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ESPAGNE

Les Barcelonais peu étonnés de la confirmation de l’immunité d'Oriol Junqueras

L'indépendantiste catalan Oriol Junqueras, après avoir reçu son accréditation parlementaire au parlement espagnol à Madrid, le 20 mai 2019.
L'indépendantiste catalan Oriol Junqueras, après avoir reçu son accréditation parlementaire au parlement espagnol à Madrid, le 20 mai 2019. REUTERS/Susana Vera/File Photo

La Cour européenne de justice a donné raison jeudi 19 décembre à Oriol Junqueras. Selon le tribunal, l'ancien vice-président catalan n’aurait pas dû être arrêté par la justice espagnole en mai, car il était protégé par son immunité de député européen. Un revers pour la justice espagnole qui a beaucoup fait parler notamment en Catalogne.

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Avec notre correspondante à Barcelone, Élise Gazengel

L'ancien vice-président catalan Oriol Junqueras aurait dû bénéficier de l'immunité de député européen en mai dernier et la justice espagnole aurait dû lever sa détention préventive. C'est la conclusion que la Cour européenne de justice a rendue jeudi 19 décembre.

Du côté des indépendantistes, évidemment, cette décision est une bénédiction comme l'explique José Luis Rodriguez, Barcelonais de 52 ans : « C'est la preuve des méthodes irrégulières de l'État espagnol qui manipule les lois pour mener à bien la répression ».

Vu tantôt comme un revers à la justice espagnole, tantôt comme une décision qui ne changera pas le verdict rendu en octobre et condamnant Oriol Junqueras à 13 ans de prison, cet arrêt n'a laissé personne indifférent. Une interprétation qui fatigue certains Barcelonais comme Alfonso Roig : « Aujourd'hui, les parties acceptent les décisions quand elles leur sont favorables et dénoncent des décisions politiques quand elles leur nuisent, et ça, ça fait du tort au système ».

La Cour Suprême espagnole doit désormais tirer les conséquences de cette décision européenne et l'interprétation de la loi dans ce cas inédit est encore incertaine.


Alors que le Premier ministre Pedro Sanchez cherche à réunir des appuis pour que son gouvernement obtienne la confiance du Parlement, cette décision extérieure pourrait rendre sa tâche plus facile. La Cour européenne le forcerait ainsi à libérer ceux qui sont considérés par les indépendantistes comme des prisonniers politiques, explique Jean-Marc Sanchez, avocat fondateur de la fondation franco-espagnole du barreau de Paris.

Pour Pedro Sanchez, ça va lui faciliter la tâche. La cour de justice de l’Union européenne lui fait la courte échelle. C’est-à-dire, qu’elle lui évite d’avoir à pactiser avec les indépendantistes et à accorder l’« indulto », donc la grâce, qui était la seule façon de sortir de cette situation : c’est-à-dire de faire en sorte que les prisonniers considérés comme politiques par les indépendantistes sortent de prison. Aujourd’hui, on est dans une situation où l’Espagne et le pouvoir politique en Espagne, en général, et en Catalogne, en particulier, sont totalement divisés et à la veille de la formation de Pedro Sanchez, de son nouveau gouvernement, ça peut être un moyen soit d’en sortir soit d’y rester. On ne sait pas quelle sera la réponse. Et le temps judiciaire n’étant pas le temps politique, n’étant pas non plus le temps médiatique qui va très vite, on risque d’avoir des effets de retard qui vont se traduire, dans quelques semaines ou dans quelques mois, peut-être par une nouvelle crise en Catalogne.

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