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France

Front national: la petite phrase de François Fillon crée des remous

François Fillon, le 4 septembre à l'Assemblée nationale, à Paris.
François Fillon, le 4 septembre à l'Assemblée nationale, à Paris. AFP PHOTO / PATRICK KOVARIK

Déchirements à l'UMP, après le coup d'éclat de François Fillon, qui a remis en cause la doctrine du parti face au FN. L'ex-Premier ministre récuse le fameux « ni-ni » - ni PS, ni FN - en cas de duel au second tour des municipales. Il invite les électeurs à choisir le candidat « le moins sectaire ». De quoi choquer à gauche bien sûr, mais également à l'UMP.

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Stupeur et tremblements à l'UMP, suite aux déclarations fracassantes de François Fillon. A six mois des élections municipales, l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy renvoie dos à dos les candidats du Parti socialiste et du Front national. Il remet en cause la doctrine de l'UMP du fameux « ni-ni » et fait voler en éclats toute idée de « front républicain ».

Un changement de pied surprenant pour l'ancien chef du gouvernement, qui avait critiqué, on s'en souvient, la dérive droitière de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Il s'était clairement engagé ces dernières années contre toute possibilité d'alliance avec le Front national.

En laissant penser qu'il n'y serait plus complètement opposé, François Fillon a jeté un énorme pavé dans la mare et essuie en retour le feu de violentes critiques, venues de la quasi-totalité des ténors de l'UMP, notamment d’anciens Premiers ministres : Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. « Incompréhension » pour l'un, « Alerte rouge » pour l’autre.

Retenir les leçons de ses échecs

Les anciens ministres sont encore plus durs envers celui qui fut leur patron à Matignon. Luc Chatel l'accuse ainsi de « faire la courte échelle » au Front national. Xavier Bertrand, « d'affaiblir l'UMP ». Quant à l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino, il condamne « l'ouverture d'une brèche politiquement et moralement condamnable ».

Comment analyser le revirement de François Fillon ? Est-ce une stratégie politique ? Indéniablement, l'ex-Premier ministre est engagé dans le processus des primaires pour être candidat « quoi qu'il arrive » à la prochaine élection présidentielle, en 2017. Il semblerait qu'il ait décidé de passer à la vitesse supérieure en s'affranchissant de la ligne officielle de l'UMP. Une véritable transgression pour mieux endosser l'habit de présidentiable.

Le calcul est évidemment politique. Il s’agit de séduire la base du parti, qui est très à droite. La moitié des militants de l'UMP souhaitent aujourd'hui des alliances locales avec le FN pour les prochaines municipales. François Fillon a retenu les leçons du passé, et notamment de son échec à la présidence du parti, où il avait finalement été doublé par Jean-François Copé et sa campagne « à droite toute », avec la fameuse histoire, entre autres, des « pains au chocolat ».

L'UMP, une « étoile morte »

C'est un vrai pari auquel se prête François Fillon. Et l'histoire dira s'il a choisi la bonne stratégie ou non. En attendant, l'ancien Premier ministre s'est mis tout son parti à dos, il n'y a quasiment personne, à part l'ancien ministre François Baroin, pour le défendre. Le voici désormais suspecté par son rival Jean-François Copé, président du mouvement, de mettre en péril « l'avenir de l'UMP ».

L'onde de choc est considérable : les centristes comme Jean-Louis Borloo estiment que l’UMP « s'est disqualifié pour représenter la droite et le centre ». La gauche, elle, est montée au front, sur le plan des principes. Le président Hollande a défendu « la nécessité de digues et de règles face au Front national ». En somme, dans cette affaire, le FN est sans doute le grand gagnant, boosté par les déchirements de l'UMP.

Le parti de Marine Le Pen, déjà porté par les sondages, se retrouve de nouveau au centre du jeu politique. La patronne du mouvement nationaliste s'est délectée, ce week-end lors de l'université d'été de Marseille, de « l’explosion du soi-disant "front républicain" ». Elle n'a pas hésité à comparer l'UMP à « une étoile morte ».

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