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France

France: les patrimoines des ministres publiés

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault  (D) et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls quittant l'Elysée le 14 janvier 2013.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (D) et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls quittant l'Elysée le 14 janvier 2013. REUTERS/Philippe Wojazer

Il y a eu un peu de retard, mais la mise en ligne du patrimoine des ministres français a bien eu lieu. Les patrimoines sont consultables depuis ce lundi 15 avril, en fin d’après-midi, sur le site du gouvernement. L'opération de transparence inédite, mise en place par François Hollande, a donc débuté.  

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Les patrimoines des 38 ministres français sont donc désormais en ligne sur le site du gouvernement.

Premières conclusions de cette opération transparence : tous les ministres sont loin d'être logés la même enseigne. Certains sont assez richement dotés, comme Laurent Fabius, héritier d’un marchand d’art du début du 20e siècle. Le ministre des Affaires étrangères déclare ainsi un peu plus de 6 millions d’euros de patrimoine. Il est propriétaire d’un appartement à Paris, de deux maisons de campagne et de nombreuses valeurs mobilières.

Autre « millionnaire », Michèle Delaunay, la ministre déléguée aux Personnes âgées, avec 5, 4 millions d’euros de patrimoine. Le patrimoine du Premier ministre Jean-Marc Ayrault est lui évalué à près d’un 1,5 million d’euros.

Un scooter Piaggio et une assurance-vie

A côté de cela, certains membres du gouvernement ont un patrimoine beaucoup plus modeste. C'est le cas de Cécile Duflot, la ministre du Logement, propriétaire d’une maison dans les Landes, de deux voitures, et de deux comptes en banque. Ou bien encore de Najat Vallaud-Blekacem, au Droits des femmes, qui ne déclare qu'un scooter Piaggio 50 cm3 et un contrat d'assurance-vie.

Au final, certains ministres voient ces publications d’un mauvais œil. Michèle Delaunay parlait, la semaine dernière, d’une « épreuve » au moment de rendre public son patrimoine. D’autres craignent une dérive voyeuriste.

Cette opération transparence peut-elle se retourner contre les membres du gouvernement ? Réponse dans quelques jours, une fois que les Français en auront pris connaissance. Selon un sondage publié dimanche dans le Journal du dimanche (JDD), 70 % des Français se déclaraient indifférents au patrimoine des ministres.

Du voyeurisme pour certains

La proclamation du patrimoine des élus divise toujours autant. Plus encore, elle crispe la classe politique et même au sein de la gauche.

Pascal Terrasse est député apparenté PS de l'Ardèche. Pour lui « il y a une forme d’exhibitionnisme qui aujourd’hui se met dans notre pays et qui n’est pas sain. On va rentrer dans un système qui va ressembler un peu à la télé-réalité, c'est-à-dire qu’on va faire le concours de celui qui a le plus d’argent, de celui qui a le moins d’argent. Ce qui est important aujourd’hui, c’est que les hommes et les femmes politiques, soient classés au même niveau que toute personne, c'est-à-dire qu’ils puissent être contrôlés fiscalement, à tout moment. »

Du côté de l'opposition, le point de vue sur cette opération transparence est également très critique.

« C’est pas le fait de publier son patrimoine sur une forme déclarative qui va empêcher les fraudeurs de continuer à le faire, fait remarquer Sébastien Huygue, député UMP de la 5e circonscription du Nord. Les déclarations existent déjà, nous avons une commission pour la transparence financière de la vie politique à qui nous déclarons notre patrimoine en début et en fin de mandat. Et bien que cette commission ait simplement les moyens de faire des investigations et de vérifier que les déclarations qui sont faites non seulement correspondent à la réalité mais en plus que les augmentations de patrimoine soient faites dans des conditions qui sont tout à fait normales ».
 

 

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