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Coronavirus: l'Irlande peine à suivre la stratégie de la Corée du Sud

Face à l'augmentation du nombre de cas, les autorités irlandaises ont finalement dû déclarer le confinement le 27 mars.
Face à l'augmentation du nombre de cas, les autorités irlandaises ont finalement dû déclarer le confinement le 27 mars. REUTERS/Jason Cairnduff/File Photo

Tous les pays répondent à la crise sanitaire du Covid-19 à leur manière, plus ou moins efficace. L’une des réponses les plus largement encensées, c’est la méthode sud-coréenne. À tel point que pour vanter sa propre méthode, l’Irlande a été très prompte à se comparer au pays asiatique.

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De notre correspondante à Dublin,

Le 23 mars dernier, Leo Varadkar déclarait que l’Irlande « suivait le modèle sud-coréen » pour lutter contre l’épidémie. Nous sommes au tout début de l’épidémie, et le Premier ministre a déjà pris des mesures assez fortes. Fermetures des établissements scolaires et des universités, appel à rester chez soi autant que possible… Mais il veut surtout donner un cap, une stratégie à suivre pour lutter contre le nouveau coronavirus : il prend donc exemple sur la Corée du Sud.

►À lire aussi: Corée du Sud: des stations de dépistage du Covid-19 pour automobilistes

Comme la Corée du Sud, l’Irlande souhaite à l’époque tester massivement sa population, pour éviter un confinement généralisé. Ce 23 mars, Leo Varadkar le dit clairement ; la stratégie du lockdown n’est pas privilégiée, notamment à cause des dommages économiques que cela engendre. En Corée du Sud, il n’y a pas eu de confinement massif en réponse à la pandémie.

Échec

C’était il y a deux semaines, et quinze jours au temps du coronavirus, c’est très long. Et aujourd'hui, c’est un échec. L’objectif de 10 000 à 15 000 tests par jour est encore loin d’être atteint : le système de santé peine à en mener 3 000 quotidiennement. Dernier défi en date : le manque d’agents réactifs pour les tests. Pour enrayer l’augmentation du nombre de cas - +30% tous les jours -, le confinement a dû être déclaré il y a une dizaine de jours.

Autre grosse différence avec la Corée du Sud, et cela rappelle des problématiques françaises : le port du masque. Même si ça n’est pas dans la culture irlandaise, de plus en plus de personnes en portent pour sortir, mais ici comme ailleurs, ils sont de plus en plus difficiles à trouver et même les professionnels de santé en manquent. Et il n’y a pas de recommandation nationale sur leur efficacité.

Autant de cas qu'aux États-Unis proportionnellement

La seule similitude qu’on pourrait voir avec Séoul, c’est l’accent mis sur le contact tracing, cette enquête menée pour recenser les contacts récents des personnes testées positives. L’Irlande a réquisitionné et formé des militaires pour identifier au mieux les Irlandais potentiellement infectés. Cela fait partie des recommandations de l’OMS, aux côtés d’un dépistage massif et efficace.

Pourtant, on ne compte en Irlande « que » 5 000 cas, une goutte d’eau par rapport aux 70 000 en France ou encore aux quelque 48 000 malades britanniques. Ces chiffres semblent faibles, et c’est vrai que les services de réanimation font face pour le moment. La propagation du virus a fortement ralenti avec les mesures de confinement. On enregistre aujourd’hui une hausse de 10% par jour. Mais l’Irlande est un tout petit pays de moins de 5 millions d’habitants. Proportionnellement, il y a ici autant de cas par million d’habitants qu’aux États-Unis. Et près de cinq fois plus qu’en Corée du Sud alors que l’épidémie là-bas a commencé un mois plus tôt qu’ici.


► Leo Varadkar retrouve sa blouse de médecin

Pour faire face à l'épidémie de coronavirus, les autorités sanitaires irlandaises ont lancé un vaste appel aux jeunes retraités ou aux convertis pour revenir dans les hôpitaux du pays. Quelque 70 000 personnes ont répondu à l'appel, parmi lesquelles un soignant pas comme les autres.

Le Premier ministre lui-même s'est réinscrit sur les registres du service de santé. Leo Varadkar est médecin généraliste de formation, il a exercé pendant 7 ans avant de se consacrer pleinement à la politique. En 2013, ce fils, frère et compagnon de soignant s'est retiré du registre des médecins. Depuis le début de la crise le chef du gouvernement intérimaire n’a pas manqué de paroles chaleureuses pour les professionnels de santé. Au-delà des mots, ces derniers espèrent qu’à l’issue de l’épidémie, ils verront leur salaire augmenter et des lits ouverts.

Leo Varadkar n'entame pas tout à fait une double vie. Le Premier ministre docteur assurera une garde par semaine. Et peu de risques pour lui d'être contaminé, il ne sera pas au contact de patients, mais assurera plutôt des prédiagnostics par téléphone afin de libérer des personnels soignants pour les services Covid-19. Sur le versant politique, le docteur Varadkar ne manquera pas non plus de travail. Il doit approfondir les négociations cette semaine pour former une coalition.
E.V

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