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Hongrie

Référendum en Hongrie: le pouvoir à la chasse à l'abstention

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à l'initiative du référendum, a voté ce dimanche 2 octobre à Budapest.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, à l'initiative du référendum, a voté ce dimanche 2 octobre à Budapest. REUTERS/Bernadett Szabo

Pour ou contre l'accueil des réfugiés ? C'est le sens de la question à laquelle les Hongrois sont appelés à voter par référendum ce dimanche. La consultation a été initiée par le Premier ministre Viktor Orban, qui souhaite en faire un plébiscite pour sa politique anti-migrants. Le « non » à la politique européenne devrait largement l'emporter, seule inconnue : le taux de participation.

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Avec notre envoyée spéciale à Budapest, Anastasia Becchio

Devant l'école de la rue Prater, dans le VIIIe arrondissement de Budapest, des membres du bureau de vote prennent une pause. Ce n'est pas la grande affluence dans ce quartier populaire proche du centre. Une bonne partie de l'opposition ayant appelé au boycott, ceux qui viennent ici soutiennent en général la politique hostile aux migrants du gouvernement.

Ferenc, la soixantaine, a voté « non » pour une raison très simple : « [C’est] contre les migrants ! Pour que des étrangers ne soient pas implantés ici. Cela pose problème dans l'ensemble de l'Europe, pas seulement en Hongrie, on l'entend dans les informations, dans la presse, il n'y a que des problèmes avec les migrants, et les terroristes arrivent avec eux. »

Terrorisme, insécurité et immigration : des thèmes qui ont émaillé la campagne massive du gouvernement, à laquelle ce jeune électeur du Fidesz, le parti au pouvoir, adhère totalement : « Je n'aimerais pas que les décisions du peuple et de l'Etat hongrois dans ce domaine soient prises par Bruxelles. Sur plus d'un million et demi d'immigrants arrivés en Allemagne, il y a entre 63 et 100 qui travaillent et c'est l'Europe qui doit subvenir à leurs besoins. » Des chiffres tirés de nulle part, mais qui alimentent le vote « non » dans les bureaux de vote du pays.

« Ma passivité est un acte politique réfléchi »

Face à la propagation des idées du populiste Orban, l'opposition tente de faire de la résistance. Ainsi à en juger par l’affluence, il semble que les consignes de boycott du référendum soient bien suivies dans le XIIIe arrondissement de Budapest, un bastion de la gauche où un maire socialiste est aux commandes. Très peu de personnes se présentent dans le centre médical transformé en bureau de vote. et ceux qui se sont déplacés sont surtout venus voter « non ».

Gyula, la cinquantaine, est lui venu mais pour une toute autre raison, il apporte à manger aux membres du bureau de vote : « Je n’ai pas l’intention de voter, pas plus que mes amis ou des membres de ma famille. Dans mon milieu, les gens considèrent que ce référendum est une honte, et ma passivité est un acte politique réfléchi, j’espère qu’il portera ses fruits. » Car si l’issu du scrutin ne fait pas de doute - le « non » au quota de migrants prôné par le gouvernement Orban devrait largement s’imposer -, le taux de participation est la clé car en cas de participation inférieure à 50 %, le scrutin n’aura aucune valeur.

A 11h, 16,3% des électeurs s’étaient déplacés, 10% dans le XIIIe, selon Index.hu, le plus grand journal en ligne de Hongrie. Si cette tendance se confirme, le taux de participation final pourrait être compris entre 40 et 44%.

Le gouvernement ne ménage donc pas ses efforts pour tenter de mobiliser. Encore aujourd’hui, les électeurs reçoivent SMS et appels téléphoniques : « Ne laissez pas les autres décider pour vous. L’enjeu, c’est la sécurité de la Hongrie. Votez non ! », demande l’un de ces messages, signé Fidesz, le parti au pouvoir.

Des premiers résultats sont attendus une heure après la fermeture des bureaux vers 18 h TU.

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