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Dmitri Iazov, dernier maréchal d’URSS et «putschiste» de l’été 91

Vladimir Poutine et le dernier maréchal de l'Union soviétique et ancien ministre de la Défense, Dmitri Iazov, en novembre 2014.
Vladimir Poutine et le dernier maréchal de l'Union soviétique et ancien ministre de la Défense, Dmitri Iazov, en novembre 2014. Alexey DRUZHININ / SPUTNIK / AFP

Le dernier maréchal d’URSS Dmitri Iazov est décédé ce mardi à l’âge de 95 ans. Ministre de la Défense de 1987 à 1991, il est resté dans l’histoire pour avoir participé au coup d’État manqué contre Mikhaïl Gorbatchev, quelques mois avant l’implosion de l’URSS.

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Il voulait sauver l’Union soviétique, il en a précipité la chute. En août 1991, Dmitri Iazov fait partie du petit groupe de responsables qui décident de renverser Mikhaïl Gorbatchev . Devenus hostiles à la perestroïka, et inquiets pour l’avenir de l’URSS, ils font encercler la villa du numéro 1 soviétique alors qu’il se trouve en vacances en Crimée. Ils proclament l’état d’urgence et font entrer les chars de l’armée rouge à Moscou mais le coup d’État échoue en quelques jours, et les putschistes sont arrêtés.

Paradoxalement, le putsch manqué va précipiter la chute de l’URSS, et permettre à Boris Eltsine de prendre le pouvoir en Russie. Dmitri Iazov est incarcéré, mais il est très vite amnistié, en 1994. Il peut même, par la suite, occuper des fonctions de conseiller au sein de l’armée russe.

Événements meurtriers

Son nom restera dans les livres d’histoire pour son rôle dans ce coup d’État manqué, mais également pour deux autres évènements tragiques : la répression meurtrière exercée en janvier 1990 en Azerbaïdjan (plus de 140 morts), puis en Lituanie en 1991 (14 morts et plus de 700 blessés).

En 2019, Dmitri Iazov a d’ailleurs été condamné à dix ans de prison par contumace par la justice lituanienne. La condamnation a suscité de vives critiques à Moscou, qui y voyait le signe de la « russophobie » exacerbée des anciens pays soviétiques.

Hommages appuyés

Malgré le rôle joué par Dmitri Iazov dans le putsch manqué d’août 1991, le pouvoir russe n’a cessé de lui rendre hommage ces dernières années, Vladimir Poutine l’a même rencontré et décoré à plusieurs reprises.

Dans un message rendu public sur le site du Kremlin, le président russe rend hommage à un soldat « d’un courage et d’une force mentale inégalés ». « Sa loyauté d’officier et ses qualités personnelles lui ont valu respect et autorité », affirme également le président russe, qui ne mentionne à aucun moment les évènements de l’été 1991.

Ces dernières années, le pouvoir et les médias publics russes minimisaient ou occultaient son rôle dans le putsch manqué, et insistaient sur ses états de service durant les années de guerre froide, et surtout lors de la Seconde Guerre mondiale.

Âgé de 17 ans en 1942, Dmitri Iazov affirmait avoir menti sur son âge pour pouvoir rejoindre le combat contre l’Allemagne nazie. Le dernier maréchal d’Union soviétique sera sans doute enterré avec les honneurs, dans un cimetière militaire de la région de Moscou.

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