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Crise grecque

Grèce: la zone euro en effervescence, le sommet européen annulé

Ce dimanche, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé l'annulation du sommet européen qui devait se tenir en fin d'après-midi.
Ce dimanche, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé l'annulation du sommet européen qui devait se tenir en fin d'après-midi. REUTERS/Eric Vidal

Après neuf heures de négociations, les ministres des Finances de la zone euro se sont séparés, samedi soir, sans accord sur l'avenir de la Grèce. Ils ont repris leurs discussions ce matin, mais le compromis semble toujours aussi difficile à atteindre. Ainsi le sommet européen, prévu à l'issue de la réunion des dirigeants de la zone euro ce dimanche, a été annulé. A Bruxelles, on s'attend à de nouveaux débats engagés.

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Les débats des ministres des Finances de la zone euro ont repris ce dimanche mais nul n’est certain ici que la très longue pause observée cette nuit aura permis de rapprocher suffisamment les positions, souligne notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Les neuf heures de pourparlers, ce samedi, ont été très difficiles et de nombreux pays ont formulé publiquement leurs doutes sur la possibilité d’un accord.

Les propositions grecques avaient pourtant reçu une sorte de quasi aval des dirigeants des institutions UE, FMI et BCE mais elles ont été jugées insuffisantes. La délégation grecque estime rencontrer l’hostilité de plusieurs pays pour des raisons qui n’ont aucun rapport avec le contenu de propositions.

En fait, le principal point de crispation au sein de l’Eurogroupe, c’est la question de la confiance que l’on peut ou non apporter désormais au gouvernement grec, précise notre envoyé spécial à Bruxelles, Daniel Vallot. Plusieurs pays font savoir qu’ils ne croient plus dans la bonne foi des autorités grecques et craignent que le gouvernement d’Alexis Tsipras renonce à passer aux actes, et donc aux réformes, une fois qu’un éventuel plan d’aide aura été avalisé.

Sommet européen annulé

Pour résoudre ce problème de confiance, il y aurait une solution : attendre qu’Athènes adopte une première série de mesures au Parlement, par exemple sur les retraites ou sur la TVA. Une fois ces mesures adoptées, alors la zone euro pourrait décider de renflouer la Grèce une fois encore. Mais ce scénario implique d’attendre de nouveau plusieurs jours et cela, alors que l’économie grecque et surtout le système bancaire de la Grèce se trouvent au bord de la rupture.

Le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro doit s’ouvrir à 16 heures. Mais celui des Vingt-Huit, qui devait se tenir deux heures plus tard, a été annulé ce dimanche. Preuve que Bruxelles s'attend à de longues et âpres négociations.

Moscovici veut y croire

Et dans le concert des discours pessimistes, certaines voix tentent de se faire entendre. Ainsi pour le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, interrogé par RFI, « il existe globalement une base pour ouvrir des négociations sur un nouveau programme avec la Grèce, étant entendu que le gouvernement grec doit faire plus, à court et à moyen termes. Cela reste notre position et je souhaite qu’à la fin de la journée, nous ayons un accord. »

Selon le Français, parler d'un  « Grexit » serait donc bien prématuré.

Le scénario allemand d'un « Grexit »

Pourtant, la sortie de la Grèce de l'euro, on l'envisage assez sérieusement du côté de l'Allemagne, relate notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut. Wolfgang Schaüble estimait avant même le début de la rencontre des ministres des Finances de l’Eurogroupe, samedi, que les propositions grecques n’allaient pas assez loin.

Et un document de travail de son ministère a fait des vagues. L’Allemagne y évoque un « Grexit», une sortie de la Grèce de la zone euro, d’une durée de cinq ans, si le pays n’améliore pas ses propositions de réformes. Berlin évoque notamment la création d’un fonds qui ne serait pas géré par la Grèce, et dans lequel Athènes abandonnerait 50 milliards d’actifs à privatiser. Une sorte de garantie.

Une sortie de l’euro permettrait, d’après ce document, de restructurer la dette grecque, ce qui n’est pas possible juridiquement pour Berlin. Une aide humanitaire serait alors mise en place pour venir en aide au pays.

Le document a créé la polémique outre-Rhin. Des responsables socio-démocrates ont d’abord affirmé que le texte n’avait pas été discuté avec eux. Mais en toute fin de soirée, le président du parti, le vice-chancelier Sigmar Gabriel rectifiait en écrivant sur Facebook être au courant et en précisant qu’une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro ne pourrait se faire qu’avec l’accord d’Athènes.

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