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Coronavirus: face à l’épidémie, Merkel prête à revenir sur la règle du zéro déficit

De gauche à droite: Lothar Wieler, président de l'Institut Robert-Koch, Jens Spahn, ministre de la Santé allemand, et Angela Merkel, chancelière allemande, le 11 mars 2020.
De gauche à droite: Lothar Wieler, président de l'Institut Robert-Koch, Jens Spahn, ministre de la Santé allemand, et Angela Merkel, chancelière allemande, le 11 mars 2020. Michele Tantussi/Reuters

Pour faire face à l’épidémie de coronavirus qui a contaminé près de 1 500 personnes et déjà coûté la vie à trois victimes en Allemagne, Angela Merkel a déclaré mercredi 11 mars que le gouvernement est prêt à « faire ce qui doit être fait », comme revenir sur la règle du zéro déficit public.

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Avec notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

« Aucune apparition, aucun discours, aucun leadership » : ce sont les mots employés par le quotidien populaire Bild, guère tendre quand il s’agissait de décrire Angela Merkel face à l’épidémie de coronavirus. La chancelière ne s’était pas exposée en première ligne sur ce dossier jusqu’à ce mercredi 11 mars. Dans la matinée, elle s’est exprimée lors d’une conférence de presse commune avec le ministre de la Santé, Jens Spahn, et avec le président de l’Institut Robert-Koch, Lothar Wieler. Une prestation destinée à rassurer la population et les entreprises en difficulté, quitte à remettre en cause la stricte discipline budgétaire.

Un dogme remis en cause face à « une situation exceptionnelle »

Durant cette conférence de presse, la chancelière a tenu un discours fort. Elle se dit prête à revenir sur la sacro-sainte règle du zéro déficit public afin de lutter contre l’épidémie de Covid-19 : « Nous faisons ce qui est nécessaire. Nous n’allons pas nous demander tous les jours ce que ça signifie pour notre déficit. C’est une situation exceptionnelle. Et nous ferons ce qui doit être fait, et l’Allemagne a des réserves pour cela. Notre principe constitutionnel sur l’équilibre budgétaire prévoit des assouplissements dans des situations de crise. Cela vaut aussi pour le pacte de stabilité européen. »

En remettant provisoirement en cause la stricte discipline budgétaire, si importante en Allemagne d’ordinaire et surtout pour les chrétiens-démocrates, Angela Merkel ébranle un dogme. Dans la matinée du 11 mars, des économistes de renom ont aussi plaidé pour un assouplissement budgétaire, des baisses d’impôts et des prises de participation de l’État, le cas échéant, dans des entreprises en difficulté. Ces experts tablent désormais sur une récession en Allemagne au premier semestre.

Le gouvernement allemand a adopté des mesures d’urgence pour soutenir les entreprises en difficulté en assouplissant les règles du chômage partiel et en leur procurant des liquidités. Certaines n’obtiennent plus les pièces détachées nécessaires à leur production. D’autres voient leur chiffre d’affaires s’effondrer surtout dans le tourisme, l’hôtellerie et l’organisation de foires. Autant de coups durs que le gouvernement espère atténuer en envisageant sérieusement de revenir sur l’un de ses principes en économie.

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