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La Grèce veut construire de nouveaux camps de réfugiés en mer Égée

Des habitants des îles de la mer Égée protestent contre la constructions de nouveaux camps de réfugiés à Athènes le 13 février 2020.
Des habitants des îles de la mer Égée protestent contre la constructions de nouveaux camps de réfugiés à Athènes le 13 février 2020. REUTERS/Alkis Konstantinidis

À Athènes, environ 200 personnes se sont réunies devant le ministère de l’Intérieur pour protester contre le projet d’ouverture de nouveaux camps de réfugiés sur plusieurs îles de la mer Égée, dont Lesbos et Samos. Un projet parallèle à la fermeture des camps actuels, où les conditions de vie sont unanimement condamnées.

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Panos Telais vient de l’île de Lesbos, où se situe Moria, le plus grand camp d’Europe. Un camp qui « accueille » plus de 20 000 demandeurs d’asile, soit sept fois plus que le nombre de places théoriquement disponibles. Sous son béret, le manifestant à la retraite souligne la pression qui pèse sur la population locale.

« Mytilène, la capitale de Lesbos, compte 30 000 personnes en tout et pour tout. À quoi peut-on s’attendre ? Ce sont des gens face à d’autres gens. Il faut aussi envoyer les réfugiés ailleurs en Grèce, puis la majorité d’entre eux doit être répartie dans d’autres pays », explique-t-il à notre correspondant à Athènes, Joël Bronner.

« Où est l’Europe ? » renchérit Yannis Laroutaris, son voisin dans la manifestation. L’homme aux cheveux blancs tient un panneau où est inscrit « Moria ne peut pas vivre sous la menace ». « Nous sommes de l’île de Lesbos. Nous ne voulons plus d’étrangers sur notre île. Nous voulons vivre entre Grecs. Entre purs Grecs ! Nous n’avons besoin de personnes d’autres. Laissez-nous tranquilles ! Laissez-nous tranquilles ! », s’emporte-t-il.

Excédé, l’homme en veut aux autres pays européens dont il affirme que le soutien à la Grèce n’est qu’apparent. Une Europe qui a transformé ces îles de la mer Égée en zone frontière. Au risque de voir un discours xénophobe s’y développer.

Des manifestants d'extrême-droite défilent contre le transfert de migrants des îles grecques au continent, le 3 novembre 2019, à Thessalonique.
Des manifestants d'extrême-droite défilent contre le transfert de migrants des îles grecques au continent, le 3 novembre 2019, à Thessalonique. Sakis MITROLIDIS / AFP

Construction de centres fermés

Le gouvernement grec a annoncé la fermeture des trois camps les plus surpeuplés de Lesbos, Samos et Chios, dont les conditions de vie sont dramatiques et dénoncées. Mais ces camps seront remplacés par de nouveaux centres fermés, d'ici mi-2020, d'une capacité totale de 20.000 migrants -pour une période maximum de trois mois- sur ces trois îles auxquelles s'ajoutent celles de Leros et de Kos.

Les autorités locales et les habitants des cinq îles rejettent en bloc ce projet contre lequel ils ont déjà manifesté à plusieurs reprises. La construction des nouveaux camps doit commencer en mars et ils devraient être opérationnels cet été, a annoncé le nouveau ministre des Migrations Notis Mitarachi.

Des réfugiés traversent le camp de Moria, sur l'île de Lesbos en Grèce, le 13 décembre 2019.
Des réfugiés traversent le camp de Moria, sur l'île de Lesbos en Grèce, le 13 décembre 2019. REUTERS/Giorgos Moutafis

 

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