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Coronavirus: Madrid annonce l'état d'alerte

Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, en visioconférence avec ses ministres, le 13 mars 2020.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, en visioconférence avec ses ministres, le 13 mars 2020. Moncloa Palace/Handout via REUTERS

Après avoir hésité, le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez a finalement sorti l’article 116.2 de la Constitution qui permet, en cas de catastrophe ou de crise sanitaire, d’activer des mécanismes d’exceptions, notamment la limitation des mouvements et plusieurs garanties. Avec 132 morts et plus de 5 100 cas de contamination, l'Espagne est le deuxième pays européen le plus touché après l'Italie qui compte déjà 1 266 morts.

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Avec notre correspondant à MadridFrançois Mussseau

L’air solennel, aux accents quasi-dramatiques, Pedro Sanchez a lancé un message de fermeté totale à l’adresse des Espagnols. Si nous voulons ensemble battre ce virus, nous allons devoir être très unis, très responsables et obéissants, a-t-il affirmé. 

Un conseil des ministres extraordinaire adoptera, ce samedi, un décret plaçant l'Espagne en « état d'alerte pour une période de quinze jours », a annoncé le Premier ministre, dans cette courte allocution télévisée.

L’état d’alerte décrété par le chef du gouvernement espagnol suppose que les gens doivent rester chez eux, sauf extrême nécessité. Il suppose aussi que les seuls commerces ouverts soient les pharmacies, les kiosques et les supermarchés. Enfin, cela suppose aussi que l’État garantisse l’acheminement des vivres depuis le lieu de production jusqu’au lieu de distribution.

L’armée est mobilisée

Tout citoyen peut être arrêté s’il se déplace de façon injustifiée. Pas tant pour se protéger soi que pour protéger les autres personnes via des rassemblements dans les lieux publics. Interdit notamment l’accès aux jardins et aux parcs publics. Et d’une manière générale, les déplacements doivent être exceptionnels afin de réduire le risque de la contagion du coronavirus. Et afin que toutes ces mesures soient scrupuleusement respectées, l’armée a été pleinement mobilisée dans la lutte contre le coronavirus.

Métro, avions, trains de banlieue ou de longue distance sont maintenus, mais jamais avec plus de 50% d’occupation afin de permettre la distance nécessaire entre les passagers.

Dans la classe politique espagnole, plusieurs personnalités sont contaminées par le virus, la ministre de l’Égalité, le vice-président Pablo Iglesias, la vice-présidente du Parlement, ainsi que l’épouse du chef du gouvernement Begoña Gomez.

Les formations de droite, VOX, Parti populaire et Ciudadanos ont approuvé la décision du gouvernement socialiste, en lui reprochant toutefois de ne pas avoir agi de la sorte plus tôt. Quant au Pays basque, il a décrété l’alerte sanitaire. Les séparatistes de Catalogne ont eux ordonné le confinement de leur région en exigeant l’aide de l’État espagnol.

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