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Turquie

Turquie: après le putsch raté, la minorité kurde d’Istanbul craint la répression

Dans le quartier de Gazi, une semaine après le coup d'Etat raté, les Kurdes d'Istanbul manifestent.
Dans le quartier de Gazi, une semaine après le coup d'Etat raté, les Kurdes d'Istanbul manifestent. OZAN KOSE / AFP

En Turquie, la reprise en main du président Erdogan se poursuit, dans la foulée du coup d’Etat manqué du 15 juillet dernier. Avec l’instauration de l’état d’urgence, avec les purges et les arrestations, les minorités Kurdes et Alévis s’inquiètent d’être les victimes collatérales de cette reprise en main. A Istanbul, ces minorités craignent que le coup d’Etat manqué et l’état d’urgence servent de prétexte à une répression accrue des forces de sécurité et des autorités à leur égard. Reportage dans un quartier à majorité kurde d’Istanbul.

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Avec notre envoyé spécial à Istanbul, Daniel Vallot

Ils sont attablés par groupe de quatre dans l’arrière salle d’un café, autour d’un thé brulant et d’une partie de cartes. Comme tous les Kurdes d’Istanbul ces habitants du quartier de Gazi, dans le nord de la ville, s’inquiètent des mesures annoncées par le président turc, depuis la tentative de coup d’Etat.

« Erdogan a divisé le pays, explique l’un d’eux, il a réprimé les minorités. Regardez toute la violence dans le sud-est, dans les villes Kurdes. Tout ce qu’il fait c’est pour sa propre survie. Il nous traite comme des animaux, et il le fait par calcul politique. »

A Gazi, la police turque est rarement la bienvenue. Et de violentes manifestations éclatent à intervalles réguliers entre les habitants et les forces de l’ordre. Ici tout le monde est touché, de près ou de loin, par la répression exercée par les forces de sécurité turques, à l’encontre des Kurdes. « Mes deux frères sont en prison, juste parce qu’ils sont sympathisants du PKK, poursuit un autre homme. Ils n’ont jamais pris les armes, ils n’ont jamais fait de mal à personne et on a les a jeté en prison. Avec l’Etat d’urgence dans tout le pays, ça va être encore pire, encore plus chaotique. »

Si les Kurdes d’Istanbul s’inquiètent de leur propre sort, ils se disent surtout préoccupés par la situation dans les villes du sud-est où la guerre contre le PKK a fait des centaines de morts parmi les civils depuis la reprise des hostilités il y a tout juste un an. « Cela fait plusieurs siècles que les Kurdes sont réprimés, raconte l’un des habitués. Pour nous le coup d’Etat est permanent, peu importe si ce sont des civils ou des militaires qui dirigent le pays. »

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