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France

Nouveau plan autisme: dépistage précoce et approche «éducative»

La ministre de la Santé Marisol Touraine (à gauche) et la ministre chargée des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti, lors de la conférence de presse. Paris, le 2 mai 2013.
La ministre de la Santé Marisol Touraine (à gauche) et la ministre chargée des Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti, lors de la conférence de presse. Paris, le 2 mai 2013. AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

Le troisième plan autisme a été présenté en France ce jeudi 2 mai par la ministre de la Santé Marisol Touraine et la déléguée aux Personnes handicapées Marie-Arlette Carlotti pour les années 2014-2017. Il préconise notamment un dépistage dès 18 mois et une orientation vers les méthodes éducatives.

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L’autisme, grave trouble de la communication et du comportement, touche en France des milliers de personnes. Elles ont toutes besoin d’un suivi thérapeutique et adapté à chaque étape de la vie.

En dépit des deux plans autisme, lancés respectivement en 2004 et 2008, la France accuse toujours un grand retard sur le plan de l’accompagnement de ces personnes. En 2010, moins d’un autiste sur cinq a pu bénéficier d’un accueil au sein d’une structure disposant d’un agrément spécifique.

Le troisième plan autisme, présenté le 2 mai en Conseil de ministres par Marisol Touraine, ministre de la Santé et Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux Personnes handicapées, veut changer cette situation en enclenchant une nouvelle dynamique et en proposant une nouvelle orientation.

Changement de méthode

Le changement est fondamental. Pour combler les retards accumulés, le gouvernement propose de se baser sur les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Cette instance préconise en substance d’abandonner l’approche psychanalytique dans le traitement de l’autisme au profit des méthodes comportementales. Ces programmes, fondés sur la répétition, la rééducation et l’entraînement sont développés avec succès en Belgique, par exemple. Ils sont encore peu répandus en France.

Formation

Il est toutefois évident que l’on ne pourra pas imposer les approches comportementales à des professionnels habitués à travailler autrement. Pour vaincre les résistances, il faut mettre l’accent sur la formation. 5 000 professionnels du secteur médico-social seront initiés et formés aux méthodes comportementales. Le plan prévoit également de sensibiliser à la problématique de l’autisme tous les médecins généralistes et les enseignants.

Dépistage précoce et autres mesures

Le troisième plan autisme a plusieurs axes. Il se donne avant tout pour ambition d’améliorer le dépistage de l’autisme, et cela dès l’âge de 18 mois. Actuellement, ce diagnostic est établi souvent tard, à l’âge de 6 ans en moyenne. Marie-Arlette Carlotti promet de mettre en place un réseau de repérage précoce et fiable à tous les niveaux du territoire français. Le plan prévoit également la création de 1 500 places spécifiques pour les adultes et 850 places pour les enfants dans les services d’éducation spécialisée de soins à domicile.
Il veut aussi aider les familles, toujours affectées par le handicap de leurs enfants. Elles seront soutenues par une aide financière adaptée et pourront s’appuyer sur des professionnels des « centres de répit », pour souffler et prendre un peu soin d’elles-mêmes. Les familles seront aussi associées à la mise en œuvre du plan, via des comités d’usagers et la nomination d’un référent autisme au sein du comité interministériel du handicap. Le temps de la culpabilisation des parents, surtout des mères, est révolu.

Les premières réactions des associations de parents

La plus grande association de parents, « Autisme France », est satisfaite. Selon sa présidente, Danièle Langloys, le passage du traitement psychiatrique à un traitement éducatif est un pas important que les familles attendent depuis trente ans. « C’est une amorce d’une révolution culturelle », dit-elle. En revanche, les 205 millions d’euros dégagés pour financer le plan lui paraissent largement insuffisants. Un seul foyer d’accueil médicalisé pour 24 personnes coûte 2 millions d’euros par an. En France, le nombre d’autistes est estimé à entre 250 000 et 600 000.

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