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Futur rival européen du GPS, Galileo se met petit à petit sur orbite

L'ESA utilise désormais en alternance des fusées Soyouz (photo) et Ariane pour la mise en orbite des satellites du programme Galileo.
L'ESA utilise désormais en alternance des fusées Soyouz (photo) et Ariane pour la mise en orbite des satellites du programme Galileo. AFP PHOTO / JODY AMIET

Avec le lancement de deux nouveaux satellites ce vendredi 22 août, l’Agence spatiale européenne poursuit la mise en place du système de navigation Galileo qui doit assurer l’indépendance des Européens dans ce secteur hautement stratégique. Ce rival du GPS américain devrait commencer à être opérationnel dès la fin 2015.

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Après de multiples retards dus à des raisons diverses et variées (divergences géopolitiques, restrictions budgétaires, égoïsmes transnationaux, bâtons dans les roues américains, etc.), le système de navigation Galileo se met petit à petit en place et on n’est désormais plus très loin de sa première mise en service, prévue théoriquement pour la fin 2015, une décennie et demie quand même après sa conception, en 1998. Après la mise en orbite de deux premiers satellites en octobre 2011, puis d’une deuxième paire en octobre 2012, l’Agence spatiale européenne (ESA) vient d’en lancer deux autres, Sat-5 et Sat-6, ce vendredi 22 août, depuis la base de Kourou, en Guyane française.

Une autonomie indispensable

Ce lancement s’est fait au moyen d’une fusée russe Soyouz, laquelle est désormais utilisée en alternance avec la fusée Ariane – qui peut pour sa part embarquer quatre satellites d’un coup à chaque voyage – afin d’accélérer le mouvement. Deux autres satellites doivent en effet partir de Kourou en décembre, encore à bord d’une Soyouz et ainsi de suite, sachant que 30 satellites au total seront déployés autour de la Terre, en constellation selon le terme approprié, dans la version finale de ce projet Galileo qui va briser le monopole du GPS américain en matière de géolocalisation. A partir de 10 satellites en orbite, le système doit pouvoir fonctionner, d’où l’objectif fixé à la fin 2015 pour la mise en service.

La constellation Galileo comptera 30 satellites dans sa version finale.
La constellation Galileo comptera 30 satellites dans sa version finale. ESA/J. Huart

« C’est avant tout un programme destiné à donner à l’Europe son autonomie en matière de navigation par satellite, déclarait ce vendredi sur l’antenne de RFI, Jean-Marc Piéplu, l’un des concepteurs du système Galileo. « Aujourd’hui, beaucoup d’applications sont basées sur le système GPS, qui est un système américain, contrôlé par l’US Air Force [l’Armée de l’air des Etats-Unis, ndlr] », reprenait-il. « Galileo va apporter une précision améliorée par rapport au GPS et également une fiabilité plus importante, notamment dans des environnements qui sont masqués, par exemple en ville. Donc le service sera plus disponible et plus fiable ».

Plus fiable, plus précis et aussi plus complet avec, par exemple, un service de recherche et de sauvetage spécifique. Galileo recèlera également un service dédié aux applications gouvernementale. Celui-là sera évidemment très contrôlé puisqu’il s’agit aussi de mettre en place une infratsructure stratégique propre à l’Union européenne. Point important pour les futurs usagers, les terminaux qui seront commercialisés en Europe et ailleurs combineront le GPS américain et le système Galileo. En clair, les deux récepteurs seront indépendants mais ils pourront cohabiter dans le même boîtier.

Au-delà de l’aspect commercial, il y a un enjeu économique mais aussi militaire qui n’échappe à personne. « Galileo arrive relativement tard, c’est pour ça que le programme essaie d’accélérer son déploiement », concède Jean-Marc Piéplu. « Il y a une course actuellement, rappelle le co-concepteur du projet à l'agence européenne du GNSS puisque les Russes développent également leur propre système. Et les Chinois aussi. Mais on a très peu d’information de ce côté-là, car c’est un système entièrement contrôlé par leur ministère de la Défense. Avec Galileo, l’Europe essaie donc d’être la plus rapide possible pour être utilisée par tous les usagers ».

Des enjeux importants

Sur le plan économique aussi, la mise en service de Galileo sera une garantie d’autonomie pour les Européens, un point souligné par Jean-Marc Piéplu : « En Europe, on estime à 8% la part de l’économie qui dépend directement du GPS. C’est donc une dépendance vis-à-vis du système américain qui se crée de facto. Et c’est pour ça que Galileo est une réponse européenne à cette dépendance ». En dépassement depuis ses débuts, le budget total de Galileo est estimé à 5,5 milliard d’euros au stade actuel de son déploiement. L’indépendance a un coût, donc. Ce n’est pas donné, mais c’est indispensable.

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