étaient pas encore implantés, lui garantiront la victoire. Il doit ainsi détecter un ennemi en premier, tirer le premier, pour tuer le premier. La plupart des spécialistes restent partagés : si la furtivité est un avantage certain, son coût impose de réduire de manière drastique le nombre d’avions sur les rangs.

Rassurer l’opinion

L’un des objectifs de cette présence massive (au moins six appareils) sur le Royal International Air Tattoo est de rassurer le public sur les qualités du F-35. Pendant les deux impressionnantes démonstrations quotidiennes, le commentateur décrit toutes les promesses techniques de l’avion. En coulisses, sur les stands et en salle de presse, plusieurs pilotes britanniques, américains ou encore norvégiens, racontent à qui veut bien les écouter quel bonheur ils ont à servir sur ces appareils.

Un pilote britannique raconte son expérience à de jeunes cadets de la Royal Air Force.
Un pilote britannique raconte son expérience à de jeunes cadets de la Royal Air Force. RFI / Romain Mielcarek

Le lieutenant-colonel norvégien Martin Tesli, qui suit une formation de pilotage de F-35 aux Etats-Unis, est là comme ses camarades pour faire le service après-vente. « La première fois que je l’ai piloté, raconte-t-il avec un grand sourire, j’ai été surpris par sa puissance. Ce moteur énorme et cette manœuvrabilité… On attend de cet avion qu’il remplace les F-16 que nous avons actuellement. Il a tellement plus à offrir, en opérant dans des environnements remplis de menaces modernes. C’est de ça dont nous avons besoin pour assurer le futur de notre armée de l’air. » Aucun des pilotes présents n’accepte de s’engager sur les terrains trop polémiques.

Reste un argument fort, en faveur du F-35 britannique : Londres a une place de premier plan dans son développement et sa production. Environ 15 % de chaque appareil sort des usines d’industriels nationaux, pour un chiffre d’affaires annuel estimé à 1,3 milliard de dollars. Une centaine d’entreprises britanniques sont impliquées dans ce processus et une bonne partie d’entre elles va devoir recruter pour suivre la cadence. De quoi faire oublier les doutes ? Les spectateurs ont en tout cas l’air conquis par le spectacle.

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