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Revue de presse des Balkans

À la Une: dans les Balkans, la crise économique après la crise sanitaire

La plage de Prapatno, en Croatie, le 11 mai 2020. Dans les Balkans, le déconfinement s'accélère, notamment pour éviter une saison touristique blanche.
La plage de Prapatno, en Croatie, le 11 mai 2020. Dans les Balkans, le déconfinement s'accélère, notamment pour éviter une saison touristique blanche. Reuters / Antonio Bronic

Une revue de presse présentée en partenariat avec Le Courrier des Balkans.

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Dans les pays des Balkans, le déconfinement s'accélère, en vue notamment du début de la saison touristique, habituellement pourvoyeuse de devises étrangères, mais qui devrait cette année être très calme. En Croatie, plus de 43 000 nouvelles personnes ont été inscrites sur la liste des demandeurs d'emplois entre le 16 mars et le 15 mai, et plus de 450 000 citoyens du petit pays pourraient être au chômage à la fin de l'année, avertissent les analystes économiques.

La situation est également très délicate au Monténégro, et les restaurateurs demandent au gouvernement de faire un geste, notamment en diminuant les loyers que les établissements installés sur la côte doivent payer à l’État. En Bulgarie, la ministre du Tourisme, Nikolina Angelkova, a appelé les vacanciers bulgares à rester cette année au pays, menaçant d'une période de quarantaine à leur retour ceux qui seraient tentés de passer les frontières grecque ou turque.

L'épidémie est-elle pour autant terminée ? C'est à la prudence qu'incitent les réflexions du politologue bulgare Ivan Krastev. L'intellectuel libéral explique qu'il est encore bien trop tôt pour tirer tous les enseignements de la crise, mais qu'un nouveau monde est en train de naître et que celui-ci signe le retour des « experts » et des États-nations.

Confinement et autoritarisme

Dans les Balkans, l'application de strictes mesures de confinement a en tout cas favorisé le durcissement autoritaire des dirigeants de la région, et accéléré la recomposition des alliances politiques. Ainsi, en Serbie, le président Aleksandar Vučić lorgne avec de plus en plus d'insistance vers son voisin hongrois Viktor Orbán. Malgré l'état d'urgence, les deux hommes ont multiplié les rencontres depuis la mi-mars et pourraient faire front commun pour résister aux exigences d'Angela Merkel.

La fin des mesures d'urgence entraîne également un sursaut des sociétés civiles des Balkans. En Grèce, des organisations de défense de l'environnement protestent contre le vote au Parlement d'une nouvelle loi autorisant la recherche d'hydrocarbures dans des zones classées Natura 2000. En Slovénie, les grandes manifestations à vélo qui dénoncent chaque vendredi depuis le 24 avril la dérive autoritaire du Premier ministre Janez Janša ont fragilisé la majorité gouvernementale. En Croatie voisine, le gouvernement a préféré convoquer les élections législatives avant la crise économique qui va se généraliser cet été.

En Albanie, c'est la destruction du Théâtre national de Tirana qui fait scandale. Construit en 1939 par l’architecte italien Giulio Berte, le bâtiment était sur la liste du patrimoine culturel en danger de l’ONG Europa Nostra. Il a été rasé par des pelleteuses dans la nuit du 17 mai et c'est désormais la colère qui éclate dans les rues de la capitale albanaise. Pour les manifestants, cette destruction est le symbole de la dérive autoritaire et clientéliste du Premier ministre Edi Rama. Sur l'emplacement du théâtre détruit, une tour devrait être construite par un oligarque proche du Parti socialiste (PS) du Premier ministre.

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