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Espagne

Espagne: début du débat d’investiture au Parlement pour la coalition des gauches

Pedro Sanchez et Pablo Iglesias au Parlement de Madrid le 30 décembre 2019.
Pedro Sanchez et Pablo Iglesias au Parlement de Madrid le 30 décembre 2019. REUTERS/Susana Vera

À Madrid, les députés débattent à partir de ce samedi 4 janvier 2020 sur la reconduction au pouvoir du Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, à la tête d'une alliance avec la gauche radicale. Deux questions à la sociologue Héloïse Nez, maître de conférence à l'université de Tours et autrice de Podemos : de l'indignation aux élections.

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Dimanche, il ne sera pas en mesure d'obtenir la majorité absolue au premier vote de confiance. Mais dans les jours à venir, le président du gouvernement sortant Pedro Sanchez devrait remporter l'aval du Parlement, la majorité relative suffisant au deuxième vote. Notamment du fait de l’abstention du parti catalan ERC.

Après avoir échoué en avril dernier, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) s’apprête donc à gouverner avec Podemos. Le programme économique de la coalition s’en ressent, comme l’explique la sociologue Héloïse Nez. Il est, dit-elle, « beaucoup plus à gauche que ce que présentait seul le Parti socialiste ». Un programme que Pedro Sanchez a présenté ce samedi matin devant les députés, appelant à briser le blocage politique que connaît le pays depuis six mois.

Les principaux éléments, c'est le fait de récupérer beaucoup de droits sociaux perdus ces dernières années avec le Parti populaire au pouvoir, et aussi des libertés publiques. Et économiquement, c'est un programme de redistribution fiscale, avec une augmentation des impôts sur le revenu des plus riches, une augmentation du salaire minimum de 300 euros et un certain nombre de mesures sociales, mais aussi féministe et écologiques

Héloïse Nez, autrice de Podemos: de l'indignation aux élections

La page du bipartisme est tournée

Ce sera le premier gouvernement de coalition espagnol depuis la fin de la dictature franquiste en 1975. Jusque-là, deux grands partis, le PSOE et le PP, dominaient le paysage politique. Pour Héloïse Nez, « la page du bipartisme est en partie tournée », « cela demande des formes de gouvernement différentes ».

Jusqu’à présent, le gouvernement « pouvait avoir l’appui ponctuel d’un parti régionaliste, par exemple les régionalistes basques. Mais d’un point de vue démocratique, il n’avait pas eu comme ça, de réelle expérience de coalition. Et donc, elle va devoir apprendre à gouverner ensemble », nous explique la sociologue.

De ce point de vue-là, c’est un changement assez important. C’est un changement qui s’est vu dans les urnes: dans les résultats électoraux, effectivement, il y avait cette demande aux partis, qu'ils se mettent d’accord pour dépasser la phase du bipartisme. On a, en fait, une fragmentation du paysage politique depuis 2015

Héloïse Nez, autrice de Podemos: de l'indignation aux élections

Jeudi, c'est le parti indépendantiste Gauche républicaine de Catalogne (ERC) qui a ouvert la voie à la reconduction de Pedro Sanchez, après des mois de paralysie politique. Réuni à Barcelone, le conseil national de cette formation a décidé que les 13 députés du parti « s'abstiendraient lors du vote d'investiture ».

Le PSOE et Podemos ne comptent que 155 sur 350, sous la barre des 176. Ils ont donc besoin de l'appui d'autres formations. L'abstention des 13 députés d'ERC était la dernière pièce manquante nécessaire à l'investiture de Pedro Sanchez, à qui les nationalistes basques du PNV ont déjà apporté leurs voix.

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