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Coronavirus: l'Union européenne regrette la décision «unilatérale» de Donald Trump

Le président du Conseil européen Charles Michel, lors d'une conférence téléphonique avec les dirigeants de l'Union européenne, le 10 mars 2020.
Le président du Conseil européen Charles Michel, lors d'une conférence téléphonique avec les dirigeants de l'Union européenne, le 10 mars 2020. Stephanie Leqocq/Pool via REUTERS

L'Union européenne a été réveillée par l'annonce fracassante de Donald Trump d'interdire l'entrée du sol américain aux ressortissants de 26 pays de l'UE pour un mois. Entre désapprobation et surprise, les Européens ont annoncé préparer leur réponse et viennent de communiquer leur désaccord.

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De notre correspondant à Bruxelles, Pierre Bénazet

Le président du Conseil européen et la présidente de la Commission, Charles Michel et Ursula von der Leyen se sont fendus en fin de matinée d’un communiqué lapidaire pour exprimer leur désapprobation devant cette décision des États-Unis et dire que la crise du coronavirus est mondiale, ne se limite pas à un seul continent et requiert la coopération plutôt que des actions unilatérales.

La réaction a d’abord été celle de la surprise, car la décision n’a pas été annoncée selon les usages par les canaux diplomatiques, à part pour certains pays de manière individuelle. « Une décision unilatérale et sans consultation », affirme le communiqué.

« Nous ne pensons pas que c'est ce qu'il faut faire », a réagi sur la BBC le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak. « D'après les conseils que nous recevons, il n'est pas prouvé que des interventions telles que des interdictions de voyager aient un effet matériel », a-t-il ajouté.

On rentrera dimanche, à moins qu’il n’y ait de nouvelles interdictions d’ici-là ! Je peux comprendre la décision de Donald Trump, mais elle a été prise apparemment sans concertation avec les autres pays, ni avec les compagnies aériennes, ça a été fait sans réelle planification. Tout le monde a été surpris, ça n’était pas bien préparé, et c’est finalement très inconfortable.

À Roissy, les touristes américains cherchent à rentrer chez eux, un reportage de David Baché

Donald Trump « agit comme il le fait d’habitude, en méprisant tout à fait ses alliés », analysait sur notre antenne Pascal Boniface, directeur de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). « On va permettre aux Américains qui sont en Europe de rentrer, on ne permettra pas aux Européens de venir. Ce type de discriminations, en termes de santé publique, n’a pas de sens. Notons enfin que les Britanniques sont, comme si le Brexit avait immunisé le Royaume-Uni du coronavirus, eux, autorisés à venir. Donc, on voit qu’il fait de la politique. Il fait de la communication. Il ne fait pas de la protection sanitaire. »

Pourquoi la zone Schengen ?

Quelle est la logique, en effet, d’une telle décision qui ne concerne que les 26 pays de la zone Schengen, c’est-à-dire 22 pays de l’UE plus l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse ? Non seulement six pays de l’Union ne sont pas concernés mais, en outre, la mesure ne s’applique pas aux autres pays du continent comme si le coronavirus n’était pas capable de traverser les frontières de la zone Schengen.

Les dispositions prises par Donald Trump concernant l'entrée aux États-Unis des personnes

Pendant les trente prochains jours, l’entrée aux États-Unis de voyageurs ayant récemment séjourné en Europe est interdite. Elle s’applique à toute personne ayant séjourné dans l’espace Schengen au cours des 14 jours précédant son arrivée prévue sur le sol américain.

Exceptions : les citoyens américains et les personnes bénéficiant d’un titre de résidence aux États-Unis, ainsi que les parents de citoyens américains.

La mesure entrera en vigueur à minuit ce vendredi 13 mars, heure de Washington.

Le président du Conseil européen s’est d’ailleurs élevé contre l’accusation de laxisme de Donald Trump, et a affirmé que toutes les mesures avaient été prises en Europe.

Inquiétude sur les conséquences économiques

C’est évidemment surtout l’inquiétude pour l’économie qui domine. « Il faut éviter les répercussions économiques », selon Charles Michel. Les marchés financiers, le tourisme et le transport aérien, déjà fragilisés, seront les premiers touchés. Mais cette décision est de mauvais augure pour la suite des relations avec les États-Unis. Des négociations sont toujours en cours pour un accord commercial transatlantique, sur fond de menaces de droits de douane contre les avions et les automobiles fabriqués en Europe.

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