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Européennes: au Parlement de Strasbourg, les plans contrariés de Macron

Emmanuel Macron lors d'un discours au Parlement de Strasbourg pour défendre son projet européen.
Emmanuel Macron lors d'un discours au Parlement de Strasbourg pour défendre son projet européen. AFP/Frederick Florin

En France, la campagne pour les élections européennes est à l'arrêt. La sortie du grand débat et l’incendie de Notre-Dame de Paris monopolisent l’attention. Mais cela n’empêche pas en coulisses La République en marche de préparer son atterrissage au Parlement européen. Ils espèrent occuper une position charnière pour créer une nouvelle majorité « progressiste » et pro-européenne au sein de l'hémicycle. Ça n'est pas encore acquis.

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De notre envoyé spécial à Strasbourg,

Le parti présidentiel français a dû se rendre à l'évidence : il n'y aura pas de vague macroniste en Europe comme il y en a eu en France. La droite et la gauche européennes resteront toujours fortes. La liste « Renaissance » de La République en marche négocie donc avec l'actuel groupe libéral du Parlement (l'ALDE) pour créer un nouveau « groupe central », qui recevra le renfort de nouveaux élus à l'issue des prochaines élections.

Ces derniers mois, huit « ambassadeurs » du parti macroniste ont ainsi sillonné une vingtaine de pays européens pour y rencontrer les représentants d'une soixantaine de partis politiques. Souvent de petites formations de centre-gauche ou de centre-droit des pays d'Europe de l'Est.« Ces élections sont très incertaines, tout est bon à prendre », justifie un des ambassadeurs.

En grossissant les rangs de l'ALDE, en changeant son nom et sa gouvernance, les macronistes espèrent devenir « incontournables » au sein du nouvel hémicycle et être dans une position de rassembleur, comme l'explique l'eurodéputé vert Pascal Durand, qui a rallié la liste de La République en marche. « J'espère que non seulement les Verts, mais aussi qu'une partie des sociaux-démocrates vont nous rejoindre et qu'une partie de la droite européenne aura envie de choisir la dynamique portée par la liste "Renaissance" plutôt que celle de Matteo Salvini [le ministre italien de l'Intérieur] ou de Victor Orban [le Premier ministre hongrois]. »

Mais à Strabourg certains s'agacent de la démarche d'Emmanuel Macron, comme le porte-parole du parti vert européen Reinhard Bütikofer, qui a eu des contacts avec La République en marche : « Je pense qu'il y aura une alliance de différentes forces qui pourront s'entendre pour ouvrir une nouvelle page du progressisme européen. Nous devons nous rassembler. Mais le président français semble nous dire : "que tout le monde se range derrière moi, c'est moi qui commande, je sais où aller, et vous, vous êtes les fantassins et vous me suivez!". Ce n'est pas comme ça que l'Europe marche ! »

En clair, le Parlement européen ne va pas se recomposer autour d'un groupe mené par les troupes d'Emmanuel Macron, comme l'espéraient les Marcheurs. « Il faut travailler à des majorités d'idées », dit-on aujourd'hui plus modestement au siège de la campagne. Dans ce contexte, La République en marche a revu ses ambitions à la baisse : elle espère regrouper une centaine d'eurodéputés sur les plus de 700 que compte le Parlement.

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