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Salon de l’Agriculture: le futur budget de la PAC inquiète les agriculteurs

La Roumanie possède le plus grand nombre de propriétés agricoles en Europe. Comme sept autres pays européens, Bucarest demande  le maintien du budget actuel de la PAC.
La Roumanie possède le plus grand nombre de propriétés agricoles en Europe. Comme sept autres pays européens, Bucarest demande le maintien du budget actuel de la PAC. WikiAgri

Le 57e salon international de l'Agriculture bat son plein à Paris jusqu'au 1er mars. Le monde agricole est inquiet après l'échec du sommet européen la semaine dernière. Les Vingt-Sept se sont quittés sans avoir pu s'accorder sur un nouveau budget, y compris dans le volet agricole qui pourrait être drastiquement raboté.

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Ils n'ont pas trouvé de compromis ni sur le niveau global du budget ni sur la répartition des dépenses. Quatre gros dossiers sont concernés : le numérique, la défense, les migrations, et surtout l'agriculture, ce qu'on appelle la PAC, politique agricole commune. L'idée du conseil européen est de baisser son enveloppe de 14%, à 329 milliards d'euros sur les sept prochaines années.

Le monde agricole vent debout

Impossible de tenir avec de telles réductions, estime Philippe Dubief, un céréalier bourguignon et président de l’association Passion céréales : « Si nous n’avons pas à maintenir le budget, cela signifiera automatiquement moins d’aide pour nos agriculteurs. Reste la répartition des fonds entre les deux piliers. Et là encore nous sommes très inquiets parce que cette contribution supplémentaire qui est demandée aux Etats n’est aujourd’hui pas forcément partagée par tous. »

Pour Jérôme Volle, vice-président de la FNSEA, le principal syndical agricole français, la réduction de la PAC serait même une catastrophe pour l'agriculture tricolore : « La France en perdrait presque 1 milliards d’euros annuel, si jamais il devait y avoir une baisse de budget. Pour nous cela veut dire que notre pays se trouverait dans une position catastrophique. Ce n’est pas une question de revenu contre environnement. La question est qu’on aura perdu le budget. On le défend parce que l’on considère que plus on aura de budget, plus on accompagnera l’agriculture tant sur le plan du revenu, mais aussi sur la capacité d’agir sur l’environnement et la capacité à respecter les normes environnementales européennes. »

Plus de flexibilité entre deux piliers de la PAC ?

La politique agricole commune repose sur deux piliers. Le premier concerne les aides directes aux exploitations. Le second est consacré au développement rural. Il vise notamment l’amélioration de la compétitivité de l’agriculture et la protection de l’environnement. Pour apaiser les débats, le Conseil européen a proposé plus de flexibilité entre ces piliers et plus de cofinancement par les Etats membres. Ce à quoi s'oppose fermement la principale fédération européenne de syndicats agricoles. Pekka Pesonen, secrétaire général du Copa-Cogéca qui représente 23 millions d'agriculteurs et 22 000 coopératives l’explique : « Nous ne sommes pas favorables aux transferts de paiements du premier vers le second pilier si ces transferts ne sont pas accompagnés du cofinancement de la part des Etats membres. Le problème c'est que de nombreux pays n'ont pas cet argent. Alors, les agriculteurs vont perdre une partie de leurs revenus, mais leur perte ne sera pas compensée. Au final, la flexibilité entre les deux piliers ne profite pas aux agriculteurs par ce que la plupart du temps les conditions de compensation sont pas remplies. »

Les pays d’Europe centrale veulent l’égalité dans les aides directes

Pour le moment, aucune nouvelle date n'a été fixée pour débattre du budget européen, et donc du volet agricole. Ce qui inquiète d'ailleurs huit pays d'Europe centrale. La Bulgarie, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lituanie, la Lettonie, la Roumanie et la Pologne ont signé à Varsovie une déclaration commune. Ils demandent le maintien du budget actuel de la PAC et souhaitent une convergence des aides aux agriculteurs dans les différents pays de l'UE. « Face aux défis climatiques et les contraintes technologiques communes, les différences importantes dans les aides entre les Etats membres sont de moins en moins justifiées », font-ils remarquer.

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