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Relance de l'UE: Merkel et Macron font front commun pour un accord en juillet

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron lors de leur conférence de presse conjointe au château de Meseberg, près de Berlin, le 29 juin 2020.
La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron lors de leur conférence de presse conjointe au château de Meseberg, près de Berlin, le 29 juin 2020. Hayoung Jeon/Pool via REUTERS

C'était leur première rencontre réelle depuis la mise en place du confinement. Angela Merkel a reçu Emmanuel Macron ce lundi dans la résidence officielle du gouvernement allemand à Meseberg, près de Berlin. À deux jours du début de la présidence allemande de l'Union européenne, les deux chefs d'État ont voulu mettre en avant leur unité, à commencer par le plan de relance économique proposé par la Commission européenne, un plan qui reprend largement l'initiative franco-allemande de la mi-mai.

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De notre correspondant à Berlin,

« Nous espérons que nous allons trouver une solution, même si le chemin est encore long. » Angela Merkel, comme son hôte Emmanuel Macron, veut que le sommet européen des 17 et 18 juillet permette de trouver un compromis sur le plan de relance de 750 milliards d’euros proposé par la commission et sur le budget à moyen terme de l’Union européenne.

Le président français comme la chancelière veulent persuader les pays dits « frugaux », – les Pays-Bas, le Danemark, la Suède et l’Autriche – qu’ils ont aussi à gagner à un accord.

Emmanuel Macron a estimé qu’ils n’avaient pas « intérêt » à bloquer le plan de relance soulignant qu’ils étaient bénéficiaires du marché unique. Le président français souhaiterait visiblement ne pas détricoter trop avant le paquet financier présenté.

Angela Merkel qui va assurer la présidence de l’Union européenne à partir de mercredi est restée fidèle à sa tradition de négociatrice évoquant des modifications du projet de la commission pour surmonter les réticences de certains pays.

Angela Merkel a aussi précisé qu’il ne serait pas nuisible que les fonds du plan de relance soit liés pour les pays bénéficiaires à des réformes. Là aussi on pouvait voir s’esquisser une des pistes d’une solution, les pays dits « frugaux » insistant sur la conditionnalité des aides.

Les attentes sont importantes. Nous savons très bien que si la France et l’Allemagne proposent un compromis un accord européen n’est pas acquis pour autant. Mais si nos deux pays divergent, l’Europe n’avance pas vraiment. Nous n’avons pas été surpris que la commission ne reprenne pas tel quel le contenu de notre proposition d’un plan de relance de 500 milliards. Le texte de Bruxelles sera lui même modifié lors des négociations à venir. Mais à l’arrivée, le fonds doit permettre de venir en aide aux pays qui risquent d’être bien plus frappés par les conséquences économiques de la pandémie. Il en va de la cohésion de l’Europe et du fonctionnement du marché unique. Bien sûr, de nombreuses résistances doivent encore être surmontées. Lier la mise en place de ce fonds à celle de réformes dans les pays bénéficiaires me paraît être une proposition intelligente pour parvenir à un accord et surmonter les divergences.

Angela Merkel lors de la conférence de presse commune avec Emmanuel Macron

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De notre envoyée spéciale à Mereberg, Anissa el-Jabri

Distanciation sociale oblige, ils se sont salués à bonne distance, mains jointes et signe de la tête : l'image de deux dirigeants au diapason. Mêmes mots, mêmes priorités sur le plan de relance européen.

Et quand on demande à Emmanuel Macron s'il doit tirer des leçons de la gestion allemande de la pandémie, la chancelière vole à son secours  : « Nous aussi travaillons sur ce que nous avons fait, ce qui était bien et ce qui était une erreur. »

La fin programmée du nucléaire ? C'est pour l'Allemagne encore beaucoup de centrales à charbon pour produire de l’électricité, mais là encore, la chancelière se montre ouverte à la proposition faite le matin même par le président d’une taxe carbone européenne :  « Nous avons besoin d’une taxe de cette nature, c'est une position commune, ça ne sera pas facile, mais nous devons essayer. »

Sauf que sur les autres dossiers internationaux abordés c'est plus compliqué. Sur la Libye notamment : « La Turquie a accru sa présence militaire en Libye et a massivement réimporté des combattants jihadistes depuis la Syrie, a fustigé le président français. C'est une responsabilité historique et criminelle pour qui  prétend être un membre de l'Otan. »

Emmanuel Macron élève encore le ton vis-à-vis d'Ankara et cette fois, il y a un vrai contraste avec le silence prudent d'Angela Merkel.

 

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