Accéder au contenu principal
Union européenne

Nord Stream 2: l'Union européenne vent debout face aux sanctions américaines

Le Nord Stream 2, presque achevé, passe sous la mer Baltique. Il doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l'Europe occidentale via l'Allemagne.
Le Nord Stream 2, presque achevé, passe sous la mer Baltique. Il doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l'Europe occidentale via l'Allemagne. BERND WÜSTNECK / DPA / AFP

L'Union européenne a dénoncé, ce samedi 21 décembre, les sanctions américaines contre les entreprises participant à la construction du gazoduc Nord Stream 2.

Publicité

L’Allemagne a été la première à monter au créneau pour rejeter ces sanctions extraterritoriales de la manière la plus claire possible. Dans un communiqué, Ulrike Demmer, une porte-parole de la chancelière Angela Merkel, qualifie cette décision « d'ingérence dans nos affaires intérieures ». Le gazoduc, qui est presque achevé, passe sous la mer Baltique. Il doit permettre de doubler les livraisons directes de gaz naturel russe vers l'Europe occidentale via l'Allemagne, principale bénéficiaire du projet.

Divergences européennes

« Par principe, l'Union européenne s'oppose à l'imposition de sanctions contre des entreprises européennes se livrant à des activités légales », a affirmé un porte-parole de l'UE. Cette déclaration au ton légèrement en retrait est une bonne indication des divisions entre Européens au sujet de ce gazoduc selon notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Plusieurs pays, surtout en Europe centrale estiment que l’Allemagne en est la principale bénéficiaire et ne sont pas loin de craindre un accroissement de la dépendance au gaz russe.

D'ailleurs les pays européens ont aussi du mal à s’accorder sur la nouvelle directive de l’Union européenne sur le gaz. C’est particulièrement le cas de la Pologne dont l’agence de protection des consommateurs enquête activement sur les investisseurs du projet Nord Stream.

L’annonce ce samedi de l’accord russo-ukrainien pour l’extension des livraisons de gaz via l’Ukraine est une bonne nouvelle pour tous les pays de l’Union européenne critiques du projet Nord Stream.

Washington veut soutenir l'Ukraine

Le président américain Donald Trump a signé ce vendredi 20 décembre la loi imposant ces sanctions contre les entreprises associées à la construction du gazoduc. Pour Washington, cet ouvrage va accroître la dépendance des Européens au gaz russe et ainsi renforcer l'influence de Moscou. Washington a également justifié ces mesures par sa volonté de soutenir l'Ukraine, rappelle la porte-parole de la chancellerie. Quelque 18 % de la consommation annuelle de gaz naturel de l'UE provient de la Russie via l'Ukraine.

Étant donné les progrès réalisés jeudi pour trouver une issue au conflit russo-ukrainien au transit du gaz russe en Ukraine, les sanctions apparaissent « particulièrement incompréhensibles », ajoute la porte-parole d'Angela Merkel, Ulrike Demmer.

Lors d'une réunion jeudi soir à Berlin sous l'égide de l'Union européenne, les deux pays avaient conclu un accord de principe au sujet du transit du gaz russe pour l'Europe via l'Ukraine, avant l'expiration du contrat le 31 décembre. Moscou et Kiev avaient paraphé le protocole d'accord le lendemain.

Réactions russes

La première conséquence de ces sanctions américaines touche directement la société suisse Allseas, engagée dans le projet. Elle a annoncé ce samedi la suspension de ses travaux d’installation du gazoduc,rapporte notre correspondant à Moscou, Étienne Bouche.

« Bientôt, ils demanderont que l’on arrête de respirer. Et forcément, beaucoup s’exécuteront », s'est indigné Maria Zakharova ce samedi d'un court message publié sur son compte Facebook. La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a répliqué aux sanctions ciblant le gazoduc Nord Stream adoptées par les États-Unis, « un État avec une dette publique de 22 000 milliards de dollars qui interdit à des pays solvables de développer leur économie réelle », a-t-elle écrit.

Le président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, Konstantin Kossatchev, a lui dénoncé « une concurrence déloyale flagrante ». Pour Oleg Morozov, sénateur membre de cette commission, il s’agit d’une manœuvre destinée à « réorienter l’Europe vers le gaz naturel liquéfié américain ». Le projet est financé pour moitié par le géant russe Gazprom, et l’autre moitié par cinq sociétés européennes.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.