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Union européenne

Portraits d'Européens (4/5): un Britannique à Berlin

Jon Worth est Britannique et vit à Berlin depuis 2001
Jon Worth est Britannique et vit à Berlin depuis 2001 RFI/Pascal Thibaut

La vie de Jon Worth est rythmée par l'Europe. Né à Newport au Pays de Galles, il a sillonné le vieux continent dès le plus jeune âge pour finalement poser ses valises à Berlin. Là, le jeune homme a rapidement trouvé ses marques au point de décider de prendre la nationalité allemande.

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De notre correspondant à Berlin,

Il est cinq heures du matin ce 24 juin 2016. Jon Worth, rentre à vélo, encore sous le choc, à la maison. La veille au soir, l’activiste européen a organisé une fête dans un théâtre branché de Berlin, à l’occasion du référendum dans son pays sur le Brexit. Les participants, lui en premier, voulaient célébrer le maintien de la Grande-Bretagne au sein de l’Union européenne. Les électeurs britanniques en décideront autrement. Quand il passe devant « son » ambassade, près de la porte de Brandebourg, Jon Worth ne peut pas se retenir ; il fait un doigt d’honneur à l’Union Jack, le drapeau britannique qui orne la façade.

Depuis sa jeunesse, l’Europe est son quotidien. Ses parents possèdent une maison dans un petit village de 300 habitants dans l’Hérault près de Béziers. « J’y ai passé toutes mes vacances entre dix et 18 ans », raconte Jon Worth dans un français parfait. Il va toujours de temps en temps à Babeau-Bouldoux où il retrouve sa mobylette pour se déplacer, discuter avec les habitants et jouer à la pétanque. L’Europe le rattrape toujours : « J’ai retrouvé le vin produit là-bas par la coopérative du village dans un magasin à côté de chez moi ».

L'Allemagne comme une évidence

Jon Worth découvre l’Allemagne à Lahnstein, une petite ville coquette au bord du Rhin, loin de sa ville natale, l’industrielle Newport au Pays de Galles. Il a aujourd’hui toujours des contacts avec la famille allemande chez qui il s’est rendu plusieurs fois grâce à des échanges scolaires. En 2001, à 21 ans, il prend déjà le pouls de la capitale allemande et vit sept mois à Berlin. « C’était une période encore économiquement difficile ici et je ne m’y suis pas installé parce que les perspectives professionnelles n’étaient pas optimales ».

L’Europe continue à ponctuer la vie de Jon Worth.Il découvre les jeunes fédéralistes européens durant ses études de philosophie, de politique et d'économie à Oxford et prendra plus tard la direction de l'organisation. En 2005, il lance son euroblog qui aujourd’hui fort de 6000 visites par jour poursuit son existence et continue à faire référence. Le site est rapidement considéré comme un des plus importants par l’influence qu’il exerce. 45 000 personnes suivent le compte Twitter de Jon Worth.

Un engagement politique

Depuis des mois, le Brexit est bien sûr le sujet numéro un sur son blog. Le jeune Britannique écume les chaînes de télévision allemandes pour expliquer la situation dans son pays. « Je suis fasciné par ce processus inédit même si moi aussi je ne comprends parfois pas tout ». Jon Worth est un conférencier demandé, par exemple pour prendre la parole devant les Verts allemands, parti auquel il a adhéré après son installation à Berlin il y a six ans. « Je suis aussi content de vivre ici aujourd’hui parce que je peux sortir et rencontrer des gens sans avoir à parler en permanence de ce sujet ».

Jon Worth vit dans le quartier de Kreuzberg, au bord d’une très jolie place avec un marché couvert très couru. « La qualité de la vie à Berlin est plus élevée que dans d’autres grandes villes. Ici, quand mes fenêtres sont ouvertes, en plein centre-ville, j’entends les oiseaux chanter ». Ça n’est pas seulement pour les talents des volatiles berlinois que Jon Worth a décidé de rester sur la durée à Berlin. Après le vote sur le Brexit, le Britannique a décidé de prendre la nationalité allemande. Il faut normalement avoir vécu durant huit ans sur place pour l’obtenir. Mais cette durée peut être plus courte si on a montré par son engagement sa volonté de s’intégrer dans la société allemande. Jon Worth espère profiter de cette règle. Son engagement est aussi politique. Il a été candidat pour le parti écologiste dans son arrondissement et l’a été l’an dernier pour figurer sur la liste des Verts pour les Européennes sans être désigné à l’arrivée. « Il y a 10 % des habitants de Berlin qui sont des Européens. On ne les retrouve pas sur les listes des partis. Les responsables chez les Verts ne m’ont pas particulièrement soutenu. Mais je compte remettre ça en 2024. »

Un expert de la politique européenne

En attendant, l’Européen Jon Worth poursuit son travail, toujours pour la même cause. Il enseigne au collège d’Europe à Bruges et à Rome. Il a des contrats dans une demi-douzaine de pays où il intervient comme expert de la politique européenne pour par exemple apprendre à des responsables l’art de la négociation. À Zagreb, il interviendra auprès de fonctionnaires croates pour les préparer à mieux gérer la présidence par leur pays de l’Union européenne au premier semestre 2020.

Jon Worth est né et a grandi à Newport au Pays de Galles sans parler le gallois. Il ne s’identifie pas forcément à cette région. Il a ensuite vécu à Oxford en Angleterre, à Bruges et à Bruxelles en Belgique, et à Copenhague au Danemark. « C’est difficile pour moi de définir mon identité, mais si je veux prendre la nationalité allemande, c’est parce que je me sens bien ici où je vois mon futur. Mais mon travail avec de nombreux déplacements et mon engagement font de moi un Européen ».

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