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Attentat de Hanau: les Allemands dans la rue contre le terrorisme d’extrême droite

Plusieurs manifestations ont eu lieu en Allemagne, comme ici à Hanau le 20 février 2020, pour protester contre le terrorisme d'extrême droite.
Plusieurs manifestations ont eu lieu en Allemagne, comme ici à Hanau le 20 février 2020, pour protester contre le terrorisme d'extrême droite. REUTERS/Kai Pfaffenbach

Après la fusillade qui a neuf victimes mercredi soir à Hanau, près de Francfort, l'Allemagne est sous le choc. Cette tuerie, commise par un homme aux motivations racistes, souligne un peu plus le danger de l'extrême droite en Allemagne. De nombreuses manifestations ont eu lieu jeudi soir à travers le pays et, bien sûr, dans la ville frappée par les attaques.

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De notre envoyé spécial à Hanau,

« Nazis raus », les « Nazis dehors » : l’ennemi est clair pour les quelque 5 000 manifestants rassemblés sur la place centrale de Hanau. Ils sont venus, et parmi eux de nombreux étrangers, pour rendre hommage aux victimes et montrer leur solidarité avec leurs proches.

« Nous sommes une ville, nous sommes solidaires. Bien sûr, ça ne ramène pas les victimes à la vie et ça ne console pas vraiment leurs proches. Mais ils voient que nous sommes là et c’est une bonne chose pour nous tous », nous explique une jeune femme.

C’est aussi le message qu’ont voulu faire passer les officiels qui ont pris la parole, à commencer par le président de la République fédérale d’Allemagne, Frank-Walter Steinmeier. « Nous sommes solidaires, nous voulons vivre ensemble et nous le montrons encore et toujours : c’est le remède le plus fort contre la haine », a-t-il lancé.

La répétition des attentats de l'extrême droite inquiète

Le discours du président de la République a été perturbé par des manifestants qui critiquaient le manque d’efficacité de l’État dans la lutte contre l’extrême droite. « Nous avons vu, ces derniers mois, que les violences d’extrême droite augmentent, que le gouvernement ne fait pas énormément contre ça. Ça doit changer », déplore un jeune Turc présent dans la foule.

« Pour moi, qui habite à Hanau, ce drame a montré une fois de plus que le terrorisme d’extrême droite peut frapper partout en Allemagne et j’ai l’impression que les autorités ne sont pas suffisamment efficaces, témoigne encore un jeune homme visiblement très ému. De telles attaques se reproduisent de plus en plus souvent. C’est vraiment trop fréquent et ça me rend très triste, parce que ça n’est pas la société que je souhaite. Je ne veux pas que des personnes qui pètent les plombs se livrent à des tueries. »

Même si l’émotion l’emportait parmi la foule ce jeudi soir, la répétition des attaques d’extrême droite ou les menaces qu’elle inspire inquiète de plus en plus en Allemagne.

Nous avons été profondément choqués et horrifiés par cet acte sanglant, parce que cette double attaque est aussi une attaque envers notre démocratie et notre société solidaire. La communauté kurde en Allemagne n’attend pas uniquement des explications sur ce qui s’est réellement passé de la part des autorités et des forces de l’ordre. Elle souhaite aussi être consultée pour tenter de trouver ensemble des pistes pour renforcer la société démocratique.


  • La presse allemande s'interroge sur les racines du mal

La fusillade de Hanau fait la Une de tous les journaux. Les quotidiens populaires insistent plus que les autres sur l’émotion, à commencer par le plus lu, Bild Zeitung, qui titre : « L’Allemagne vous pleure », avec des photos des victimes en Une. Beaucoup de commentaires cherchent à aller au-delà de l’émotion et s’interrogent sur les racines du mal et la meilleure façon de le combattre.

Le quotidien Süddeutsche Zeitung titre en Une : « La haine est un poison », avec la photo d’une balle sur le sol en gros plan. Le journal fait une comparaison avec le passé : « Les personnes qui commettent de tels actes ont le même arrière-plan que leurs prédécesseurs, il y a un siècle, qui s’en prenaient aux juifs, aux étrangers, aux représentants du système. Aujourd’hui, les musulmans constituent une nouvelle cible ».

Le Tagesspiegel de Berlin estime qu’on « ne peut plus parler, après plusieurs attaques comparables en neuf mois, d’actes isolés. Il ne s’agit pas seulement d’individus psychologiquement instables mais c’est un problème politique ». Un commentaire qui critique indirectement les déclarations des responsables du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne.

On peut ainsi lire dans le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : « On reste sans voix en entendant le président de l’AfD affirmer que la tuerie de Hanau ne soit pas une attaque terroriste, ni de droite, ni de gauche mais l’acte insensé d’un fou. Les responsables politiques qui développent des théories sur le remplacement de population et se livrent à des déclarations radicales contribuent à ce que la folie d’une personne isolée conduise à un tel acte ».

Un quotidien populaire de Hambourg écrit en Une : « Combien de personnes doivent encore mourir avant que la terreur d’extrême droite soit prise en sérieux ? ».

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