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Coronavirus: arrêt de toute activité «non essentielle» en Espagne pour deux semaines

Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez préside une réunion de cabinet par vidéoconférence, le 29 mars 2020 à Madrid.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez préside une réunion de cabinet par vidéoconférence, le 29 mars 2020 à Madrid. Moncloa Palace/J.M Cuadrado/Handout via REUTERS

À compter de ce lundi et jusqu’au 9 avril, au minimum, l’Espagne va être presque complètement à l’arrêt sur le plan économique, afin d'endiguer la progression de l'épidémie de coronavirus.

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En vertu d’un nouveau décret-loi du gouvernement de Pedro Sanchez, qui renouvelle et accentue l’état d’urgence décrété il y a 15 jours, l’exécutif prohibe les activités considérées comme non-essentielles à compter de ce lundi. 

Cela ne concernera donc pas les secteurs de l'alimentation – aussi bien la production que la distribution – et de la santé, les transports publics, les médias, les banques et une partie de l’administration. Pour le reste, en revanche, c’en est fini pour le moment, ce qui fait que l’immense majorité des entreprises vont cesser de fonctionner.

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Le gouvernement oblige aussi ces dernières à n'avoir recours au chômage technique que lorsque cela est indispensable et à rétribuer tous leurs employés. Si cette mesure draconienne est plutôt bien accueillie par les centrales des travailleurs, ce n’est pas le cas des organisations patronales, qui estiment que le pays pourrait ne pas se relever de ce durcissement d’un point de vue économique.

Appel à la grève chez Airbus

L'annonce du chef de l'Etat tombe alors que l’activité avait tout juste repris, il y a pile une semaine, dans les usines d’Airbus. Reprise partielle en France et en Espagne, mais dans la péninsule ibérique, la CGT espagnole appelle à une grève à durée indéterminée à partir de ce lundi. « Fabriquer des avions n’est pas essentiel pour le moment », « les travailleurs ne doivent pas mettre leur vie en danger pour les bénéfices d’une entreprise ».  

La fédération métallurgique de la CGT espagnole demande aux plus de 3000 salariés d’Airbus dans le pays de ne plus se rendre au travail. Selon ce syndicat, les conditions de protection ne sont pas réunies sur les sites de production. « On y travaille comme s’il s’agissait d’un jour normal », s’indigne Miguel Fadrique, secrétaire général de la CGT espagnole du secteur, qui recensait il y a quelques jours près de 140 cas de coronavirus parmi les salariés.

Le syndicat pointe le manque d’équipements biosanitaires et de protections individuelles, alors que des usines comme celle de Getafe, voient défiler quotidiennement plusieurs milliers de personnes. Sollicitée par RFI, la direction du groupe n’a pas souhaité réagir. L’appel à la grève, illimitée, n’est pas commun à tous les syndicats et ne concerne que les usines espagnoles d’Airbus.

Le pic de l'épidémie en vue ?

« Nous vivons les heures les plus dures et le plus amères », a déclaré le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez. Un Pedro Sanchez qui justifie ce tour de vis de par le rythme très élevé de la contagion du coronavirus, un rythme de décès et de gens contaminés qui ne cesse d’augmenter ces derniers jours.

Avec 838 morts supplémentaires en 24 heures, le macabre bilan de la pandémie dans le pays atteignait ce dimanche 6 528 morts, selon les chiffres publiés par le ministère de la Santé.

L’obsession est de parvenir à ce qu’on appelle le « pico », c’est-à-dire le stade à partir duquel la courbe de la propagation du virus ne peut que s’infléchir. Pour l’heure, ce ne serait le cas que dans seulement sept des dix-sept régions espagnoles.

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