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Conférence sur la sécurité: le discours de Macron ne convainc pas Berlin

La ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer lors de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, le 15 février 2020.
La ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer lors de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, le 15 février 2020. REUTERS/Andreas Gebert

Emmanuel Macron s'est rendu pour la première fois depuis son élection à la conférence sur la sécurité de Munich. Le président français était très attendu après diverses propositions sur l'avenir de l'Europe. Pour se réaliser, elles exigent un soutien de l'Allemagne, qui reste réservée.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« Je n'ai pas de frustration, j'ai des impatiences. » Emmanuel Macron a pris les formes à Munich pour exprimer son souhait que la construction de l’Europe en général et de celle de la Défense en particulier avec l’Allemagne aillent de l’avant.

Les déclarations du président français sur la « mort cérébrale » de l’Otan, sa volonté d’un dialogue avec la Russie ont suscité des interrogations à Berlin et ailleurs.

Plus récemment, l’idée d’une ouverture de la dissuasion nucléaire française à ses partenaires européens n’a pas provoqué d’enthousiasme outre-Rhin, où l’on veut poliment examiner l’offre française.

Une proposition jugée encore floue pour la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer. Elle reste attachée comme beaucoup à la relation transatlantique : « La protection existe au sein de l’Otan grâce au parapluie nucléaire américain. »

Impatiences ou frustrations, il semble qu’Emmanuel Macron n’attende pas trop de Berlin. Le président français a dîné durant trois heures vendredi soir avec les responsables du parti Vert qui a le vent en poupe.

« Je n’ai pas l’impression que ce gouvernement actuel ait la force de faire quoi que ce soit, estime la députée écologiste Franziska Brantner. Du coup, je pense que pendant encore un an au moins, on aura une phase d’attente du côté français. »

Le quotidien Tagesspiegel confirme cette appréciation ce dimanche matin et titre en une : « Macron prépare l’après-Merkel. »

La Pologne au côté de Macron

Si l’Allemagne se montre réservée dans la construction d’une défense européenne, lui préférant l’Otan, Emmanuel Macron a des soutiens, notamment celui du grand voisin de l'Allemagne, la Pologne.

« Je partage cette impatience, car je pense qu'il y a des défis à relever à la périphérie de l'Europe, pour lesquels nous avons besoin d'une défense européenne digne de ce nom, a commenté le député européen Radoslaw Sikorski du groupe conservateur PPE, ancien ministre des Affaires étrangères, qui a suivi la conférence à Munich. Plusieurs pays veulent le faire, mais il est difficile d'avancer sans la participation de l'Allemagne. Et je pense qu'aujourd'hui, avec le Brexit, et avec le fait que la chancelière va quitter son poste dans 18 mois – ce qui lui permet d'être audacieuse –, c'est le moment juste pour prendre des décisions stratégiques pour l'Europe. Et j'espère que le président Macron va réussir. »

« Nous avons par exemple besoin d'augmenter le financement de la défense dans le prochain budget, souligne l'eurodéputé polonais. Autre chose : le président Macron a suggéré indirectement que la dissuasion nucléaire française pourrait contribuer à la défense de l'Union européenne. C'est une déclaration très importante, qui devrait être prise très au sérieux par un pays comme l'Allemagne. C'est la sécurité de l'Europe qui est en jeu. »

À lire aussi : Macron «impatient» face au manque de réponse allemande sur les défis européens

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