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Le choix du vote par correspondance pour la présidentielle divise en Pologne

Le président de la République Andrzej Duda (g.) et le ministre de la Santé Lukasz Szumowski.
Le président de la République Andrzej Duda (g.) et le ministre de la Santé Lukasz Szumowski. JANEK SKARZYNSKI / AFP

Malgré l’épidémie qui s’aggrave dans le pays, le parti au pouvoir tient absolument à maintenir l’élection présidentielle aux dates prévues, les 10 et 24 mai. Lundi 6 avril, la Diète, la chambre basse polonaise, a approuvé la mise en place d’un vote par correspondance.

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Avec notre correspondant à Varsovie, Thomas Giraudeau

En Pologne, tous les électeurs polonais éliront leur président par la Poste. Ce qui suscite de nombreux questionnements et polémiques.

« C’est pour protéger la santé des Polonais que nous organisons le vote par correspondance », s’est justifié lundi soir un député de la majorité à la tribune, ajoutant qu’il s’appuie sur l’exemple de la Bavière. Dans ce land allemand, certains électeurs ont en effet voté par la Poste au mois de mars. Le député ne mentionne pas, en revanche, que le scrutin a participé à la propagation de l’épidémie dans cette région.

La colère de l'opposition

Le vote par correspondance a été proposé et voté par le parti conservateur nationaliste au pouvoir Droit et Justice (PiS), qui refuse l'ajournement de ce scrutin. La loi fondamentale polonaise précise que l'élection du chef de l'État doit intervenir un jour non ouvrable, au plus tôt 100 jours et au plus tard 75 jours avant la fin du mandat du président sortant.

« Vous n’avez pas honte ! Vos actions vont causer la propagation du virus. En dépit de la logique, de l’éthique, du bon sens, vous allez envoyer des gens à la mort ! Vous n’avez aucun respect pour les électeurs. J’ai honte de siéger au Parlement aux côtés de telles personnes », s’est indigné Borys Budka, le chef du principal mouvement d’opposition, la Plateforme civique (PO).

Des facteurs, témoignant anonymement dans la presse, craignent de transmettre le virus en déposant les bulletins de vote dans les boîtes aux lettres de chaque électeur. Ces derniers devront aussi sortir de chez eux et délivrer leur bulletin à la Poste.

Mais ensuite, qui va procéder au dépouillement ? « C’est une pseudo-élection. Dans ce scrutin, il y aura des commissions électorales et personne ne se présente pour en faire partie. Donc dans ces conditions, ce n’est plus démocratique, c’est du n’importe quoi total », commente Marcin Skubiszewski, auteur d’une pétition réclamant le report du scrutin.

Faible taux de participation en vue 

Les candidats d’opposition, qui ne peuvent plus faire campagne, réclament tous le report du scrutin. Selon de récents sondages, seuls 10% des Polonais veulent aller voter le mois prochain. D’après les sondages, le président sortant Andrzej Duda l’emporterait largement dès le premier tour.

Selon les analystes, le PiS craint que le chef de l'État ne puisse pas être réélu si le scrutin devait se tenir plus tard, lorsque les conséquences de la pandémie affecteront l'économie nationale.

Le Premier ministre Mateusz Morawiecki a reconnu, lundi matin, que la Pologne s'attendait à un pic des contaminations en mai ou juin. Le dernier bilan de l'épidémie de coronavirus s'élevait en Pologne à 4413 personnes contaminées, dont 107 décès.

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