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Cinéma

«Mud», un puissant fleuve qui passe

Matthew McConaughey dans "Mud".
Matthew McConaughey dans "Mud". James Bridges / Neckbone Productions

Avec Mud, le Festival de Cannes avait clôturé en 2012 sa série sur les rêves et mythes américains. Mais les applaudissements les plus longs de tous les films en compétition n’aboutissaient pas à un prix. Dans ce film grand public qui sort ce 1er mai en salles en France, Jeff Nichols, raconte les aventures de deux jeunes garçons qui affrontent au bord du Mississippi l’injustice et la tragédie de l’amour. Une version contemporaine et cinématographique des légendaires Aventures de Tom Sawyer.

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Mud est une belle histoire, bien racontée, avec des acteurs sans prétention qui nous entraînent par leur jeu pur et simple dans cette histoire un peu louche. C’est le triple happy end qui trahit à la fin un récit parfois trop américain. Mud, c’est le nom d’un mec hors la loi, découvert par deux garçons de 14 ans sur une île déserte au milieu du Mississippi. Il campe sur un bateau perché dans les arbres. Un scénario brillamment interprété par Matthew McConaughey et les jeunes acteurs Jacob Lofland et Tye Sheridan. Un univers poétique sans limites qui fait qu’on restera jusqu’à la fin scotché comme des gosses pour savoir comment cela finira. Mud est en fuite après un meurtre, commis par amour pour une femme dont il est fou amoureux depuis son enfance.

« L’amour n’existe pas »

C’est aussi l’histoire de ces deux garçons Ellis et Neckbone, qui nouent une amitié avec cette personne si curieuse, habillée en chemise protectrice, munie d’un revolver et qui a survécu après une morsure de serpent. Il agit par amour, ce qui intrigue Ellis qui se tape tous les jours les disputes de ses parents et aussi Neckbone qui n’a jamais connu ses parents. L’histoire se transforme en conte pour enfants en apprentissage d’amour et de la vie, du Bien et du Mal. Il y a l’éducation par la nature sauvage et par les hommes : « La possession fait loi », « Je suis dure avec toi, parce que la vie est dure », « L’amour n’existe pas », « Tu as fait de moi un voleur ».

A 34 ans, Jeff Nichols proclame l’immersion dans l’univers sentimental de l’enfance. Dans son troisième film, après le western Shotgun Stories en 2007 et le thriller psychologique Take Shelter en 2010, le jeune réalisateur, né en Arkansas, s’installe sur les rives du Mississippi et met ce dernier au centre de son conte. Ce fleuve mythique devient la métaphore absolue de l’histoire occupant souvent toute la largeur de l’écran. Le majestueux et puissant fleuve qui passe, qu’on traverse, qui protège, qui nourrit et inspire son homme, qui emmène les vies et les souffrances avec lui et qui fait renaître l’espoir.

Il faut se bagarrer pour les femmes

Mud partage avec beaucoup de films américains la puissance du récit linéaire, basé sur une vision américaine du monde : la violence et l’argent font la loi, chacun est responsable de son bonheur, il y a des difficultés, mais avec beaucoup de volonté on peut les surmonter. Bien sûr, la souffrance fait partie de vie, il ne sert à rien de se plaindre, il faut agir. Et il faut se bagarrer pour les femmes.

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