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Turquie

La Turquie remplace les chefs de ses trois armées

Le Conseil militaire suprême (YAS) présidée par le Premier ministre Binali Yildirim, en présence des dirigeants de l'armée, dont le chef d'état-major Hulusi Akar, et de plusieurs ministres, au palais Cankaya, à Ankara, le 2 août 2017..
Le Conseil militaire suprême (YAS) présidée par le Premier ministre Binali Yildirim, en présence des dirigeants de l'armée, dont le chef d'état-major Hulusi Akar, et de plusieurs ministres, au palais Cankaya, à Ankara, le 2 août 2017.. HAKAN GOKTEPE / TURKISH PRIME MINISTER PRESS OFFICE / AFP

L’instance militaire suprême turque a décidé ce mercredi 2 août de remplacer les trois chefs des armées du pays. Le président Recep Tayyip Erdogan doit apposer sa signature ce soir pour valider les nouvelles nominations. Ce coup de balai au sein d’une armée ébranlée par le putsch raté de juillet 2016 confirme la mainmise désormais du pouvoir politique sur les forces militaires.

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Le Conseil militaire suprême dirigé par le Premier ministre turc a décidé de ne pas reconduire les chefs des trois armées : armée de terre, marine et aviation. Le chef de l’état-major Hulusi Akar, lui, reste en place. Le chef de l'armée de terre Salih Zeki Colak a été remplacé par le général Yasar Güler, qui était le chef des forces de la gendarmerie, selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu. Il serait, selon la presse, le mieux placé pour succéder à l'actuel chef d'état-major Hulusi Akar, lorsque son mandat arrivera à terme en 2019. Le chef de l'armée de l'air Abidin Unal a été remplacé par le général Hasan Küçükakyüz, qui était à la tête de l'unité de défense balistique à la base aérienne d'Eskisehir. Le chef de la marine Bülent Bostanoglu a été remplacé par le vice-amiral Adnan Ozbal.

Il s'agissait de la troisième réunion du Conseil militaire suprême depuis le putsch raté du 15 juillet 2016. Près de 150 officiers de haut rang ont été écartés depuis. Le nouveau changement en haut de la hiérarchie militaire est certes, très important, mais il faut remarquer que le chef d'état-major garde sa place et que les trois officiers de haut rang nommés comme chefs des armées de terre, de l'air, et de la marine pouvaient légitimement prétendre à cette promotion, ce qui veut dire que la hiérarchie de l'armée n'est pas complètement chamboulée.

Un an après la tentative de coup d’État, ces changements indiquent que Recep Tayyip Erdogan, qui valide cette décision, fait toujours confiance au numéro un de l’armée. Mais le président turc entend visiblement remodeler de fond en comble un appareil militaire déboussolé, analyse notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette. Depuis le putsch raté, la moitié des généraux ont été renvoyés, les écoles militaires fermées… L’armée turque est en pleine crise, au moment même où elle est engagée notamment dans le nord de la Syrie.

Ces changements marquent donc en quelque sorte le dernier chapitre d’une série de réformes adoptées après la tentative de coup d’État : plus de contrôle du gouvernement sur les décisions militaires, plus de civils dans les instances militaires. Bref, une armée aujourd’hui plus que jamais sous la tutelle du président Erdogan.

« Il est sûr que le gouvernement a désormais une mainmise sur l'appareil militaire, mais il est aussi tenu de nommer les militaires qui peuvent prétendre à ce genre de responsabilités », tempère Jean Marcou, professeur à Sciences Po Grenoble et spécialiste de la Turquie.

Jean Marcou

 

Le Premier ministre turc Binali Yildirim participe à une cérémonie avec les membres du Conseil militaire suprême, le 2 août 2017 à Ankara.
Le Premier ministre turc Binali Yildirim participe à une cérémonie avec les membres du Conseil militaire suprême, le 2 août 2017 à Ankara. Hakan Goktepe/Prime Minister's Press Office/Handout via REUTERS

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