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Espagne / Royaume-Uni / UE

Gibraltar: un rocher stratégique pour l'Espagne et le Royaume-Uni

Des femmes discutent à travers une clôture dans le territoire britannique de Gibraltar, revendiqué historiquement par l'Espagne. 22 novembre 2018.
Des femmes discutent à travers une clôture dans le territoire britannique de Gibraltar, revendiqué historiquement par l'Espagne. 22 novembre 2018. REUTERS/Jon Nazca

Alors que la Commission européenne et le Royaume-Uni se sont mis d'accord sur un projet de déclaration concernant leurs relations après le Brexit, de nouveaux points de désaccord font surface, notamment la question de Gibraltar. L’Espagne menace de ne pas voter en faveur de ce projet d’accord dimanche prochain si aucun amendement n’y est ajouté concernant la question de futures relations entre l’Espagne et Gibraltar. Le gouvernement espagnol réclame ce vendredi un engagement «écrit» de Londres avant le sommet européen.

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Cela fait 300 ans que l'Espagne revendique le territoire britannique de Gibraltar, un rocher, peñon en espagnol, de moins de 7 kilomètres carré, à la pointe sud de la péninsule ibérique.

Madrid ne profitera pas du Brexit pour régler cette question, mais considère quand même que l'occasion est belle pour s'attaquer à certaines particularités qui constituent le fondement de la prospérité de Gibraltar.

Par exemple la fiscalité. Gibraltar, que son statut particulier exclut de l'Union douanière européenne, est un paradis fiscal favorable notamment aux jeux d'argent en ligne. Le rocher accueille une trentaine de sociétés, ainsi que des entreprises de services bancaires et juridiques. Madrid réclame plus de transparence sur ce sujet.

Autre enjeu : la contrebande de cigarettes. Gibraltar est un point de passage très prisé des traficants, Madrid estime que la lutte menée par le Rocher est largement insuffisante.

Ces sujets, ainsi que la pêche ou encore la coopération douanière, seront discutés dans le cadre de commissions bilatérales Londres-Madrid après le Brexit. Tout comme les droits des quelque 15 000 personnes qui traversent chaque jour la frontière pour travailler dans le territoire britannique, plus prospère. Et qui seront, au moins pendant la période de transtion post-Brexit, toujours libres de circuler.

Une importance stratégique inversement proportionnelle à la taille du rocher

Comme le rappelle Hubert Peres, professeur de sciences politiques à l’université de Montpellier, « La question de Gibraltar est une question qui empoisonne les relations entre le Royaume-Uni et l’Espagne depuis très, très longtemps. Il y a eu des épisodes extrêmement durs ! Les frontières entre Gibraltar et l’Espagne ont été bloquées de longues années sous le régime de Franco. C’est une question qui est extrêmement importante et c’est une question dans laquelle tout le monde a des intérêts. Personne n’a en réalité intérêt que la situation se crispe trop, parce que les intérêts économiques sont très partagés».

L’Espagne a intérêt à avoir des relations pacifiées avec Gibraltar, et inversement, la prospérité de Gibraltar dépend très largement de la possibilité d’une libre-circulation avec l’Espagne, selon Hubert Peres. « Vu de l’extérieur, c’est une petite cause, Gibraltar c’est 7 km2, donc c’est très, très peu… Mais son importance, à la fois symbolique et économique, en tout cas pour le sud de l’Espagne, est beaucoup plus grande que la superficie de Gibraltar pourrait faire croire. »

►À relire : Gibraltar se prépare à l’après-Brexit

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