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Les avocats turcs se lèvent pour défendre leurs droits

Manifestation d'avocats à Istanbul, le 22 juin 2020.
Manifestation d'avocats à Istanbul, le 22 juin 2020. REUTERS/Murad Sezer

Le barreau d’Istanbul enjoint tous ses membres à manifester devant le palais de justice ce mardi 30 juin contre une proposition de loi qui modifierait en profondeur le fonctionnement des barreaux en Turquie. Le parti du président Recep Tayyip Erdogan devrait déposer le texte au Parlement ce mardi. De nombreux avocats y voient une nouvelle atteinte à l’indépendance de la justice.

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De notre correspondante à Istanbul,  Anne Andlauer

Les 46 000 avocats enregistrés à Istanbul sont appelés à dénoncer une proposition de loi qui vise à affaiblir l’influence des barreaux, à commencer par les plus importants – Istanbul, Ankara, Izmir – jugés trop critiques à l’égard du pouvoir. Cette loi mettrait notamment fin au système actuel des barreaux uniques – un barreau par province – pour permettre aux avocats des provinces les plus peuplées de fonder des barreaux concurrents.

« Diviser pour mieux régner, résume Ugur Altinarak, un responsable du barreau d’Istanbul. À Istanbul, par exemple, on se retrouverait avec 8 ou 9 barreaux. L’objectif est de briser la résistance des grands barreaux – qui s’opposent aux réformes du pouvoir – et de créer de nouveaux barreaux qui seront soutenus et peut-être même financés par le pouvoir. »

Depuis des années, les barreaux dénoncent la mainmise croissante du pouvoir politique sur l’appareil judiciaire via les nominations et les révocations de juges et de procureurs. Ils craignent que cette nouvelle loi n’entame davantage l’indépendance de l’institution. « Pour l’instant, dans les prétoires, rien ne distingue un avocat d’un autre car nous sommes tous liés au même barreau. Les juges rendent leur verdict en tenant compte de nos plaidoiries. Mais qui nous dit que demain, les juges ne seront pas davantage influencés par la plaidoirie d’un avocat membre d’un barreau proche du pouvoir ? Ou qu’ils ne dénigreront pas la plaidoirie d’un autre avocat ? », s'inquiète l’avocat Erdal Dogan.

L’objectif du pouvoir est de faire adopter le texte rapidement, avant les vacances parlementaires, pour que le nouveau système entre en vigueur dès les prochaines élections à la tête des barreaux, début octobre.

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