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Coronavirus en Italie: les mesures prises pour contenir l'épidémie

Une femme sur la Piazza del Duomo, dans le centre de Milan, porte un masque de protection contre l'épidémie du coronavirus, le 24 février 2020.
Une femme sur la Piazza del Duomo, dans le centre de Milan, porte un masque de protection contre l'épidémie du coronavirus, le 24 février 2020. ANDREAS SOLARO / AFP

L’Italie est l'un des pays les plus touchés par le coronavirus avec la Chine, l'Iran et la Corée du Sud. Dans le nord de l’Italie, le nombre de personnes diagnostiquées a bondi depuis le 21 février, atteignant 231 cas et 7 morts. Plusieurs villes du Nord sont actuellement confinées et les recherches se poursuivent sur les raisons de cette multiplication des cas.

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Avec notre correspondante à Rome, Anne Le Nir

Pour le moment, le patient zéro reste introuvable. Le lundi 24 février, tout au long de la journée, les médias ont parlé d’une nouvelle piste : un agriculteur de 60 ans, originaire de la province de Padoue, qui fréquentait les bars du village de Vo Euganeo, le foyer de contagion en Vénétie, et qui s’était rendu ces dernières semaines dans des bars de Codogno, le foyer en Lombardie.

Mais cet homme, qui présentait des symptômes grippaux et qui a été hospitalisé, est négatif aux tests. Donc, il ne peut pas être le lien entre les deux foyers d’épidémie de coronavirus. Le mystère sur le patient zéro reste entier.

Empêcher la propagation de l'épidémie

Le carnaval de Venise écourté, des matches de foot annulés, des écoles et des musées fermés dans le nord de l’Italie, en Vénétie, comme en Lombardie. Les autorités italiennes ont pris des mesures sans précédent pour tenter de contenir l’épidémie de coronavirus.

Onze villes ont été mises en quarantaine : tous les lieux publics (bars, restaurants, mairies, bibliothèques, écoles) sauf les pharmacies, ont fermé le 21 février. Le principal foyer se trouve autour de Codogno, une ville de 15 000 habitants, dont beaucoup travaillent aux alentours, ou à Milan, la capitale économique, à soixante kilomètres de là.

L’inquiétude de la population se double d’une inquiétude économique, comme l’explique Gaetano Josè Gasparini, journaliste italien, qui se trouve à proximité d’une des zones confinées : « Les régions qui sont concernées sont des régions qui sont le moteur économique de l’Italie. Toute la production et l’économie sont bloquées. Milan est la capitale économique du pays. À Milan, de fortes mesures ont été prises : le métro est bloqué, les moyens de transport sont bloqués. Les trains, qui sont très fréquents dans cet axe-là, car c’est un axe très important pour la production et pour l’économie du pays, ne s’arrêtent plus dans certaines gares où il y a les villes les plus touchées par la contagion du coronavirus ».

Alors que la Fashion Week vient de se terminer, Gaetano Josè Gasparini ne nie pas l’impact du coronavirus sur l’économie italienne. « On sait très bien le poids que pouvait avoir le pouvoir d’achat des Chinois en Italie en ce qui concerne surtout le luxe, dit-il. Milan est une ville qui mise beaucoup sur ce secteur-là et donc la Bourse de Milan est en pleine chute. L’achat de l’or est en train d’augmenter comme dans les situations de guerre les plus délicates. »

Des villes au ralenti

L'Italie propose une réunion des ministres de la Santé des pays frontaliers de la péninsule pour déterminer « des lignes d'action communes » face à l'épidémie de coronavirus. Onze villes du Nord sont confinées, Milan n'en fait pas partie, mais le Dôme reste fermé ce 25 février.

« Aujourd'hui, il n'y a pas d'étudiant à l'université, témoigneFrancesco Daveri, professeur d'économie à l’université Bocconi. On leur a dit de ne pas venir. J’ai essayé de faire en sorte qu'ils puissent avancer dans les programmes grâce aux technologies dont nous disposons. Donc, nos enseignants ont fait des cours ce matin, et les jeunes se sont connectés de chez eux et ont ainsi pu suivre les cours. »

Pour le professeur d’économie, une situation d’urgence a été déclarée, mais les Italiens s’organisent pour continuer à vivre normalement. « En réalité, il y a toujours des gens dans la rue, il y a toujours des voitures, car les gens vont également au travail. Je ne dirais pas que la ville est à l'arrêt. Bien sûr, c'est frappant quand on voit que les avenues autour de l'université sont vides, car il y a moins de trafic. »

Francesco Daveri précise que la population est plus prudente, que certains misent sur le télétravail et évitent les réunions avec beaucoup de personnes. « Mais ce n’est pas vraiment parce qu'on pense que le risque est élevé, mais parce qu'il vaut mieux ne pas prendre de risque inutile. »

L’impact sur l’économie du pays

Même si la Lombardie et la Vénétie ne sont pas totalement paralysées, les mesures prises par le gouvernement pour freiner la propagation du virus ont un impact très important sur ces moteurs économiques du pays.

Dans ces régions, qui comptent 15 millions d’habitants au total et représentent, à elles seules, 30% du PIB et 40% des exportations, les entreprises, notamment dans le secteur des services, du design et de la mode, fonctionnement au ralenti.

Des salons, comme celui du Mido à Milan, le plus grand rendez-vous international de la lunetterie, sont annulés. Idem pour les événements culturels et sportifs. Les écoles, les lycées, les universités, les théâtres, les musées, les cinémas, les discothèques sont fermés. Les bars ne sont ouverts que de 6h à 18h. On ne peut pas encore chiffrer toutes les pertes, d’autant que ces mesures initialement prévues pour deux semaines pourraient être prolongées. Mais la fédération des hôteliers a annoncé que le tourisme a déjà chuté de 30%, soit une perte de 5 milliards d'euros.

Le secteur du tourisme n’est pas épargné

Francesco Daveri n'est pas alarmiste sur les conséquences à long terme, mais l'épidémie de coronavirus aura un effet sur l'économie italienne, en particulier dans le secteur du tourisme : « Le nombre de touristes à Venise, par exemple, a considérablement diminué. Certains chiffres indiquent que la fréquentation à cette période de l'année a été divisée par plus de deux par rapport à la fréquentation habituelle. Cela crée de grosses difficultés pour les hôtels, les restaurants, pour les transports aériens, pour les bateaux et aussi pour le "Made in Italy" ».

« Les conséquences sur le marché intérieur seront plus limitées, estime Francesco Daveri, par exemple, avec la fermeture des universités, les bars vendront un peu moins et les supermarchés un peu plus. L'effet sera donc moins important que celui lié à la faible affluence des touristes étrangers ».

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