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Italie

Italie: les «Sardines» fêtent ce samedi leur premier mois d’existence

Les «Sardines» manifesteront à nouveau ce samedi après-midi 14 décembre à Rome. Ici, à Florence, le 30 novembre 2019.
Les «Sardines» manifesteront à nouveau ce samedi après-midi 14 décembre à Rome. Ici, à Florence, le 30 novembre 2019. FILIPPO MONTEFORTE / AFP

Après avoir rassemblé, via les réseaux sociaux, des dizaines de milliers de sympathisants sur les places d’une quarantaine de villes, du nord au sud de l’Italie, le nouveau mouvement anti-Salvini et antipopuliste, dénommé les « Sardines », fête son premier mois d’existence à Rome, ce samedi 14 décembre.

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Avec notre correspondante à Rome,  Anne Le Nir

Le rendez-vous sur l’immense place Saint-Jean-de-Latran à Rome, sera le plus important de tous depuis l’apparition des « Sardines » le 14 novembre, à Bologne.

On sait désormais comment nagent les petits poissons contre Matteo Salvini et contre toute forme de discrimination : regroupés en bancs serrés, avec pour seules pancartes des sardines en carton. Leur mot d’ordre : « non à la violence », « non aux insultes », « non aux symboles de partis ».

Mais qui sont ces manifestants qui chantent toujours en cœur Bella Ciao ? « " Les Sardines " se sentent proches des milieux de gauche. Il y a beaucoup de membres de communautés catholiques, mais aussi d’associations LGBT, d’associations féministes, antifascistes qui, à l’improviste, se sont retrouvées comme dans une même famille », explique le porte-parole des « Sardines », Mattia Santori, 32 ans, économiste et éducateur physique.

Un mouvement politique donc, mais qui ne veut pas se transformer en parti. Son objectif est de réveiller les Italiens pour leur redonner, avant tout, le sens de l’engagement citoyen. En faveur d’une société plus unie, plus ouverte, plus humaine, tout simplement.

C’est un mouvement politique dans la mesure où il occupe un espace physique et transmet des messages politiques. Mais ce n’est pas un parti. C’est une sorte de corps intermédiaire qui se situe entre la citoyenneté active et la politique. Il cherche à faire émerger la politique avec un P majuscule. A Rome, les Sardines vont clore leur première phase qui est celle du réveil des consciences. La deuxième, qui s’ouvrira après Rome, consiste à comprendre comment utiliser toutes nos énergies pour construire une présence stable dans le panorama social et politique italien. Nous retournerons sur les places et nous irons dans les régions où nous ne sommes pas encore arrivés, pour porter un message d’espoir et parler aux cerveaux des personnes avant que quelqu’un, comme Salvini, ne parle à leurs tripes.

Un mouvement civique contre l'extrême droite

Le mouvement a été créé par quatre amis bolognais, âgés de 29 à 32 ans, et tous diplômés universitaires. Les « Sardines » se mobilisent avec une énergie surprenante depuis le lancement de la campagne électorale de Matteo Salvini en Émilie-Romagne, pour le scrutin du 26 janvier.

L’Émilie-Romagne est le plus grand fief de la gauche depuis 70 ans. Mais d’après les sondages, cette région pourrait passer entre les mains de la Ligue souverainiste.

Les manifestants adressent aussi un message aux partis traditionnels, en déroute. Sara Prestianni travaille dans le secteur associatif, elle a participé au premier rassemblement. Spécialiste de l'immigration et militante de longue date, elle se réjouit devant la mobilisation populaire :

Il y a quelque chose que ce mouvement déjà a fait : rassembler de façon positive, et pas dans la séparation. Malheureusement, la gauche italienne et beaucoup de partis politiques ont vécu une phase de séparation continue [...] J'espère que le résultat de tout cela sera une façon pour les citoyens de trouver un élément d'identification pour ensemble essayer de changer le pays, mais aussi la politique, pour [faire] comprendre qu'un changement est nécessaire aussi à l'intérieur des logiques de la politique.

À lire aussi : Italie: dans la rue comme sur la Toile, les sardines en banc contre l'extrême droite

La droite et l’extrême droite gouvernant déjà 12 régions sur 20, une victoire de Salvini dans cette région-clé risquerait de faire éclater la coalition gouvernementale formée du Mouvement 5 étoiles et du Parti démocrate. L’enjeu est donc national.

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