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Otan / Russie

Fin du traité INF: l'Otan ne veut pas de nouvelle course aux armements

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 2 août 2019.
Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse à Bruxelles, le 2 août 2019. Kenzo TRIBOUILLARD / AFP

Les États-Unis et la Russie ont acté ce vendredi 2 août la fin du traité de désarmement INF sur les missiles à capacité nucléaire de portée intermédiaire. Washington et Moscou s'accusent mutuellement d'en être responsables.

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Enclenché il y a six mois par le président Donald Trump, le retrait américain du traité de désarmement INF a été officialisé ce vendredi, entraînant la fin de ce texte signé entre Moscou et Washington en 1987. Les deux puissances s'en sont mutuellement rejeté la responsabilité. « Le retrait des États-Unis conformément à l'article XV du traité prend effet aujourd'hui, car la Russie n'a pas renoué avec son respect total et vérifié », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. « Les États-Unis et l'OTAN sont d'accord: la Russie a violé l'INF et laisser l'accord est dans l'intérêt de notre sécurité collective. Les traités ne valent rien s'ils ne sont pas respectés par tous les signataires », a écrit Mike Pompeo sur Twitter.

Dans un communiqué publié ce vendredi sur son site internet, le ministère russe des Affaires étrangères dénonce « une campagne de propagande » menée par Washington pour justifier son retrait. « Toutes nos propositions pour trouver une solution viable ont été rejetées », affirment les autorités russes qui accusent les États-Unis de vouloir « abolir tous les instruments internationaux qui ne lui conviennent pas pour une raison ou pour une autre ».

La Russie réaffirme cependant sa volonté de ne pas relancer la course aux armements en Europe et propose un moratoire sur le déploiement de missiles à portée intermédiaire. Cela ne signifie pas que la Russie ne se dotera pas de ce type d’armement, indique notre correspondant à Moscou, Daniel Vallot. Bien au contraire : le ministère russe de la Défense a annoncé en février dernier qu'un nouveau missile sera conçu dans les prochaines années. En attendant, l’armée russe devrait se doter d’une version terrestre des missiles Kalibr déjà utilisée par la marine.

« Trouver un juste équilibre »

Lors d'une conférence de presse donnée ce vendredi, le secrétaire général de l'Otan a soutenu la décision américaine de se retirer du texte, rapporte notre correspondante à Bruxelles, Laxmi Lota. « La Russie porte l'entière responsabilité de l'extinction du traité », a affirmé Jens Stoltenberg, tout en se positionnant contre toute nouvelle « course aux armements ». Face à la menace de missiles russe à portée intermédiaire, les alliés resteront mesurés, a-t-il assuré. « Nous allons continuer à trouver un juste équilibre. Nous devons avoir une force de dissuasion crédible, mais nous devons aussi ne pas sur-réagir, ne pas prendre de décisions hâtives dans ce contexte. »

Les nouveaux missiles russes sont « capables de transporter des têtes nucléaires et de frapper les villes européennes en quelques minutes », a expliqué le secrétaire général de l'Otan. Jens Stoltenberg estime qu'un nouveau traité est possible, comme cela a déjà été le cas dans le passé. « Je pense qu'il est toujours possible de trouver des accords avec la Russie sur le désarmement, a-t-il affirmé. Parce qu'à long terme, c'est dans leur intérêt aussi. La Russie s'en était d'ailleurs rendu compte pendant la guerre froide. »

Abolissant l'usage de toute une série de missiles à capacité nucléaire de portée intermédiaire (de 500 à 5 500 km), le traité INF avait permis l'élimination des SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

Les États-Unis vont accélérer le développement de nouveaux missiles

Les États-Unis vont accélérer le développement de nouveaux missiles sol-air après la sortie du traité de désarmement INF actée vendredi et qui les liait à la Russie, a annoncé le chef du Pentagone Mark Esper.

« Maintenant que nous nous sommes retirés, le ministère de la Défense va poursuivre pleinement le développement de ces missiles sol-air conventionnels dans une réponse prudente aux actions de la Russie », a expliqué le ministre.

Mark Esper a précisé que les Américains avaient commencé en 2017 des recherches sur ces systèmes de missiles, tout en restant dans les limites du traité INF.

Mark Esper a de nouveau rejeté la responsabilité de la mort du traité INF sur les Russes qui, a-t-il accusé, se sont livrés à « des violations durables et répétées du traité pendant plusieurs années et pendant plusieurs administrations présidentielles » américaines.

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