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Royaume Uni

Législatives au Royaume-Uni: après la victoire des conservateurs, le Brexit ?

Les conservateurs et leur leader, le Premier ministre britannique Boris Johnson ont remporté les élections. Il va pouvoir réaliser le Brexit fin janvier comme promis. Le processus de sortie de l'Union européenne doit redémarrer dès la semaine prochaine.
Les conservateurs et leur leader, le Premier ministre britannique Boris Johnson ont remporté les élections. Il va pouvoir réaliser le Brexit fin janvier comme promis. Le processus de sortie de l'Union européenne doit redémarrer dès la semaine prochaine. OLI SCARFF / AFP

Avec 365 sièges sur 650 (résultats définitifs), les conservateurs remportent le scrutin haut la main et raflent une majorité plus vue depuis Margaret Thatcher. Ce qui va permettre à leur leader Boris Johnson de réaliser le Brexit fin janvier comme promis.

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Le processus de sortie de l'Union européenne (UE) doit redémarrer dès la semaine prochaine. Le principal message du Premier ministre britannique Boris Johnson « get Brexit done », « réalisons le Brexit », martelé tout au long de la campagne semble avoir payé, notamment dans des circonscriptions ouvrières dans le nord du pays détenues depuis des décennies par les travaillistes mais qui avaient voté pour sortir de l’UE en 2016, rapporte notre correspondante à Londres, Muriel Delcroix.

Le camp europhile, effondré

Le parti travailliste enregistre son plus mauvais score depuis la Seconde Guerre mondiale. Les récriminations contre Jeremy Corbyn ont commencé à fuser de toute part, qui a véritablement agi comme un repoussoir pour de nombreux électeurs. Et face aussi à son refus de se positionner sur le Brexit.

Un désavoeu pour sa politique très à gauche. Réélu dans sa circonscription londonienne, Jeremy Corbyn a confirmé qu’il abandonnerait la tête du Labour une fois un processus de réflexion mené au sein du parti.

Les libéraux démocrates pro-européens, quant à eux, stagnent et viennent de perdre leur jeune dirigeante Jo Swinson qui n’a pas été réélue dans son siège écossais. Les seuls europhiles qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu sont les indépendantistes écossais du SNP qui raflent la quasi-totalité des sièges en Écosse.

Cette victoire écrasante des conservateurs de Boris Johnson marque aussi l’effondrement du camp europhile qui espérait pouvoir encore arrêter le Brexit.Le camp des remainers voit s’évanouir définitivement l’idée d’empêcher la sortie de l'UE voté en 2016 par 52 % des Britanniques.

Le petit parti europhile libéral-démocrate paie durement le choix radical de sa jeune dirigeante Jo Swinson de faire campagne en proposant d’annuler purement et simplement le Brexit sans nouveau référendum. Une promesse qui a été jugée anti démocratique même parmi les europhiles et désastreuse, poussant même les conservateurs en faveur du maintien dans l’UEà voter Tory.

Qui plus est, le pacte pro-Remain décidé par les lib-dem, les Verts et le parti nationaliste gallois Plaid Cymru n’a pas non plus fonctionné, notamment parce que le Labour n’y a pas participé. Ce vote tactique a été un échec.

Face à un vote Remain éparpillé, les conservateurs ont attiré de façon beaucoup plus efficace le vote pro-Brexit. Boris Johnson va s’empresser de faire voter au parlement l’accord de retrait négocié avec Bruxelles et réaliser la première phase du Brexit fin janvier.

En Écosse, le SNP redonne de l'espoir

En Écosse, les résultats des législatives provoquent des sentiments mitigés. La perspective de voir Boris Johnson mettre en œuvre le Brexit rapidement inquiète des électeurs qui avaient voté à 62% pour rester au sein de l’UE en 2016.

Surfant sur ce sentiment pro-européen fort, les indépendantistes du SNP, premier parti localement, avaient fait campagne avec pour slogan « Arrêter le Brexit ». Ils s’en sortent avec une écrasante majorité (55 sur 59 sièges écossais contre 35 actuellement) ce qui redonne espoir aux tenants de l’indépendance, au grand dam des unionistes, rapporte notre correspondante à Édimbourg, Anastasia Becchio.

À l'ouest de la ville, au moment du dépouillement dans un centre de congrès, plusieurs centaines de personnes en gilets jaunes comptaient les bulletins de vote. Dans un coin de la salle, autour de tables rondes, les candidats et leurs équipes patientaient en jetant un œil sur la soirée électorale à la télévision.

En dépit de sa belle victoire locale, le SNP ne sera pas le faiseur de rois. Le parti nationaliste écossais avait envisagé de s’allier aux travaillistes en cas de défaite des Tories pour tenter de stopper le Brexit. « Je ne suis pas déçue par le fait que nous ne serons pas les faiseurs de rois. Je suis déçue par le fait que nous n’aurons pas de Premier ministre qui protège les valeurs des Écossais », a réagi la candidate du SNP à Édimbourg sud, Catriona MacDonald.

« Boris Johnson est raciste, misogyne, xénophobe et il n’est pas fait pour être Premier ministre. Ça n’est pas à Boris Johnson de décider de l’avenir de l’Écosse, c’est au peuple écossais qui a élu une majorité de députés SNP qui ont promis d’organiser un référendum sur l’indépendance », a-t-elle ajouté.

Si les gens ont voté massivement pour le SNP, c’est par pure tactique, pour tenter de stopper le Brexit. « Tout cela semble inquiétant pour tous ceux qui sont contre l’indépendance. Le SNP va utiliser ce vote et dire que les électeurs veulent un nouveau référendum, ce qui n’est pas le cas », regrette de son côté Alan Christopher Beal, candidat des Libéraux démocrates à Édimbourg sud. En 2014, les Écossais avaient rejeté l’indépendance à 55 %.

Réveil douloureux pour le DUP en Irlande du Nord

En Irlande du Nord, le réveil est douloureux pour le parti unioniste, le DUP, opposé à l'accord de divorce par Boris Johnson avec Bruxelles. Le numéro deux du parti Nigel Dodds a perdu son siège de Belfast-Nord face au maire de la ville, John Finucane du Sinn Fein, rapporte notre correspondante à Belfast, Emeline Vin.

Deux mille voix d’écart séparent les deux hommes alors que la circonscription a toujours été tenue par les unionistes. Tous les résultats officiels ne sont pas encore tombés, mais il semblerait que la formation, même si elle reste, le premier partie d’Irlande du Nord, perde deux de ses dix sièges lors de ces élections.

Cependant, la victoire n'est pas claire pour le Sinn Fein. Si on regarde l’évolution des voix depuis 2017, les deux formations enregistrent une baisse des suffrages au profit des plus petites formations, le parti social-démocrate libéral qui gagne deux sièges ainsi que le parti de centre droit alliance qui envoie un député à Westminster. La circonscription arrachée par alliance était jusqu’ici tenue par une indépendante, à tendance unioniste. La déception est immense pour le DUP qui espérait bien récupérer les voix unionistes.

Ce revers est dû en partie au rôle du parti pendant les négociations sur le Brexit, les Nord-Irlandais déplore leur attitude, jugée obstructive, et puis Sinn Fein et DUP sont tous les deux tenus pour responsables de l’impasse politique en Irlande du Nord qui n’a plus de gouvernement depuis trois ans. Les électeurs, ce jeudi, espéraient qu’avec ce vote, les deux formations allaient enfin se mettre au travail et sortir la région de l’incertitude.

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