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Union européenne

La commissaire Vestager défend sa vision quitte à déplaire à Paris et Berlin

La commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager, qui sera également vice-présidente de la future Commission, a une parole qui compte à Bruxelles.
La commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager, qui sera également vice-présidente de la future Commission, a une parole qui compte à Bruxelles. Aris Oikonomou / AFP

Dans un entretien accordé aux principaux quotidiens européens, la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager défend sa vision de ce que doit être l'économie de l'Union, quitte à aller contre l'avis de Paris ou de Berlin.

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Margrethe Vestager n'est pas du même avis que la France, et elle le fait savoir. La commissaire européenne à la Concurrence, qui sera également vice-présidente de la future Commission, a une parole qui compte à Bruxelles. La question qui fâche, c'est celle des « champions européens de l'industrie ». L'Union européenne ne doit pas aider à la constitution de champions industriels « biberonnés et chouchoutés » mais laisser la concurrence stimuler leur création.

En février 2019, cette égérie de la concurrence libre et non faussée au sein de l'Union bloquait le mariage entre le Français Alstom et l'Allemand Siemens, une décision qui avait suscité la colère de Paris et de Berlin. Les deux capitales entendaient créer un géant continental du ferroviaire, pour contrer les entreprises chinoises, notamment.

Pour la commissaire, dont le poids sera encore plus lourd dans la future mouture, l'industrie européenne ne doit pas se résumer à « des entreprises géantes » : « c'est un écosystème d'entreprise de toute taille et c’est l’une des raisons de la résilience de l’économie européenne », ou sa capacité à s'adapter. L'Union n'a pas de programme spécifique destiné à créer des « champions de l'industrie » et, pour Margrethe Vestager, elle ne doit pas en avoir. « La concurrence est le meilleur moyen pour une entreprise de se maintenir en forme et innovante », a-t-elle ajouté.

Ni pour le ferroviaire, ni pour le numérique. Margrethe Vestager, qui aura aussi, à partir du 1er décembre, la charge de la Transition numérique, entend miser sur les petites et moyennes entreprises, « qui constituent le gros de l'économie européenne » et qui sont, selon elle, aussi nombreuses à travailler sur l'intelligence artificielle qu'aux États-Unis.

Toujours dans cet entretien, Margrethe Vestager souhaite voir le travail européen se poursuivre sur le volet fiscal. Et cela notamment sur la publication par les entreprises des impôts dont elles s'acquittent – et ce pays par pays - et sur la taxe européenne sur le numérique.

Elle s'est également dite « surprise » et même « triste » du rejet de Sylvie Goulard, initialement proposée par la France pour un vaste portefeuille économique, puis refusée pour des questions de déontologie. La Danoise a rencontré son remplaçant, l'ancien ministre Thierry Breton, dont elle a eu une « très bonne impression ».

Et ce matin, le président du patronat français, le Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a répondu à la commissaire européenne : pour lui, « créer des champions européens n'est pas vieille école, c'est une manière d'assurer l'avenir » de toutes les entreprises européennes, quelle que soit leur taille.

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