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Coronavirus: l’état du monde face à la pandémie le mardi 31 mars

Une partie du personnel soignant d'un hôpital de Madrid remercie les personnes qui les applaudissent de leur balcon chaque jour. Le 30 mars 2020.
Une partie du personnel soignant d'un hôpital de Madrid remercie les personnes qui les applaudissent de leur balcon chaque jour. Le 30 mars 2020. REUTERS/Sergio Perez

Alors que la France manque toujours cruellement de masques, le président Emmanuel Macron promet un triplement de la production d’ici deux semaines. En Belgique, une fillette de 12 ans est morte, alors que l’Espagne comme le Royaume-Uni n'ont jamais eu autant de morts en l'espace d'une journée. Selon l’AFP, le coronavirus a tué plus de 38 000 personnes dans le monde.

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  • En France, Emmanuel Macron promet de produire plus de masques

Emmanuel Macron annonce le triplement de la capacité de production de masques d'ici fin avril, soit « plus de dix millions » par semaine. Dans des hôpitaux saturés, les soignants ne cessent de déplorer le manque de protections. Les besoins en masques sont évalués par l'Élysée à 40 millions par semaine pour le personnel soignant et les Ehpad (Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes). Le président a également promis 10 000 respirateurs supplémentaires d'ici mi-mai.

L’aéroport d’Orly, frappé par l’effondrement du trafic aérien, accueille ce mardi soir ses derniers vols commerciaux (dix mouvements d’avions, mille passagers). Avec la fermeture des portes à 23h59, les quelques compagnies qui y opéraient encore sont transférées sur l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle.

Un premier décès lié au Covid-19 a été enregistré à Mayotte, qui compte 94 cas avérés. L’avion présidentiel a atterri ce mardi avec trois tonnes de matériels pour l’unique centre hospitalier de ce territoire de l'océan Indien, considéré comme le plus grand désert médical de France : « Seulement 28 médecins libéraux », selon le sénateur Thani Mohamed Soilihi (pour plus de 256 000 habitants recensés, 400 000 selon certains politiques si l'on compte la population clandestine).

À lire aussi : L'Afrique face à la pandémie de coronavirus mardi 31 mars

Selon le dernier bilan, 499 patients sont morts du coronavirus dans les hôpitaux français ces 24 dernières heures, soit une nouvelle hausse record depuis le début de l'épidémie, qui porte le bilan total à 3 523 morts, a annoncé ce mardi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. Le nombre total de personnes hospitalisées est désormais proche de 22 800, soit une hausse de 1 749 depuis lundi. Parmi elles, un nouveau très fort afflux de cas lourds en réanimation (+457) où sont admis à ce jour 5 564 patients, a-t-il précisé.

  • Une minute de silence en Italie

Toutes les communes de la péninsule ont observé une minute de silence ce mardi midi, avec mise en berne du drapeau tricolore en « souvenir des victimes du coronavirus » et en hommage aux professionnels de santé. En signe de solidarité, le Vatican a, lui aussi, mis ses drapeaux en berne.

Plusieurs grandes chaînes de supermarchés ont, de leur côté, annoncé qu’elles mettaient en place une réduction de 10% pour les plus pauvres – leur situation est encore plus compliquée du fait de la pandémie. La demande avait été faite samedi par le président du Conseil lors du lancement de bons alimentaires, financés à hauteur de 400 millions d’euros par l'État. Selon le principal syndicat agricole italien, 500 000 personnes supplémentaires ont besoin d'aide pour manger.

  • Record de décès en 24 heures en Espagne

En Espagne, le gouvernement annonce toute une série de mesures sociales destinées à amortir l'impact de la pandémie, notamment la suspension des expulsions de locataires et des aides pour les travailleurs précaires.

Cette annonce a été faite alors que le nombre de morts dans le pays en une journée n’a jamais été aussi important : 849 décès. Au total 8 189 personnes ont succombé à la maladie dans le pays, le deuxième dans le monde à enregistrer le plus de décès derrière l'Italie. Et la progression des nouveaux cas confirmés (9 222 en 24 heures, pour atteindre 94 417) a de nouveau accéléré et atteint, elle aussi, un nouveau record.

  • 1 789 morts au total au Royaume-Uni

Record aussi au Royaume-Uni, où 381 personnes sont mortes ce mardi du coronavirus, soit 1 789 décès depuis le début de la pandémie. Le nombre de malades officiellement recensés atteint 25 150, soit une augmentation de plus de 3 000. Parmi les personnes ayant succombé à la maladie figure un adolescent de 13 ans. Selon sa famille, il n'avait pas de pathologie sous-jacente. Il s'agit de la plus jeune victime du Covid-19 connue au Royaume-Uni.

Mais c'est en Belgique qu'a été recensée la plus jeune victime dans un pays européen. Il s'agit d'une adolescente de 12 ans. « C'est un événement très rare, mais qui nous bouleverse », ont réagi les autorités sanitaires. C'est la première fois qu'est rapporté le décès d'un enfant en Belgique où, selon les chiffres officiels, 705 personnes sont mortes des suites du coronavirus.

En Grèce, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis appelle les membres de son gouvernement et les députés de sa majorité à verser la moitié de leurs salaires pour combattre la pandémie. Le parti d'opposition de gauche Syriza a estimé que cette contribution devait être obligatoire et étendue aux députés européens, et dans le secteur public aux postes gouvernementaux et juridiques.

  • Masques obligatoires dans les supermarchés en Autriche

Les Autrichiens qui vont faire leurs courses, l’une des rares sorties autorisées, vont, à compter de ce mercredi 1er avril, se voir distribuer des masques à l’entrée, rapporte notre correspondante à Vienne, Isaure Hiace. Ils devront les porter dans les supermarchés désormais. Ces masques chirurgicaux permettent de ne pas contaminer les autres, a expliqué le chancelier autrichien. « Ce serait une erreur de penser que de tels masques protègent le porteur. Mais ils permettent de rendre la transmission par l’air moins aisée. Cela ne fait pas partie de notre culture et ce sera un grand changement. Mais il est nécessaire de faire ce pas pour réduire encore davantage la propagation », a expliqué Sebastian Kurz.

Le gouvernement aimerait, à l’avenir, étendre l’obligation de porter un masque à d’autres situations où les personnes sont en contact, dans les transports en commun par exemple. Un renforcement nécessaire des mesures de protection car cette crise va être longue et difficile avertit Sebastian Kurz.

  • Le médecin-chef de l'hôpital de Moscou infecté

À Moscou, le médecin-chef du principal hôpital traitant les malades du coronavirus a annoncé qu’il était infecté. Il avait accueilli Vladimir Poutine dans son établissement la semaine dernière. Mais le Kremlin a indiqué n'avoir aucune inquiétude pour le président russe : « Vladimir Poutine est régulièrement testé. Tout est normal ».

Par ailleurs, les députés russes ont adopté un projet de loi prévoyant jusqu'à cinq ans de prison pour la diffusion de fausses informations sur le coronavirus. Des peines renforcées sont également prévues contre ceux qui ne respectent pas le confinement, mis en place lundi à Moscou et dans une douzaine de régions de Russie.

  • La Pologne durcit ses mesures

La Pologne durcit les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus : fermeture des parcs, des plages et de certains commerces comme les hôtels, les magasins de produits cosmétiques ou de location de vélos. Il est strictement interdit de sortir, et les Polonais doivent obligatoirement télécharger l’application mobile via laquelle les services de police surveillent qu’ils restent bien cloîtrés chez eux, rapporte notre correspondant à Varsovie, Thomas Giraudeau

Les rassemblements de plus de deux personnes, excepté les messes, sont déjà interdits. Un mineur ne peut désormais plus sortir seul, et il faut se tenir à au moins deux mètres les uns des autres. 

Les supermarchés doivent obligatoirement proposer des gants à l’entrée, et les clients les enfiler avant de toucher le moindre produit. Le nombre d’acheteurs a également été limité à trois par caisse, et de 10 heures à midi, tous les jours, seules les personnes âgées pourront faire leurs courses ou aller à la pharmacie. 

  • L'UE craint des mesures à l'encontre des principes démocratiques

Les mesures d'urgence prises pour lutter contre la propagation du coronavirus par les États membres de l'Union européenne ne peuvent aller à l'encontre des principes démocratiques, a averti ce mardi la Commission européenne. « Les mesures d'urgence doivent être strictement proportionnées. Elles ne doivent pas durer indéfiniment », a souligné la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ajoutant que « les gouvernements doivent veiller à ce que ces mesures soient soumises à un contrôle régulier ». Lundi, le Parlement hongrois avait autorisé le Premier ministre Viktor Orban à gouverner par décret et sans limite dans le temps.

  • Les plus grands hôpitaux d'Europe s'inquiètent d'une pénurie de médicaments

Une pénurie de médicament pour les malades graves du Covid-19 est quasi imminente si l’on en croit des médecins des neuf plus grands hôpitaux d’Europe. Ce mardi, ces professionnels de santé ont adressé un courrier à leurs gouvernements respectifs, les appelant à prendre des mesures d’urgence face à une pénurie annoncée.

Les signataires de cet appel sont des médecins et des directeurs d’établissements membres de l’Alliance européenne des hôpitaux universitaires, parmi lesquels l’Assistance publique des hôpitaux publics de Paris. Selon les auteurs, si les pays européens ne se mettent pas ensemble pour assurer l’approvisionnement en continu de médicaments, il ne sera bientôt plus possible d’assurer les soins intensifs nécessaires pour les malades du Covid-19 qui sont en réanimation.

En effet, les stocks de médicaments sont en tension dans ces services et baissent de manière drastique. Les hôpitaux les mieux lotis disposent de deux semaines de marge de manœuvre. Pour les autres, il est question de quelques jours seulement avant une rupture totale de médicaments essentiels pour les soins en réanimation. 

  • Toujours pas de confinement en Indonésie mais un état d’urgence

Le président indonésien Joko Widodo déclare l’état d’urgence ce mardi, mais refuse toujours d’imposer un confinement généralisé à la quatrième population du monde (260 millions d’habitants). « On ne peut pas appliquer les mêmes mesures dans tous les pays », affirme Joko Widodo, et le confinement généralisé n'est pas réaliste pour l'Indonésie : trop étendue, avec ses 5 000 km de large, trop dispersée avec ses centaines d'îles, et trop fragile économiquement, car l'essentiel de la population vit du commerce informel. Mettre le territoire sous cloche, ce serait condamner à la banqueroute les couches les plus pauvres de la population.

Mais la semaine dernière, le syndicat des médecins avait estimé que la stratégie de distanciation sociale du gouvernement était un « échec », affirmant que l’épidémie était bien plus répandue que ce que laissaient penser les chiffres officiels. Et l'épidémie gagne du terrain... C'est à Jakarta, la capitale indonésienne, qui compte 30 millions d'habitants, que sont recensés la plupart des contaminations. Le patron de la région s'attend à une catastrophe sanitaire.

En Inde, les autorités recherchent les personnes passées par un centre islamique de New Delhi, qui serait l'un des principaux foyers de propagation du coronavirus dans le pays. Plusieurs milliers de personnes y sont allées pour participer à des rassemblements au mois de mars. Lundi soir et mardi, les ruelles autour du centre étaient scellées. Plus de 1 500 personnes ont été évacuées du centre, 500 présentent des symptômes de possible contamination de coronavirus, un millier ont été placées en quarantaine.

En Corée du Sud, la rentrée aura lieu finalement entre le 9 et le 20 avril (à l’origine elle était prévue début mars), et la classe sera faite en ligne. Le gouvernement a promis de fournir des outils connectés aux étudiants les plus pauvres : « Chacun devra avoir accès à internet et à un ordinateur », a déclaré le Premier ministre. L'examen d'entrée à l'université – le moment le plus important dans la vie d'un élève coréen – pourrait être, lui aussi, reporté, il est fixé pour le moment au 19 novembre. Le pays fait face à une augmentation de cas venus de l’étranger et de petits foyers d’infection.

  • 78 nouveaux cas au Japon

Au Japon, 78 nouveaux cas d'infection ont été recensés ce mardi à Tokyo. Il s'agit de la plus forte progression quotidienne enregistrée dans la capitale depuis le début de l'épidémie. Sur 2 000 personnes infectées dans l'archipel, 500 le sont à Tokyo.

Le ministre de l'Économie a estimé que la situation ne justifiait pas la mise en place de l'état d'urgence. Mais les pressions sont fortes pour que le Premier ministre impose le confinement, d'autant que le faible nombre de tests réalisés entretient les doutes sur la réalité de la propagation de l'épidémie.

  • Au Panama, sorties alternées pour les hommes et les femmes

À compter de ce mercredi et pour quinze jours, hommes et femmes ne pourront quitter leur domicile qu'à tour de rôle au Panama : le lundi, le mercredi et le vendredi pour les femmes, le mardi, le jeudi et le samedi pour les hommes – et pas plus de deux heures. Le dimanche, toute sortie est interdite. Selon le ministre de la Sécurité, « c’est moyen le plus simple » pour réduire de moitié le nombre de personnes dans les rues, après l’arrestation le week-end dernier de 2 000 personnes ayant enfreint les règles de la quarantaine « totale et obligatoire ».

Au Mexique, le gouvernement a décrété l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 30 avril pour prendre toutes les mesures nécessaires face à la crise, protéger employeurs et salariés de ses conséquences, et garantir l'approvisionnement de la population. Le gouvernement a ainsi prolongé jusque fin avril la suspension des activités non essentielles. Et le sous-secrétaire à la Santé a exhorté les Mexicains à rester chez eux, surtout les plus vulnérables.

Aux États-Unis, un juge fédéral a suspendu la décision des autorités du Texas d'inclure les avortements dans la liste des opérations non urgentes interdites pendant la pandémie. Comme d'autres États, le Texas a ordonné le report des interventions médicales non urgentes pour assurer la disponibilité des lits d'hôpitaux pour les malades du Covid-19. Mais la semaine dernière, son procureur général avait affirmé que cet ordre s'appliquait également aux IVG, sauf en cas de danger pour la vie de la patiente.

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