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Turquie/Etats-Unis

Mort d’Abou Bakr al-Baghdadi: quel a été le rôle d’Ankara?

Dans la rue où le chef de l'État islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, a déclaré son califat en 2014, dans la vieille ville de Mossoul, en Irak, le 27 octobre 2019.
Dans la rue où le chef de l'État islamique, Abu Bakr al-Baghdadi, a déclaré son califat en 2014, dans la vieille ville de Mossoul, en Irak, le 27 octobre 2019. REUTERS/Abdullah Rashid

En annonçant la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi, Donald Trump a notamment remercié la Turquie parmi les pays qui ont permis de mener à bien l'opération contre le chef du groupe État islamique dans le nord-ouest de la Syrie. Un peu plus tôt, Ankara avait affirmé avoir été en « coordination » avec les États-Unis avant le déroulement de l’opération. Mais le flou demeure sur la nature de l’implication turque.

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Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Les remerciements de Donald Trump auront certainement satisfait les autorités d’Ankara, qui se trouvaient dans une position assez inconfortable depuis les premières rumeurs sur la mort d’Abou Bakr al-Baghdadi. Le village de la province d’Idleb où le chef du groupe État islamique est censé avoir été tué par l’armée américaine n’est situé qu’à quelques kilomètres de la frontière turque.

En évoquant des « échanges d’informations » et une « coordination » avec les États-Unis avant l’opération, la Turquie laisse entendre qu’elle a joué un rôle, tout autant qu’elle se justifie de la présence d’un des terroristes les plus recherchés au monde dans son voisinage immédiat.

Des sources officielles citées dans la presse turque affirment qu’Ankara était au courant en amont, ce que Donald Trump lui-même a confirmé, ajoutant que la Turquie avait autorisé les commandos américains à survoler son territoire. Mais les sources turques vont plus loin, citant une collaboration « étroite » entre les autorités militaires des deux pays.

Si Ankara entretient le flou, des sources américaines citées par la chaîne CNN sont en revanche catégoriques : la Turquie n’aurait joué « aucun rôle ». Washington se serait contenté d’informer Ankara qu’une opération était imminente en raison de sa proximité avec la frontière turque.


Inquiétude des forces kurdes en Syrie

Les forces kurdes en Syrie s'inquiètent elles de devoir contrer des représailles menées par des cellules dormantes de l'EI.  Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes a également appelé l'attention internationale sur le danger que représentent les membres de l'Armée nationale syrienne. Ses groupes armés sont actuellement soutenus par Ankara, actifs au sol contre les forces kurdes dans le nord-est de la Syrie. Certains viennent d'Idleb, la région où aurait été tué Al-Baghdadi, ils sont eux-mêmes membres de groupes islamistes.  

« Nous aimerions informer le monde entier que l’État turc prépare actuellement le nouveau territoire des groupes terroristes et facilite leur infiltration dans la région de Tal Abyad et Ras Al Ain, témoigne au micro de RFI Redur Khalil, porte-parole des forces démocratiques syriennes. Cela ne représente pas un danger uniquement pour nous les Kurdes, c'est un danger pour toute la région et le monde entier. Nous avons depuis longtemps prouvé que des chefs terroristes de Daech ont été protégés par le régime turc.  L'opération que nous venons de mener confirme ces affirmations. Nous, les Forces démocratiques syriennes, remercions tous ceux qui ont participé à cette opération. Nous confirmons la collaboration de nos services de renseignements avec ceux des États-Unis et de la coalition internationale. Notre lutte contre cette organisation dans la région doit continuer. Elle doit être plus forte encore et plus persévérante. »

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