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Italie

Vaste coup de filet anti-mafia en Sicile pour détournement de fonds européens

Image de la brigade financière italienne montrant la traque de suspects durant une opération anti-mafia en Sicile.
Image de la brigade financière italienne montrant la traque de suspects durant une opération anti-mafia en Sicile. Handout / Guardia di Finanza press office / AFP

La police italienne a démantelé ce mercredi 15 janvier en Sicile un réseau mafieux spécialisé dans la fraude aux subventions agricoles européennes. Près de cent personnes ont été arrêtées, dont des chefs mafieux, des employés de l’État et des notables locaux.

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L'opération des forces anti-mafia a nécessité le déploiement de 600 policiers. Elle est la plus importante jamais menée dans la province de Messine, en Sicile. Deux clans historiques de Tortorici, ville située dans le parc des monts Nebrodi, ont été décapités, 94 personnes ont été arrêtées et 150 exploitations agricoles ont été placées sous séquestre. Parmi les personnes arrêtées, 48 ont été incarcérées et les autres placées en résidence surveillée, a précisé la police.

Les boss agissaient avec la complicité de notaires, entrepreneurs, syndicalistes, fonctionnaires et autres cols blancs, pour obtenir des fonds européens destinés aux agriculteurs. Ils ont réussi à détourner 10 millions d’euros de subventions, en revendiquant frauduleusement la propriété de terres qui, pour la plupart, appartenaient en réalité à la région, mais n’étaient pas contrôlées.

Dans son acte d'accusation, le juge Sergio Mastroeni estime que l'escroquerie reposait sur « le soutien sans condition » d'employés disposant « du savoir-faire nécessaire pour faire parvenir la Mafia jusqu'au centre nerveux du système de financement public » et pour exploiter les failles d'un contrôle laxiste.

La Commission européenne « accompagne le développement de cette investigation », a réagi à la mi-journée un de ses porte-parole, Daniel Rosario. « C'est quelque chose que la Commission prend très au sérieux », a-t-il souligné, précisant que Bruxelles menait en la matière « une politique de tolérance zéro ». « C'est d'abord aux États membres de s'assurer que des mesures solides sont en place pour gérer ces fonds (européens) et de prendre les mesures nécessaires si jamais il y a des suspicions », a-t-il rappelé. La ministre italienne de l'Intérieur Luciana Lamorgese a quant à elle exprimé sa « très grande satisfaction » à la suite de cette opération.

Le procureur national anti-mafia Federico Cafiero de Raho a noté « un saut qualitatif de la mafia (...) qui entre dans l'économie légale avec des systèmes illégaux » et agit désormais « non seulement dans le domaine de la criminalité traditionnelle, comme le trafic de drogues ou les extorsions, mais aussi dans celui des fraudes communautaires ».

(Avec AFP)

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