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Sommet européen: le casse-tête du budget pluriannuel

A Bruxelles, les Vingt-Sept planchent sur la difficile équation du budget européen.
A Bruxelles, les Vingt-Sept planchent sur la difficile équation du budget européen. Riccardo Pareggiani / POOL / AFP

Les Vingt-Sept sont réunis depuis ce jeudi 20 février à Bruxelles pour fixer le premier budget de long-terme de l’UE post-Brexit. Mais les priorités ne sont pas les mêmes pour tous et les discussions s'annoncent âpres.

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Avec nos envoyés spéciaux à Bruxelles, Anthony Lattier, Aabla Jounaïdi

À Bruxelles, les Vingt-Sept planchent sur une équation complexe : combler le trou causé par le départ des Britanniques tout en trouvant les moyens de financer des politiques ambitieuses pour les sept prochaines années. On l’a bien senti dans les propos des dirigeants à leur arrivée : la discussion s’annonce longue, très longue. La dernière fois qu'ils avaient discuté budget, il y a sept ans, il avait fallu deux sommets pour trouver un accord.

Cette fois, le nouveau président du Conseil européen Charles Michel s’est beaucoup investi pour tout boucler en une seule fois, quitte à rester plus longtemps que prévu. « Je passerai tout le temps qu'il faut pour obtenir un accord ambitieux. Si tout le monde met un peu d'esprit de compromis et d'ambition, il y a un chemin pour trouver un accord durant ce sommet. Ce chemin peut prendre quelques heures, quelques nuits, quelques jours. J'y suis prêt », a annoncé pour sa part le président français.

Comme dans toutes négociations, chacun commence par se montrer insatisfait. Les uns jugent le budget trop important, les autres trop faible. Chacun à ses exigences : plus d'argent pour les agriculteurs, pour le numérique, pour aider les pays en rattrapage…

La Suède incarne ainsi le camp de ceux qui ne veulent pas augmenter leur contribution, mais plutôt concentrer les moyens sur certaines politiques. « On ne peut pas juste augmenter le budget. Les contribuables en Suède payent pour tout ça. Nous, nous voulons moderniser le budget, investir plus dans la numérisation, dans une politique industrielle moderne, assurer la sécurité de nos concitoyens et faire face aux changements climatiques. Il faut fixer des priorités », plaide ainsi son Premier ministre, Stefan Löfven.

Première bénéficiaire des subventions de la Politique agricole commune (PAC), la France en a défendu les mérites alors que ces aides aux agriculteurs sont appelées à être réduites. Loin d’être dépassée, la PAC peut servir la lutte contre le changement climatique, a fait valoir Emmanuel Macron.

« Aujourd'hui, nous n'y sommes pas. Nous allons nous battre pour encore l'améliorer, pour que nous ayons les moyens d'accompagner nos paysans chaque jour, parce qu'ils nourrissent le peuple français et le peuple européen, et de les aider aussi dans les transitions qu'ils sont en train de faire, a déclaré le président français. Parce qu'ils sont en train de moderniser leurs outils de production, parce qu'on leur demande aussi de faire des efforts, on leur demande de répondre à des objectifs de santé publique ou des objectifs environnementaux, il faut les accompagner. »

L’Allemagne a une ligne rouge, « pas touche aux rabais ». Un système initié par les Britanniques sous Margaret Thatcher, qui réduit la contribution des États consacrant plus d’argent à l’Europe qu’ils n’en reçoivent. La France juge ce système obsolète. 

Fatiguée ou bien rassurée d’obtenir ce qu’elle souhaite, Angela Merkel a quitté les lieux à 22h. De son côté, Charles Michel a reçu les délégations l’une après l’autre, jusque tard dans la soirée, avant d’affiner les propositions qu’il fera ce vendredi. 

Mais au rythme où vont les choses, on commence à douter sérieusement qu’un accord puisse être trouvé dès ce vendredi, comme l’espérait Charles Michel.

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