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Union européenne

L’indépendantiste catalan Puigdemont fait son entrée au Parlement européen

L'ancien leader catalan Carles Puigdemont montre son badge temporaire lui accordant l'entrée au Parlement européen, à Bruxelles, le 20 décembre 2019.
L'ancien leader catalan Carles Puigdemont montre son badge temporaire lui accordant l'entrée au Parlement européen, à Bruxelles, le 20 décembre 2019. REUTERS/Johanna Geron

Autoproclamé président en exil de la Catalogne en 2017, Carles Puigdemont s’est présenté ce vendredi 20 décembre au Parlement européen comme député, alors qu’il n’avait jusqu’ici pas le droit d’y entrer comme visiteur. Car la décision de la Cour de justice européenne en faveur de son ancien vice-président Oriol Junqueras a également accordé le statut parlementaire à l’ancien leader indépendantiste.

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Avec nos correspondants à Bruxelles et à Madrid, Pierre Benazet et François Musseau

Sur l’esplanade du siège bruxellois du Parlement européen, Carles Puigdemont pose, le sourire triomphant, à côté de Toni Comín. Celui-ci est aussi exilé en Belgique depuis octobre 2017 et élu en mai dernier lors du scrutin européen. Tous deux exhibent fièrement la carte d’accréditation temporaire que vient de leur délivrer le Parlement européen.

À la suite de sa décision de jeudi 19 décembre en faveur d’Oriol Junqueras, la Cour de justice de l’Union européenne a aussi levé ce vendredi matin les mesures qui permettaient au Parlement de Strasbourg de ne pas admettre Carles Puigdemont et Toni Comín. En cause, leur refus de prêter serment sur la Constitution espagnole.

Leur carte d’accès est temporaire, mais uniquement parce que les services du Parlement européen sont à la veille de leur fermeture de Noël, et ne pourront finaliser toutes les procédures administratives qu’en janvier.

Oriol Junqueras reste en prison

Les deux indépendantistes catalans ont aussi bénéficié du soutien du président du Parlement européen. Dès la première décision de la Cour de justice jeudi, il a estimé que leur mandat de député leur était désormais dû.

Oriol Junqueras reste pour l’instant en prison en Espagne, mais Carles Puigdemont et Toni Comín vont pouvoir occuper dès janvier leur siège resté vacant depuis les élections législatives de mai. Leurs partisans affirment même que la décision de la Cour de justice les dispenserait de devoir aller en Espagne prêter serment sur la Constitution du royaume.

L’ensemble des partis espagnols ont reçu une gifle de la part de la justice européenne. Le fait que Carles Puigdemont devienne membre du Parlement européen provoque un silence gêné à Madrid.

Situation délicate pour Pedro Sanchez

Si Puigdemont remettait les pieds en Espagne, il devrait aussitôt aller en prison préventive, mais le fait qu’il soit eurodéputé lui donne une légitimité à l’étranger. Même chose pour Oriol Junqueras, la justice européenne estimant aussi qu’il devrait bénéficier de son immunité parlementaire.

La situation est délicate pour le socialiste Pedro Sanchez, au pouvoir de façon intérimaire. Pour lui, la décision de la justice européenne est un authentique revers, mais par égard pour les institutions communautaires, il prèfère ne rien dire. Il est très probable que cette sorte de réhabilitation de Carles Puigdemont et de Oriol Junqueras, les deux symboles du sécessionnisme catalan, retarde l’investiture de Pedro Sanchez puisque celui-ci a besoin du soutien des séparatistes catalans pour être intronisé prochain chef du gouvernement. Une fois de plus, le conflit catalan a un impact sur l’instabilité politique du pays tout entier.
 

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