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Royaume-Uni

Royaume-Uni: Boris Johnson attendu à Londres de pied ferme

Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la fin de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 24 septembre 2019.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson à la fin de son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le 24 septembre 2019. REUTERS/Eduardo Munoz

La décision de la Cour suprême britannique, qui a désapprouvé la suspension du Parlement par le Premier ministre, change la donne au Royaume-Uni. Boris Johnson, à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU, doit rentrer en catastrophe pour revoir sa stratégie. Il va devoir affronter les parlementaires, qui reprennent leurs travaux dès ce mercredi 25 septembre, la fleur au fusil.

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Avec nos envoyées spéciales à Londres et New York, et notre correspondante à Londres, Béatrice Léveillé, Murielle Paradon & Muriel Delcroix

On l’attendait sur la crise politique dans son pays ? Boris Johnson a pris tout le monde à contre-pied ce mardi, axant son premier discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, non sans humour, sur les dangers des technologies, s'arrêtant au passage sur la mythologie grecque et les récits du poète Hésiode !

« Quand Prométhée a volé le feu pour le compte de l’humanité, Zeus l’a puni en l’enchaînant au Tartare pendant que son foie était dévoré par un aigle. Et à chaque fois que son foie repoussait, il était dévoré, encore et encore, c'était sans fin. Un peu comme mon expérience du Brexit, si certains parlementaires parviennent à leurs fins ! »

Une allusion au revers qu’il vient de subir, et qui lui permet de dénoncer une forme d’acharnement. Tout en assumant entre les lignes, tel un titan, d'avoir volé le feu de l'Olympe pour son peuple. Les délégations sont partagées entre scepticisme et amusement, mais certains représentants du Royaume-Uni rient face à la facétie.

Boris Johnson attendu de pied ferme à Londres

Les députés britanniques mentionnés par le chef du gouvernement, pour leur part, attendent ce dernier impatiemment. Ils font leur rentrée ce mercredi, au lendemain de l'arrêt historique de la Cour suprême, qui a jugé « illégale » la décision controversée de M. Johnson de suspendre le Parlement à l'approche du Brexit.

Juste le temps d'user de son humour face à l'Iranien Hassan Rohani, hilare sur les photos, et Boris Johnson doit déjà rentrer pour faire face aux parlementaires, galvanisés par leur victoire. Ils sont prêts à en découdre et ne vont pas manquer de demander des comptes. Le chef de l'opposition demande déjà sa démission.

Le Premier ministre, lui, balaie ces appels à la démission et continue de tout miser sur une sortie du bloc européen le 31 octobre prochain, avec ou sans accord avec l'UE. La Cour suprême a eu tort, affirme-t-il, mais il respecte sa décision. Ce qui ne l’empêchera pas, prévient-il cependant, de maintenir le cap qu'il s'est fixé.

La carte du peuple britannique contre les élites ?

Boris Johnson continue d'affirmer qu'il a suspendu les chambres le temps de pouvoir présenter, lors du discours de la reine, son programme politique. Quitte à ce que certains expriment leur mécontentement de voir ainsi Elizabeth II, dont il est le 15e chef de gouvernement depuis 1952, instrumentalisée voire humiliée.

Le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn, qui s'est exprimé sur la station BBC Radio 4 ce mercredi, estime en effet que son homologue du Parti conservateur doit de ce pas formuler des excuses non seulement au peuple, mais aussi à la reine, qui avait formellement ratifié sa suspension du Parlement.

Mais pour l'heure, M. Johnson minimise ce jugement historique. Sa stratégie semble de montrer aux électeurs qu’il s’efforce de mener à bien le Brexit, qu'il respecte la volonté du peuple exprimée lors du référendum, face à une élite de Westminster, appuyée par les juges, et qui lui met des bâtons dans les roues.

Dans la perspective d'élections anticipées, qui pourraient débloquer la situation, c'est un calcul. Mais il est risqué. Boris Johnson est désormais sérieusement déstabilisé, face à un Parlement sur le pied de guerre et à des Britanniques mécontents qui, pour certains, commencent à perdre goût pour ce feuilleton.

Les travaillistes du Labour sont sur le qui-vive

À l’image du pays, la presse britannique est divisée. Du côté des « brexiters », The Telegraph affirme en Une que Boris Johnson va tenter une nouvelle fois d’organiser des élections générales. Le quotidien accuse la Cour suprême de frustrer la volonté de peuple exprimée lors du référendum de 2016.

Qui dirige ce pays ?, s’interroge The Daily Mail, qui souligne que les alliés de Boris Johnson dénoncent un coup d’État constitutionnel. Une décision de la Cour qualifiée de politique par les partisans du Brexit. The Daily Mail conseille néanmoins à Boris Jonhson de se débarrasser de son directeur de cabinet.

Ce dernier est désormais jugé encombrant. Sa stratégie a échoué, et tout le monde tombe d’accord. Le quotidien pro-européen The Independent titre : Dominique Cummings savait-il ce qu’il était en train de faire ? Pour The Guardian, la décision de la Cour suprême a assommé Boris Johnson.

La grande question dans la presse est : que va-t-il se passer maintenant ? Et là, personne n’a de réponse. Jeremy Corbyn a mis fin au congrès de son parti dès l'annonce tombée la veille. Puis il a rencontré les leaders écossais, les libéraux démocrates et les écologistes dans la nuit pour se mettre en ordre de bataille.

Jeremy Corbyn, ce mercredi, continue de demander des élections, mais seulement une fois que l'hypothèse d'un Brexit dur aura été écartée. « Notre première priorité est d'empêcher une sortie de l'Union européenne sans accord préalable », explique-t-il. « À ce stade, il serait inapproprié de se diriger vers un vote de défiance visant à contraindre le Premier ministre à démissionner. »

► À relire : La Cour suprême britannique juge la suspension du Parlement « illégale »

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