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Espagne/Catalogne

Espagne: le procès d’Artur Mas: une chance pour les séparatistes catalans ?

Artur Mas, le 3 décembre 2015 à Barcelone.
Artur Mas, le 3 décembre 2015 à Barcelone. AFP PHOTO/ JOSEP LAGO

Ce lundi matin commence à Barcelone, devant le Tribunal suprême de justice catalan, un procès très attendu et très important sur le plan symbolique. Artur Mas, qui fut chef de l’exécutif de Catalogne entre 2010 et 2016, est jugé pour «désobéissance» et pour «prévarication».

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avec notre envoyé spécial à Barcelone, François Musseau

Malgré le feu rouge du tribunal constitutionnel espagnol, Arturo Mas avait autorisé une consultation populaire illégale, même si elle n’était que consultative, pour connaître l’avis des Catalans sur une possible indépendance de leur région. Le 9 novembre 2014, 2 700 000 citoyens, soit le tiers du corps électoral, répondait oui à l'indépendance.

Un tribunal en état de siège

Autour du tribunal, un énorme déploiement policier et environ 50 000 Catalans venus pour soutenir Artur Mas, l’ancien chef de l’exécutif. Et parmi ces 50 000 personnes, des personnalités régionales comme Carme Forcadell, la présidente du Parlement autonome, des ministres de l’actuel exécutif régional, et aussi des centaines de fonctionnaires catalans qui ont décidé de ne pas travailler pour symboliquement affirmer leur soutien au leader nationaliste. Artur Mas, s’il est reconnu coupable d’avoir désobéi aux magistrats espagnols en 2012, risque au moins cinq ans d’inéligibilité, ce qui signifierait la fin de sa carrière politique.

Un affrontement irréconciliable

D’un côté la justice espagnole selon laquelle, en vertu des lois, Artur Mas et les siens n’avaient pas à organiser ce référendum illégal. Il faut rappeler qu’il ne peut y avoir de référendum d’autodétermination, si le pouvoir central à Madrid n’accepte pas cette consultation. Or Madrid ne veut pas en entendre parler.

Et, de l’autre côté, le mouvement indépendantiste selon lequel il s'agit là d'un procès politique, aucun juge ne peut se prononcer « contre la volonté d’un peuple », et si une majorité de Catalans veulent décider de leur avenir, aucune démocratie, en l’occurrence l’Espagne, ne peut s’y opposer.

Blocage avec Madrid

A Madrid, le chef du gouvernement conservateur, Mariano Rajoy, refuse de dialoguer avec les Catalans séparatistes qui sont majoritaires. Il faut rappeler qu'après le procès d’Artur Mas, il y en aura encore au moins quatre autres, de personnalités nationalistes de Catalogne également accusées d’avoir désobéi à la justice espagnole car ils ne la reconnaissent pas légitime.

En réalité, ce qui est en jeu, c’est le rapport de force. Avec ce procès, le mouvement séparatiste cherche à nourrir le sentiment d’injustice de la population, à savoir que Madrid étouffe par voie judiciaire la voix du peuple catalan, refuse tout dialogue et criminalise le désir d’indépendance.

Si Artur Mas est condamné, ce qui est très probable, il devrait obtenir le soutien de nombreux Catalans supplémentaires et le mouvement séparatiste devrait se renforcer. Et Madrid prend ce défi au sérieux. La meilleure preuve en est que le ministre de la Justice (à Madrid) a laissé entendre que si les choses allaient plus loin, l’Espagne pourrait suspendre le gouvernement catalan et prendre les rênes de la Catalogne. Mais on n’en est pas encore là.

►  à (ré)écouter: Catalogne, la tentation de l'indépendance

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