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Cinéma / 64e Festival de Cannes / Compétition officielle

«Drive» nous envoie tranquillement dans le ring

«Drive» de Nicolas Winding Refn (Etats-Unis, 2011)
«Drive» de Nicolas Winding Refn (Etats-Unis, 2011) Drive Film Holdings, LLC./Festival de Cannes 2011

Le réalisateur danois Nicolas Winding Refn a envoyé un thriller dans la course folle pour la Palme d’or à Cannes. Drive est le récit d’un homme solitaire avec une double vie derrière le volant de sa voiture. Un portrait d’un être énigmatique qui traque le mal.

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Il vient de nulle part et y retournera. Son chez soi, ce sont les lumières de Los Angeles et sa place derrière le volant. Il n’a pas de nom, il s’appelle « The Driver » et il est de loin le meilleur. Pendant la journée, il excelle comme cascadeur pour le cinéma à Hollywood et répare des bagnoles dans un petit garage. La nuit, il donne un coup de main à des malfrats pour braquer des banques. Sa règle d’or dans son métier de chauffeur nocturne : « Je vous attends cinq minutes devant la porte. Le temps passé, je passe mon chemin. »

Le titre Drive est bien mérité. Il fait une avec le volant. Sa façon d’être en conduisant est une philosophie de vie, et nous dit plus que mille mots. Articuler des mots, semble pour lui un travail titanesque. Le seul mouvement signifiant dans son visage : un cure-dent qui se balade entre ses lèvres ou derrière son oreille. Il ne dit pas plus que dix phrases dans tout le film. Le reste c’est un discours intériorisé qui reste énigmatique et palpable, parce que dans la tête du Driver, le moteur tourne encore plus vite que les 300 chevaux sous le capot. Ca suffit pour nous scotcher du début jusqu’à la fin.

La grammaire de survie

Nicolas Winding Refn, réalisateur
Nicolas Winding Refn, réalisateur Drive Film Holdings, LLC./Festival de Cannes 2011

Malgré lui, il tombe amoureux de sa voisine qui élève seul son fils. Elle est mariée à un mec en tôle, mais celui-ci sort dans une semaine. A peine à la maison, le passé anéanti les bonnes résolutions du mari. Pour payer sa dette, il est forcé de récidiver. « The Driver » lui propose ses services pour sauver mère et enfant. « Tu es le seul mec qui drague une femme mariée et aide son marie à braquer une banque », lui lance son chef de garage. Mais l’affaire tourne mal. Dans le coffre se trouvait l’argent de la mafia de la côte est qui ne connaît pas de pitié. Ça tombe bien, lui non plus. Ce n’est pas un hasard qu’il y a un scorpion sur le dos de sa veste. Attaqué dans l’ascenseur, il brise la mâchoire de l’inconnu qui craque sous ses souliers comme une baguette qui sort du four. On assiste aussi à un tête-à-tête musclé qui finit avec la fourchette dans l’œil. Pour faire chanter quelqu’un, il a une recette efficace : écraser la main avec trois coup de marteau. Et à chaque fois, l’enfant de chœur ne sourcille même pas. Il a développé sa propre langue avec une grammaire de survie qui n’a pas besoin de mots ni d’expression.

Le scénario ciselé est à la hauteur du jeu épuré de l’acteur Ryan Gosling. Nicolas Winding Refn trace sa route pour la mise en scène avec un scalpel, tellement petite est la marge de manœuvre. Il faut éviter de ne pas tomber dans un film d’action. Heureusement, Refn aussi garde son sang-froid dans les situations extrêmes et ne rajoute rien. Les travelings nocturnes de Los Angeles sont un délice. Avec sa course folle, Drive nous envoie tranquillement dans le ring. A la fin, c’est le film qui gagne, un simple thriller devient une aventure cinématographique passionnante.

Abécédaire de Cannes 2011

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