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Allemagne / Climat

La coalition allemande trouve un accord autour d'un grand plan sur le climat

La chancelière allemande Angela Merkel à Berlin le 20 septembre 2019 avant l'annonce du compromis de la coalition concernant le plan climatique.
La chancelière allemande Angela Merkel à Berlin le 20 septembre 2019 avant l'annonce du compromis de la coalition concernant le plan climatique. REUTERS/Hannibal Hanschke

Après des discussions marathons entamées jeudi soir, les partis de la coalition gouvernementale menée par Angela Merkel ont fini par se mettre d'accord sur une stratégie climatique permettant à l’Allemagne de réduire à l’horizon 2030 ses émissions de gaz à effet de serre de 55% par rapport à 1990. Les partis soutenant Angela Merkel ont travaillé une partie de la nuit et de la matinée afin de résoudre les derniers désaccords.

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« Il y a un accord avec beaucoup de mesures et un mécanisme de vérification annuel » visant à s'assurer que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre seront atteints, ont indiqué à l'AFP des sources proches du gouvernement. Les détails du compromis, conclu après quelque 18 heures d'âpres discussions, sont dévoilés lors d'une conférence de presse, ce vendredi 20 septembre. Auparavant, il doit être adopté en conseil des ministres.

L'enjeu consiste à prendre des mesures - jusqu'à 100 millions d'euros d'investissements - pour inciter les Allemands à réduire leurs émissions polluantes, et permettre au pays, aujourd'hui en retard, d'atteindre ses objectifs en la matière.

Des milliers de manifestants

L'annonce intervient alors que des centaines de milliers de manifestants, 270 000 manifestants à Berlin, un million dans tout le pays en ce jour d'un mouvement mondial de grève pour la défense du climat. La mobilisation a donc été particulièrement bien suivie en Allemagne, où les écologistes ont le vent en poupe et enchaînent les succès électoraux.

Viviana, 35 ans, est venue avec ses deux enfants. Cette Colombienne vit depuis 13 ans à Berlin. Elle s'inquiète pour l'avenir de son bébé et de son petit garçon. « J'ai deux enfants, un garçon et une fille, et je me fais beaucoup de soucis pour leur avenir, parce que je pense qu'il est encore temps d'agir pour sauver la planète. Je participe aux manifestations de Friday for future dès que j'en ai le temps. J'étais aussi là lorsqu'on a manifesté pour l'Amazonie. Chez nous en Colombie il y a aussi eu des manifestations l'an passé, j'y suis aussi allée. Je manifeste dès que je le peux », confie-t-elle.

►À écouter aussi : « Eco d'ici Eco d'ailleurs » - Pour sauver le climat, couler l’économie

Au total, des manifestations devaient avoir lieu dans 575 villes allemandes, « du jamais vu », a estimé la porte-parole allemande du mouvement Fridays for Future, Luisa Neubauer dans un tweet. Selon le projet d'accord en discussion, des investissements d'« un montant à trois chiffres en milliards d'euros », soit au moins 100 milliards d'euros, sont prévus d'ici à 2030.


Des réactions mitigées

Réforme d'ampleur historique ou réformette ? Les réactions au plan climat du gouvernement sont plutôt réservées du côté de l'opposition, rapporte notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux. Pour les Verts, la réforme ne va pas assez loin, comme l'explique Robert Habeck, co-président du parti vert : « Le gouvernement fait trop peu et trop tard. L'environnement ? Si on se comporte de façon positive, on gagne de l'argent...C'est le modèle que nous défendons. Celui qui ne prend pas sa voiture chaque midi pour aller faire ses courses, il gagne de l'argent. Et la Grande Coalition, avec son modèle, elle donne au contraire des arguments à ceux qui veulent continuer à rouler en voiture. »

Même déception du côté du parti libéral FDP. Son chef, Christian Lindner, déplore l'absence d'un plan clair et à long terme : « La Grande Coalition a malheureusement raté la chance de parvenir à un nouveau départ pour notre politique climatique. Il n'y a malheureusement pas de cadre ni d'incitation à l'invention... Ce n'est qu'un catalogue de mesures isolées. »

La presse allemande de son côté réagit de façon circonspecte. Le plan climat, estime par exemple le quotidien Taz, n'est pas là pour sauver le climat, mais pour sauver la coalition. Le parti social-démocrate avait menacé Angela Merkel de quitter le gouvernement en l'absence d'un plan climat d'ici la fin de l'année.


Analyse de Manuel Frondel, de l'institut d'études économiques RWI, plutôt marqué à droite

« Un système d'échanges de quotas d'émissions devrait être introduit en Allemagne. L’avantage de cette solution est qu’on peut mesurer très précisément les objectifs de protection du climat à l’aide de cet instrument, ce qui est impossible avec une taxe carbone.

Je ne pense pas qu’on aura affaire à des mouvements de protestation, dans la mesure où la politique dit depuis le début : nous allons augmenter les prix du carburant à la pompe, mais nous ne voulons pas garder cet argent, nous voulons le redistribuer aux usagers. Donc depuis le début, on essaye de limiter le mécontentement.

Bien sûr, si l’Allemagne est le seul pays à introduire ces mesures, et que les principaux émetteurs de CO2, en particulier la Chine et les États-Unis, ne mettent pas en place un tel instrument, alors on l’aura fait pour rien. Mais nous espérons qu’en montrant l’exemple comme nous essayons de le faire, des pays nous emboîteront le pas. »

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