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France

Le port de Marseille handicapé par ses conflits sociaux

La zone est du port autonome de Marseille.
La zone est du port autonome de Marseille. AFP/ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

Malgré sa progression de 3% en 2010 par rapport à 2009, le port de Marseille se trouve largement en-deçà de 7,7%, la moyenne de croissance des ports européens. Le port de Marseille-Fos a encore reculé d'une place l’année dernière : il est désormais le cinquième port européen derrière Rotterdam, Anvers, Hambourg et Amsterdam.

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La progression de 3% du premier port de France est le résultat d'une reprise des activités traditionnelles, notamment du trafic de marchandises diverses et de vracs solides. Ces derniers étaient pénalisés en 2009 par la crise économique.

Mais les pertes de part de marchés ne datent pas de l’an dernier. Elles sont dues à divers facteurs, en premier lieu le manque de fiabilité de cette place portuaire. « Les clients reconnaissent la qualité de l’implantation géographique du port et son intérêt. Mais ils ont de grandes inquiétudes sur sa capacité à travailler normalement car les jours de grèves sont très importants, ces grèves menacent la sérénité des trafics », explique Patric Daher, président du conseil de surveillance du port.

Le port de Marseille n’a pas pu bénéficier de la reprise mondiale, notamment à partir du second semestre. Il a vu s’accumuler à la fois les mouvements nationaux chez les dockers et les opérateurs des ports et également des conflits locaux à Marseille. Exemple : le conflit du pétrole a duré 33 jours au mois de septembre !

Bâtir un « pacte social » pour assurer la croissance

Le port prévoit pourtant une hausse de 4% du trafic pour 2011. « Pour y arriver, l'urgence est de faire aboutir la réforme portuaire en avril 2011 afin d'instaurer la fiabilité de service au port de Marseille-Fos », a souligné Jean-Claude Terrier, président du directoire du port. Il a appelé à bâtir un « pacte social » afin d'éviter de continuer à perdre des parts de marchés. Les grèves ont coûté 4 millions d'euros, sur un chiffre d'affaires total de 175 millions d'euros, selon la direction.

Pour 2011, la direction espère profiter de la reprise mondiale et française. Une des grandes priorités pour cette année sera le développement du trafic conteneurs, notamment à Fos avec l’entrée en service de deux nouveaux terminaux à la fin de l’année 2011. Autre priorité : la hausse des trafics énergétiques.

Enfin, le port de Marseille veut profiter de sa position géographique : il est le seul port méditerranéen à avoir une liaison fluviale avec une grande agglomération comme celle de Lyon. En outre, le port dispose d’espace disponible pour de nouvelles activités industrielles ou logistiques.

Le port est accablé par la Cour des comptes

De son côté, la Cour des comptes pointe dans un rapport provisoire, révélé par le Figaro ce jeudi 3 février 2011, une situation de blocage social au Grand port maritime de Marseille, cause essentielle, selon elle, du déclin du premier port français.

La Cour relève que le paysage social est dominé par la CGT, qui n'hésite pas à bloquer tout accord collectif. Elle pointe également la faiblesse du temps de travail des principaux salariés du port, conducteurs de grues et de portiques. Selon le rapport ils ne travaillent de façon effective que 14 heures par semaine à Fos et 12 heures à Marseille, pour une rémunération comprise entre 3 500 et 4 500 euros nets, grâce notamment à des gratifications illégales.

Ce jeudi, la CGT ports et Docks a dénoncé ce rapport comme une manœuvre gouvernementale pour la discréditer, alors que le port de Marseille est de nouveau confronté à un mouvement de blocage pour obtenir des départs anticipés à la retraite au titre de la pénibilité.

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