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Séisme politique en Allemagne: le président de Thuringe élu grâce à l’AfD

Thomas Kemmerich, membre du parti libéral FDP, a été élu grâce au parti d'extrême droite AfD, le 5 février à Erfurt, Allemagne.
Thomas Kemmerich, membre du parti libéral FDP, a été élu grâce au parti d'extrême droite AfD, le 5 février à Erfurt, Allemagne. REUTERS/Hannibal Hanschke

C'est un séisme politique qui ébranle l'Allemagne : pour la première fois depuis la guerre, un chef d'un État régional, en l'occurrence en Thuringe dans l'est du pays, a été élu mercredi grâce aux voix de l'extrême droite. Le parti de Merkel demande de nouvelles élections.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Un élu du petit parti libéral s'est imposé d'une voix grâce au soutien des chrétiens-démocrates et de l'Alternative pour l'Allemagne, à l'extrême droite. Il a battu le patron sortant de la région qui espérait rester au pouvoir à la tête d'un gouvernement minoritaire associant les partis de gauche. Cette élection suscite de nombreuses condamnations et débats.

« Un tabou brisé », « une digue rompue » : ces deux expressions reviennent dans beaucoup de commentaires. L’élection surprise d’un libéral dont le parti a fait 5% aux régionales d’octobre dernier grâce au soutien des chrétiens-démocrates et de l’extrême droite a provoqué un séisme politique en Allemagne.

Thomas Kemmerich a battu d’une voix au troisième tour le ministre-président sortant Bodo Ramelow, qui espérait rester à la tête de la Thuringe avec un gouvernement minoritaire associant son parti Die Linke, les sociaux-démocrates et les Verts.

Les condamnations dans les médias et les milieux politiques abondent. Des manifestations de protestation sont organisées dans plusieurs villes de Thuringe mais aussi à Berlin devant le siège du parti libéral. Les responsables conservateurs ont parlé d’un jour noir pour l’Allemagne, se sont désolidarisés de la CDU en Thuringe et réclamé de nouvelles élections. Cela vaut pour ce parti comme pour son allié bavarois de la CSU.

Le président du parti libéral Christian Lindner en revanche s’est félicité de la victoire de son collègue de parti tout en rejetant toute coopération avec l’Alternative pour l’Allemagne. Un ancien ministre FDP et autorité morale du parti a lui effectué une comparaison avec la république de Weimar lorsque les conservateurs ont été soutenus ou ont coopéré avec les nazis.

le libéral Thomas Kemmerich (G) est félicité par le leader régional du parti d’extrême droite Björn Höcke.
le libéral Thomas Kemmerich (G) est félicité par le leader régional du parti d’extrême droite Björn Höcke. Jens Schlueter / AFP

« La poignée de main de la honte »

La presse allemande a largement condamné cette élection. « La poignée de main de la honte » : la Une du quotidien populaire Bild Zeitung montre la photo emblématique de la folle journée d’hier en Thuringe. On y voit le nouveau patron de la région, le libéral Thomas Kemmerich, être félicité par le leader régional du parti d’extrême droite Björn Höcke. « Quelqu’un qui relativise l’Holocauste, qui par sa gestuelle, son comportement, sa coupe de cheveux, sa pensée et sa rhétorique donne l’impression de sortir des actualités des années 1930 » commente Bild Zeitung.

Le quotidien de gauche Tageszeitung utilise la même photo et titre « Élu par des fascistes » en soulignant que la frontière entre les partis démocratiques et l’AfD ne tient plus. « Jamais cela n’aurait dû arriver » estime le journal conservateur Die Welt.

Le magazine Der Spiegel va plus loin et estime que l’AfD dispose de son premier patron de région. « Jamais les conservateurs, les libéraux et l’extrême droite n’ont réussi un tel coup dans l’Allemagne d’après-guerre » pour le magazine.« Un tabou politique a été brisé » constate en une le quotidien Tagesspiegel ; « une digue s’est rompue » ajoute le magazine Die Zeit qui parle d’une journée historique.

Le parti de Merkel demande de nouvelles élections en Thuringe

Le parti conservateur d'Angela Merkel a appelé ce mercredi à de nouvelles élections dans l'État régional de Thuringe vu que ses élus locaux ont mêlé leurs voix à celles de l'extrême droite pour désigner le futur chef du gouvernement régional.

« Le mieux pour la Thuringe serait de nouvelles élections », a déclaré le secrétaire général du parti, Paul Ziemiak.  Il a parlé d'« une journée noire pour la Thuringe », en rappelant que le parti de la chancelière avait pour principe d'exclure toute alliance ou coopération avec celui d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne, tant au niveau national que régional.

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