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Economie

La France veut durcir la directive européenne sur les travailleurs détachés

Près de 47 000 Polonais travaillent en France comme travailleurs détachés. Soit 5% du contingent polonais dans l’UE. La plupart préfère se rendre en Allemagne.
Près de 47 000 Polonais travaillent en France comme travailleurs détachés. Soit 5% du contingent polonais dans l’UE. La plupart préfère se rendre en Allemagne. © DR

C’était l'une des promesses de campagne du président Macron: durcir la directive sur les travailleurs détachés que la Commission européenne est en train de réviser. Marine Le Pen, son adversaire du 2e tour, proposait de la supprimer purement et simplement. Pour le nouvel occupant de l'Elysée, cette directive, malgré ses défauts, crée de l'emploi pour les Français. Le quotidien Le Monde a pu consulter un texte de huit points que le gouvernement français a déposé à Bruxelles, un document qui propose de mieux lutter contre la fraude au détachement.

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Pour la France, la révision de la directive européenne ne permet pas à ce stade de lutter efficacement contre la fraude et les contournements. Paris propose donc de limiter à un an la durée de séjour d'un travailleur détaché, au lieu des deux ans prévus par la Commission européenne.

Au-delà de cette période de 12 mois, le travailleur perd son statut. Par ailleurs, la règle actuelle permet de remettre les compteurs à zéro, c'est-à-dire qu'il suffit que le salarié revienne à son pays d'origine pour retrouver son statut et donc revenir travailler en France, un abus qui froisse Paris.

La Commission défend le principe du « même travail revenu égal » mais n'explique pas comment elle va lutter contre la concurrence déloyale et contre les employeurs tricheurs qui gonflent artificiellement les salaires avec les frais de transports, de repas et de logements.

Les pistes françaises ne devraient pas plaire aux pays d'Europe de l’Est, opposés au principe même d'une révision. Ils fournissent le plus gros contingent de travailleurs détachés. Mais les Français profitent aussi du dispositif : 300 000 d'entre eux travaillent à l'étranger grâce à la directive.

→ À réécouter : Travailleurs détachés en Europe : liberté ou exploitation ?

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